‹ Journal intime de la Comédie françaiseChapitre 38 sur 67 · MM. Dressant (Almaviva), Got (Figaro) ; MU« Fix (Rosine · texte numérisé non relu

MM. Dressant (Almaviva), Got (Figaro) ; MU« Fix (Rosine

2. MM. Delaunay (Cléante), Maubant (Béralde), Got (Thomas); M« Augustine Brohan (Toinette).

3. La cérémonie publique de Tinaaguration solennelle avait eu lieu, la veille, au palais même, dans une galerie voisine de la nouvelle salle des Etats. L'Empereur avait présidé cette cérémonie et avait prononcé un discours en réponse à M. Fould, ministre d'Etat et de sa maison, qui avait assez éloquemment tracé, et avec de fort intéressants détails, riiislorique du travail accompli pour la réunion des deux palais.

4. On a souvent confondu cet écrivain avec le comédien Montfleury, qui

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des quinze ou seize pièces de' cet auteur qui soit demeurée au répertoire, et cela, encore, grâce à l'habile remaniement que lui a fait subir M. Onésime Leroy i. La pièce, représentée pour la première fois le 2 mars 1669, sur le théâtre de Phôtel de Bourgogne, avait alors cinq actes, et le succès en fut si considérable qu'il balança un moment celui de Tartufe, que la Comédie avait repris le 5 février précédent, en donnant des recettes supérieures à celles du chef-d'œuvre de Molière 2. La pièce originale est, en effet, fort gaie, mais elle tombe bien vite dans la charge extrême et devient souvent licencieuse et grossière. Elle

a en Thonneur de créer le rôle de Rodrigue dans le Cid^ de Corneille. Jacob (Zacharie), dit Montfleury, était le père de l'auteur de la Femme J^ge et partie, dont le véritable nom était Antoine Jacob, et qui avait été avocat avant d*étre écrivain dramatique.

1. M. Onésime Leroy, qui a présenté et même fait recevoir au Théâtre- Français plus de pièces qu'il n'est parvenu à en faire jouer, a été en général un auteur malheureux. Sa comédie de l'Esprit de parti, qui avait beaucoup réussi à l'Odéon (18 17), fut suspendue, par ordre, vers sa vingtcinquième représentation, pour motifs politiques ; enfin sa comédie le Fantasque et le Méfiant, jouée au Théâtre-Français en 1825, eut une chute éclatante. Les cartons de la Comédie-Française conservent encore plusieurs pièces du même auteur, reçues ou refusées, et entre autres celle des Femmes sous Caton le Censeur, accueillie avec faveur par le comité, qui attend encore son tour, et que M. Onésime Leroy n'aura pas le bonheur de voir jouer, — si jamais on la joue, — cet estimable écrivain étant mort le H février 1875, ayant d'ailleurs déjà, depuis un certain nombre d'années, renoncé tout à fait au théâtre.

2. Voici comment Montfleury traite Molière dans cette même comédie de la Femme jug^e et partie :

Molière plait assez, c'est un bouffon plaisant

Qui divertit le monde en le contrefaisant.

Ses grimaces souvent causent quelques surprises;

Toutes ses pièces sont d'agréables sottises :

Il est mauvais poète et bon comédien ;

Il fait rire, et de vrai c'est tout ce qu'il fait bien !...

serait, de nos jours, absolument impossible à la scène telle qu'on la représentait alors i.

Samson et M°*« Aug. Brohan ont représenté avec beaucoup de verve et de succès, cette dernière surtout, les personnages de Bernadille et de Julie 2.

7 Octobre. — Première représentation de le Pamphlet^ comédie en deux actes, en prose, de M. Ernest Legouvé^.

Le héros de la comédie nouvelle de M. Legouvé est Clavijo, ce drôle que Beaumarchais et Gœthe ont suffi* samment illustré et qui se trouve prêter ici son nom et ses mérites à un publiciste de mauvais aloi, lequel fait volontiers le trafic de sa plume, soit qu'il s'agisse de biographier les gens, soit encore — et surtout — qu'il faille les diffamer et les flétrir.

C'est toujours en Espagne que ce Clavijo accomplit ses exploits; il vient d'acheter une maison sur le produit de . ses vilenies littéraires et il y remplace une vieille dame ruinée, dont le mari a été l'un des héros de Lépante, et qui a une fille nommée Isabelle. Celle-ci a su toucher le cœur de Don Henrique, jeune Espagnol de haute et riche lignée, qui la veut épouser en dépit de sa misère. Survient Clavijo; il a eu précisément à se plaindre jadis du père d'Isabelle qui l'a fait chasser, pour inconduite, du département de la guerre, où notre pamphlétaire avait un emploi. Il écrit aussitôt un libelle rempli d'infamies et de mensonges contre le brave soldat, et il le répand avec

1 . L'heureux arrangement de la Femme Juge et partie, par M. Onésime Leroy, a été mis, pour la première fois, à la scène, en 1821.

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