CHAPITRE XXI. — MARS
Dimanche 19.
Mme de L*** à la recherche d'un duel pour son mari. Elle me choisit pour l'aider dans cette poursuite.
Mardi 21.
Elections de la garde nationale. J'y passe de 10 heures à 5 heures à faire des capitaines et des lieutenants.
Mercredi 22.
La quête de la reine à Saint-Roch a produit 50,000 f r. ; Mme Duchâtel, 22,000; Mme de Vatry, 15,000. M. de Ravignan a été faible; mais, avant de monter en chaire, il avait appris la mort de sa mère.
Vendredi 24.
Longue causerie avec Napoléon Duchâtel que je rencontre rue de la Paix. tLes questions politiques (la réforme, l'exclusion des fonctionnaires, etc), mortes à la Chambre, ne sont même pas nées dans le pays. Le vrai danger de la France, c'est la faiblesse de l'administration préfectorale.» Vous êtes orfèvre... monsieur Duchâtel !
Dimanche 26.
Dîné au château. La reine me communique une charmante, modeste et intelligente lettre du prince sur sa dernière expédition dans l'est
Mardi 28.
Mon rêve : Saint-Marc-Giranlin choisi pour l'éducation du comte de Paris.
Vendredi 7 avril 1843.
M. de Metternich écrivait dernièrement : tJHai vu le jeune prince de Broglie (quia vingt ans) (1); il m'a donné de fort bons conseils pour le gouvernement de l' Autriche.»
Armand Bertin m'apprend la constitution définitive de l'éducation du comte de Paris; le général Baudran gouverneur; M. Régnier, professeur de rhétorique à Charlemagne, précepteur.
Samedi 8.
Le Moniteur annonce la constitution définitive de l'éducation du comte de Paris. Histoire du mot instituteur. Le roi ne veut pas du mot précepteur par crainte du clergé. Il est dans YAlmanach royal depuis 1832 jusqu'en 1840. Le roi le conteste. Longs débats, la reine présente.
Question de collège ajournée.
(1) Le prince Albert de Broglie, fils du duc Victor.