‹ Journal intime de la Comédie françaiseChapitre 52 sur 67 · La centième représentation a eu lieu le 18 juin i · texte numérisé non relu

La centième représentation a eu lieu le 18 juin i

2. Ces deux brochures, auxquelles nous avons emprunté les quelque notes et fragments qui précèdent, .ont paru dans la même année i8ô5 chez Michel Lévy. Celle de M. de Girardin porte le titre suivant : le Svff^< d'une femme f drame en trois actes, avec une préface par Emile de Gi rardin. Cette préface, qui est l'histoire de la pièce, d'après Témineot pO' bliciste, n'a pas moins de cinquante-quatre pages. Elle donne plsneo'^ fragmentsdes versions primitives. La pièce, telle qu'elle est jouée, complète la brochure. La réponse de M. Alexandre Dnmas fils est intîmlér * Histoire du Supplice d'une femme: elle a cent-dix-huît pages, cooti«' également d'autres fragments des mêmes versions primitives et entre «>' très le troisième acte de la toute première version.

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ments, puisque c'est surtout par des citations de sa pièce primitive que M. de Girardin veut démontrer que c'est lui qui avait raison contre M. Dumas, lequel par d'autres citations empruntées à la même pièce prouve, dans sa riposte, au delà de Tévidence — ce que le succès du drame au théâtre avait déjà surabondamment démontré — combien au contraire M. de Girardin avait tort.

Je n'ai point analysé le Supplice d'une femme^ parce que j'ai voulu réserver cette analyse pour la curieuse révélation que j'ai à faire au lecteur au sujet du fond mênie de la pièce. J'ai trouvé dans les papiers manuscrits de Beaumarchais que M. Edouard Fournier a achetés à Londres, en i863, pour le compte de la Comédie-Française, un drame en trois actes intitulé VAmi de la maison ^ et que, d'accord en cela avec M. Edouard Fournier luimême et aussi avec quelques personnages compétents de la Comédie-Française, tels entre autres que son éminent directeur, M. Edouard Thierry, et son érudit archiviste, M. Léon Guillard, j'avais attribué à Beaumarchais, comme œuvre de début et de jeunesse, dans l'édition que j'ai donnée de son théâtre complet^. J'ai su depuis, grâce à une aimable communication de M. Charles Ménétrier (Listener), que ce drame n'était pas de Beaumarchais, mais bien de « M. Chalumeau, administrateur du district de Melun, » et qu'il avait été publié, en 1791, en un volume in-8° et sous le titre de V Adultère, La brochure imprimée est d'ailleurs absolument conforme au susdit manuscrit des papiers de Beaumarchais qui sont

I. Théâtre complet de Beaumarchais, réimpression des éditions princep8, avec les variantes des manuscrits de la Comédie-Française et de la Bibliothèque impériale, publié par G. d'Heylli et F. de Marescot. 4 vol. ÎD-S*. Paris, librairie des Bibliophiles, 1869-71.

ut COMEDIE-FRANÇAISE.

consentes aux archives de la Comédie-Française. Or, ce drame, F Ami de la maison ou bien V Adultère qui, de même que le Supplice d'une femme^ a aussi trois actes, offre avec cette dernière pièce d'autres points si étonnants de comparaison et de ressemblance, que je crois devoir les indiquer ici. On retrouve, en effet, dans le Supplice dune femme ^ non-seulement le sujet même de VAmi de la maison, mais encore certaines scènes absolument analogues à d'autres scènes du premier drame et surtout — â un près, dont l'inutilité est flagrante — le même nombre de personnages du même sexe, du même âge et du même caractère, remplissant identiquement les mêmes rôles.

Voici d'abord l'analyse sommaire des deux pièces mises en regard Tune de Tautre :

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