CHAPITRE XX. — OCTOBRE
malheur de perdre sa mère. C'est la fille de l'amiral. Elle est, comme tu le penses bien, élevée quelque peu garçonnièrement, et dressée à tout dire. Son père la gâte comme la prunelle de ses yeux. Je n'ai jamais vu une précocité pareille. Elle tient le dé de la conversation et vous répond «en dame Ne mûrissons pas trop tôt notre chère petite pour éviter le douloureux spectacle d'un enfant qui n'a pas d'enfance. Quant à Polichinelle, c'est une autre affaire, et je t'approuve de lui avoir fait connaître ce personnage trop peu apprécié et qui, si j'ai bon souvenir, a le mérite d'une résignation et d'une bosse peu communes.
«Je te raconterai à Paris ma visite du port de Brest. C'est magnifique et charmant. L'amiral m'a fait faire cette promenade en canot, entre deux rives chargées de grands bâtiments, et au bout, un paysage divin. Puis il m'a laissé seul et je suis allé visiter le bagne, enfer qui enferme trois mille condamnés, et l'hôpital de la marine qui est une perfection et où la propreté et le soin sont poussés jusqu'au ridicule.