CHAPITRE XXI. — JUILLET
Mardi 27.
Je vais à Neuilly. Récit de l'affaire de la smalah. Le détachement de cavalerie égaré -dans le désert Les spahis enrichis : chacun 2,000 francs au moins, des négresses, des esclaves, des tentes; couverts d'oripeaux brodés. Difficulté du retour; les Français avaient l'air d'être des prisonniers.
Jeudi 29.
Le duc d'Aumale débarque à Marseille.
Dimanche 2 juillet 1843.
Je vais à Fontainebleau au-devant du duc d'Aumale. Voyage avec MM. de Nemours et de Montpensier.
Lundi 3.
Arrivée du prince à 10 heures. Cordialité de son accueil. Nous revenons par le chemin de fer de Corbeil. Retour jusqu'à Corbeil avec Jamin. Exécution sanglante de dix espions en marchant sur la smalah. Dîné à Neuilly. Le roi a pleuré en revoyant le duc d'Aumale. Tristesse de la reine; souvenir du prince royal. Le prince m'appelle à 10 heures et me fait part du projet du roi et du maréchal par rapport à la vice-royauté. Je reviens avec Jamin l'âme bien triste. Me voici entre cette double perspective, la séparation du prince, ou l'exil avec lui.
Mercredi 5.
Je déjeune chez le prince. Son amabilité et sa confiance. *
Jeudi 6.
La vice-royauté de plus en plus imminente: Le roi ne veut pas demander d'argent pour l'établir, et il compte qu'elle passera sans encombre.
Mardi 11.
Inauguration de la chapelle Saint-Ferdinand (1). L'archevêque bénit. La statue du prince par Triquetty; Y Ange de la princesse Marie. Le Saint Philippe et sa ressemblance au roi. Cérémonie très courte. La duchesse d'Orléans enveloppée de voiles.
Jeudi 13.
Notice ultracatholique de Trognon sur la princesse Marie; distribuée à quelques fidèles. Elle contient des lettres remarquables de la princesse : une surtout qui» quatre ans avant sa mort, en prédit toutes les circonstances, jusqu'à l'assistance de M. le duc de Nemours à son chevet. Scheffer nous dit que ce qui dominait dans la princesse, c'était la jalousie d'affection.
(1) Elevée à Neuilly au lieu même où expira le duc d'Orléans, porte aujourd'hui le nom de chapelle de la Compassion.