‹ Journal inédit du règne de Henry iv, 1598-1602, publChapitre 63 sur 68 · Voy. de Thou, i. CXXVI, t. XIII, p · texte numérisé non relu

Voy. de Thou, i. CXXVI, t. XIII, p

268 JOURNAL DU RËGNE !

Sur la fia de cest an 1601^ M. de Rosni fist faire des gettoDS d'argent ^ où y avoit une aigle qui tenoit des fouldreS; avec ce mot au dessous : Quojussa Jovis. Sur quoi un envieux de son nom et de sa fortune (conune j

il ni en avoit point faute à Paris) composa le sonnet suivant^ qui incontinent courust partout.

Cest Aigle cou/rroucé qui tient et qui manie \

Ces fouldres enflanvmés, l'univers menassomt,

Et ces mots au dessous par lesquels il consent

A trop d* obéissance et par trop d'infamie,

C'est Virnage, Rosni, de vostre tirannie

Qui blesse sans respect le foible et le puissant

Et mxmstre que vous estes un oiseau ravissant.

Seul instrument du maJ dont la France est punie.

Mais le tableau me semble inutilement peint,

Car le cruel subject en est assés empradnt.

Dans rame des François, si fièrement meurtrie.

Tout ce mystère y est entièrement pourtraict.

Et bienplv^s vivement que vos graveurs n'ont fait.

Car vostre cruaulté passe lev/r industrie.

Monsieur Estienne composa le suivant à la louange dudict Seigneur de Rosni sur le mesme subject.

Ce généreux oiseau qui, d'une forte serre,

Tient la fouldre olympique à trois pointes ardant,

Et diligent le porte où lui va commandant

Ce grand Dieu qui dispose à son gré du tonnerre,

C'est qui dignement mérités faire en terre

Ce que fait l'Aigle au ciel, et les armes gardant,

1 Sully nous a conservé les devises de ses jetons. Voy. Mémoires, t.], p. 269 et 389.

Du bjBlîiquetLX Henri, vous montrés cependant Non moins utile en paix que nécessaire en guerre. Et comme on void que V Aigle infoUigahle et prompt, D'ums aisle dont la force en volant ne se rompt. Dans V air plus eslevé sa roide course eslance, Telparoist vostre esprit qui magnanime et haut Travaille sans repos pour le repos de France, Et plus est occupé, moins sa vigueur défaut.

Courust en ce temps la suivante satire contre le trésorier Montauban fait par une femme de Paris qu'on appelloit la belle Tailleuse^ pour ce qu'en première nopces elle avoit espousé un tailleur^ et en secondes le S' Daurilli qui Tavoit fait damoiselle^ la sœur de laquelle qui estoit fort belle^ led. de Montauban ayoit fait tous ses efforts de gangner et corrompre pour les aider à faire sa paix avec le Roy^ et disoit on qu'à cest eflfèct il s'estoit promis de la mettre entre les mains de Mons'« de Rosni; et lui en faire un présent^ sur laquelle indignité ceste femme outrée de dépit et colère débaccha les vers suivans contre Montauban qui pour estre de la façon d'une femme mise en colère ne semblent estre à rejetter.

Au Trésorier Montauban.

Suffire il se devait, etc., etc.

Le sieur de Sigongne fist au mesme temps les vers suiyans que le Roy mesme se fist lire et en rid bien fort^ et estoient intitulés : Plainte d'un Cavalier mal logé. Le subject desquels étoit que ledit Sigongne

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