‹ Journal intime de la Comédie françaiseChapitre 28 sur 67 · MMe Granger avait débuté au théâtre de l'Odéon en i · texte numérisé non relu

MMe Granger avait débuté au théâtre de l'Odéon en i

ANNÉE i856. i55

hasard^. C'est surtout dans le personnage de l'accorte et pétulante servante de Molière que réussit la débutante. Ses moyens physiques la serviront toujours mieux d'ailleurs dans les rôles qui n'exigeront aucune des qualités spéciales aux grandes coquettes. M"« Oranger peut tenir dignement sa place à la suite de M"« Bonval, et doubler de temps à autre M"« Aug, Brohan 2. Elle ne doit, toutefois, faire qu'un séjour passager à la Comédie-Française, où nous la verrons rentrer, dans quelques années, avec plus de chances de succès, et définitivement.

La représentation de Tartufe offrait encore un autre genre d'intérêt ; M^e Judith y jouait, pour la première fois, le rôle d'Elmire, et le quatrième acte lui fut particulièrement favorable. C'est Provost qui représentait Orgon, et Gefiroy, Tartufe.

8 Août. — Première représentation de la Statuette d'un grand homme, comédie en un acte, de MM. Léon Guillard et Achille Béziers.

La fille du bourgeois Morand aime, sans le connaître^

— tout comme dans Modeste' Mignon, de Balzac, et dans le Pied d'argile, récemment tombé d'une si lourde chute,

— un poëte quelconque, qui répond au nom de Julien de Valneige, et dont elle n'a vu que la statuette, après s'être enthousiasmée et même enflammée à la lecture de ses vers. Son père, qui exècre la tribu des gens de lettres tout entière, rêve de faire épouser à sa fille Julien d'Aubrée, son chef d'usines, jeune homme intelligent, laborieux, mais peu riche, et qui lui, au moins, n'a pas le travers de donner dans la poésie. La jeune fille ne veut rien entendre;

Page 1