Yoy. Mémoires de Bassompierrey p
DE HENRY lY (4604). 267
lone^ et que les Juib le suivent^ qui estoient baguenaudes pour amuser le peuple^ mais non la plaisante force et toutefois histoire de l'Antéchrist de Poictou qu'un de mes amis me fist tenir à Paris et estoit telle.
Au mesme temps arrlya ici les nouvelles d'une grande desfaitte des Chrestiens par le Turq devant Canize^ procédante manifestement du Ciel^ et de laquelle Sa Msgesté ne voulust qu'on fist plus grand bruict^.
Au mesme temps les petites véroles^ rougeoles^ pleurésies et autres mauvaises maladies et mortelles à beaucoup^ eurent cours à Paris; où il n'estent nouvelles que de malades ; procédantes la pluspart de la presse qui estoit aux Eglises à gangner le Jubilé^ et du long chemin qu'il falloit feire ; car il n'y avoit fils ne fille de bonne mère à Paris qui n'en voulust faire le voiage à pied pour gangner le Paradis. En quoi ceux qui avoient bonnes jambes avoient l'avantage ; et aussi ceux qui estoient dispensés d'aller oi caresses qui le gangnoient ^nco^ plus vite que les gens de pied et plus à leur aise. Madame Dantri, veufve du Lieutenant civil Séguier^ qui avoient gangné trois fois ledit Jubilé^ asseura en bonne compagnie que son confesseur lui avoit dit^ que si le Pape eust sceu le mal qui estoit avenu à Paris du Jubilé^ que jamais il ne l'eust octroie^ pour ce que entre beaucoup de personnes qu'il avoit fait mourir^ il avoit fait avorter deux cens cinquante femmes grosses.