CHAPITRE XXXI
LETTRES DE CUVILLIER-FLEURY A M"- CUVILLIER-FLEURY A L'OCCASION DE SON DEUXIÈME VOYAGE A CLAREMONT
Claremont, 9 août 1849.
«Je suis ici depuis hier. Au moment du dîner, les princesses sont arrivées, d'abord la duchesse d'Orléans, non maigrie, comme on nous l'avait dit, mais très brunie, la physioïKamie attristée, quelque chose comme foudroyée. Ses enfants ont grandi; le comte de Paris a pris de la taille, le duc de Chartres est d une grande vivacité. Ils ont la bride sur le col pendant les récréations, c'est peut-être un bien. La duchesse m'a accueilli admirablement, avec des paroles très affectueuses et très senties : « Revoir ses amis est la seule consolation de l'exil, etc. etc. » Beaucoup de choses pour toi. Elle a dit au comte de Paris : «Viens donc embrasser un de nos meilleurs amis !i Vigier était là; il s'est jeté comme un hanneton entre la duchesse et moi, lui a parlé de la séance du 24 février... «J'eusse aimé mieux mourir,» a dit la duchesse répondant aux dithyrambes de l'ancien pair, et c'était répondre en femme d'esprit. Cela a coupé court à cette réminiscence à laquelle j'étais peu préparé; car on ne débute pas, tu le