‹ Journal intime de la Comédie françaiseChapitre 12 sur 67 · M. Delaunay (Horace), M>ic Savary (Agnès · texte numérisé non relu

M. Delaunay (Horace), M>ic Savary (Agnès

30 LA COMEDIE-FRANÇAISK,

Cette spirituelle petite comédie, composée â Pintention du bénéfice de M>>« Dupont (4 juin i832) et qui, dansl'es^ prit de ses auteurs, avait seulement l'importance d'une bluette, qui ne devait vivre qu'une soirée, cette comédie a été reprise plusieurs fois et elle est toujours restée au répertoire. Elle est d'ailleurs très- vivement jouée par Mon« rose, dans le rôle de Vertpré qu'a créé son illustre père, et par Delaunay, dans celui de Léon créé par Menjaud. Cest Mil* Madeleine Brohan qui reprend le personnage de M"»* Vertpré créé par M"* Mars, et M*^* Théric qui re» présente Pauline, rôle joué pour la première fois parla se* duisante ÂnaVs Aubert.

5 Juin. — Reprise de Bertrand et Raton, ou VArt de conspirer^ comédie en cinq actes, en prose, de M. Scribe* jouée pour la première fois au Théâtre- Français, le 14 no* vembre |833. Un seul acteur delà création reparaît dans cette reprise , c'est M. Samson, dans le personnage du comte Bertrand de Rantzau. Les autres principaux rôles sont remplis par MM. Provost (Raton), Got, excellent dans le personnage de Jean créé d*une façon si originale et avec tant de succès par Régnier, Maillart (Éric), Maubant (Falkenskield), M"«« Noblet (Marie-Julie), Rebecca (Christine), Nathalie (Marthe).

L'Empereur et l'Impératrice assistèrent â la représenta* tion de cette pièce, le 2 juillet suivant.

6 Juin. — Anniversaire de la naissance de Corneille : Cinna^ tragédie ; M. Beauvallet joue Auguste, et W^ Rimblot, Emilie. Le Menteur^ comédie; M. Leroux remplit le rôle de Dorante, et M. Got celui de Cliton.

14 Juin. — Première représentation de le Lys dans la vallée, comédie en cinq actes, en prose, de MM. Th. Barrière et A. de Beauplan, d'après le roman de H. de Balzac.

ANNÉE l853. 2i

Les romans de Balzac ont rarement porté bonheur aux évrîvains qui ont cherché à les transporter à la scène. Ils excellent surtout par la richesse et même par la surabondance des détails qui disparaissent forcément dans le travail de réduction nécessité par les exigences du théâtre. Le Lys dans la vallée était certainement, à ce point de vue, l'une des dernières œuvres du fécond romancier qui dussent tenter un auteur dramatique. MM. Barrière et de Beauplan ont tout à fait dénaturé la fiction charmante et poétique de Balzac ; les caractères du roman ne se retrouvent plus, ou plutôt ne se reconnaissent plus dans ce drame long et ennuyeux i. C'est une pièce manquée, et dont un épisode malencontreux a tout particulièrement compromis le succès. Un rôle d'enfant, qui a le croup et qui en imite sur la scène les hoquets douloureux, a causé une répugnance telle que, dès le ^lendemain, les auteurs durent le retrancher, pour sauver leur pièce d'un nau-* frage immédiat et certain, et aussi parce que la censure leur en avait aussitôt demandé la suppression '. Le Lys dans la vallée disparut d'ailleufs de l'affiche après quelques représentations.

Ont créé les rôles : MM. Geffroy (comte de Mortsauf)^ Provost (Chessel) , Maillart (F^élix de Vandenesse); Mes* dames Denain (lady Ârabelle), Judith (Henriette de Mort sauf) , Théric (Emmeline) , Sarah Félix (duchesse de Lenoncourt)) Marie Debfeuil (la petite Madeleine). 28 Juin*— Première représentation, à la Comédi(â-a

I. « Pièce malheureuse... sans portée... sans art... ennuyeuse. »

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