‹ Journal intime de Cuvillier-FleuryChapitre 188 sur 271 · CHAPITRE XXII. — SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII. — SEPTEMBRE

duchesse de Saxe-Cobourg (1) qui partait à cinq heures et demie. Hier soir, elle voulut bien me faire ses adieux. Je ne les acceptai pas» lui disant que j'assisterais à son départ. Je n'y pouvais donc pas manquer. Elle a été charmante pour moi et pour tous. Bon Dieu! que nous devenons courtisans! Nous étions tous là, jeunes et vieux, pour nous montrer à la princesse à une heure très ridicule, où tout le monde est hideux La pauvre reine elle-même s'était levée Elle était d'une pâleur triste à voir; Dumas était verdâtre. Mais nous avons fait notre cour et nous étions contents. Quant à moi, j'ai voulu saluer une dernière fois la marraine de ma fille, et rien autre chose.

«La reine des Belges a quitté le château à quatre heures; j'ignorais l'heure de son départ et je l'ai manqué. Je le regrette, car elle a été fort bienveillante pour moi pendant ce séjour.

«La famille royale retourne à Paris mardi prochain. Je pars demain matin pour aller coucher au Palais- Royal. Une fois là, nous délibérerons sur ce qui nous reste à faire. J'ignore ce que le roi a décidé du duc d'Aumale. Il ne le sait pas lui-même. J'ai quelque raison de croire qu'il ira en Afrique plus tôt qu'il ne croyait.

«Nous avons vécu à bride abattue depuis huit jours; et la fatigue du corps combinée avec la contention de l'esprit est un des plus mauvais régimes qu'on puisse adopter ou subir.

(1) La princesse Clémentine.

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