‹ Journal intime de la Comédie françaiseChapitre 63 sur 67 · MM. I-aroche (Polyeucte), Charpentier (Sévère · texte numérisé non relu

MM. I-aroche (Polyeucte), Charpentier (Sévère

3. MM. Chéry (le vieillard), Laroche (le jeune homme) ; M»** Tord^,:' (range) et Lloyd (la vierge folle). MM. Barré, Boucher, Kime, Charpenu*' et Tronchet représentent les ombres.

4. Le chef d'orchestre actue est M. Ancessy, qui a remplacé, le i«» oc tobre 1868, M. Rocques, lequel avait succédé directement, çn iS55. » M. Offenbach. M. Ancessy étant décédé, dans cette même année 1S70, :■•

et le parterre chante les paroles, qu'aussitôt la salle entraînée répète tout entière. Le surlendemain 20, même représentation et même insistance : le public reUt encore la Marseillaise! Cette fois Mil» Agar s'avance et déclamé avec une énergie toute virile^ les strophes dont la salle ré-^ pète chaque fois le refrain. A partir de ce jour il fallut que la tragédienne chantât tous les soirs la Marseillaise y quelle que fût la composition du spectacle. Elle la déclama ainsi quarante-quatre fois de suite jusqu'à la fermeture du théâtre.

3 Août. — Reprise d'une Fête de Néron^ tragédie, en cinq actes, d'Alexandre Soumet et Belmontet. Cest la première fois qu'on joue à la Comédie- Française cette pièce intéressante qui a été jadis un des grands succès deTOdéon^ où elle fut aussi l'objet d'une brillante reprise en 1861 . Mais l'époque présente est peu favorable à cette exhumation littéraire et dramatique et l'esprit public a bien d'autres préoccupations que celle des infortunes et de là mort tragique d'Agrippine. M. Gibeau (Néron) et M"" Agar (Agrippine), Devoyod (Locuste) et Tordeus (Poppée), se mon*

point eu de successeur; du mdme coup rorchestre, en somme bien inutile, ûu Théfttré -Français a été définitivement supprimé.

I. « La beauté sculpturale de MU* Agar, sa pftleur de marbre, ses cheveux noirs comme la nuit, sa voix profonde, sympathique et chaude qui s'attendrit et parfois résonne comme un clairon^ en font une des plus nobles personnifications de Tode patriotique et guerrière. Si MU* Rachel avait Tair d'une Némésis vengeresse, MU« Agar ressemble à une Victoire ouvrant ses ailes d'or. Elle ne chante pas précisément la Marseillaite, mais elle mêle d'une façon très-habile la mélodie à la récitation, et l'effet qu'elle obtient est très-grand. C'était, certes, une entreprise hardie que de déclamer ces strophes sublimes sur le théâtre même où Rachel les avait rugies avec un accent si terrible ; mais Taudace a été heureuse et rintelligente tragédienne a compris que, si le chant était le même, l'expression devait être différente. Elle y fait prédominer l'élan héroïque et la certitude du triomphe. * (Th. Gautier.)

trent cependant très-remarquâbles, mais la pièce ne tient que onze fois l'affiche^.

6 Août. •— Représentation extraordinaire au bénéfice de la caisse des secours et dons patriotiques pour les blessés. Elle est composée :i<* du Rhin allemand^ d'A. deMussetfdit par M. Delaunay ; 2^ le Départ^ poésie de M. Pailleron déclamée par le même artiste; S<* le Chœur des Girondins, par la société des Enfants de Paris ; 4® Pour les Blessés, poésie de M. Manuel, dite par M"« Favart et M. Coquelin aîné; 5^ le premier et le deuxième acte du Liotf amoureux; 6^ les Ouvriers^ comédie de M. Manuel ; y^ les deuxième^ troisième et quatrième actes des Horaces ; 8<* la Marseillaise^ par M^^* Àgar. L'affluence est énorme et l'enthousiasme considérable; la recette atteint le chiffre le plus élevé que la Comédie - Française ait jamais réalisé : 7,683 francs.

Les recettes delà Comédie^ pendantles dernières semaines de l'empire 3, marquées à la fois de tant d'illusions, de bruits de victoires et de grandes et irréparables défaites, subissent de curieuses fluctuations conformes à ces tristes

,1. Reprennent les autres rôles : MM. Chéry (Sénèque), Se^este (Monta* nus), Prudhon (Plantas), Boucher (le comédien Paris), Coquelûi cadet (le .chef des gardes Sénécion;, Mazoudier (Thraséas), Charpentier (Anicetos) ; ; .MU* Lloyd (Âlba). —> La pièce a été jouée pour la première fois i l'Odéoa Iç. 28 décembre 1829, sous la direction d'Harel; MU* Georges faisait Agrippinç; M. Ligier, Néron j M. Delaistre, Anicetns; Mii« Eulalie Ûapnis ;(cncore vivante en 1878 et sociétaire retirée de la Comédie-Française) c^éa.Alha^ etc. A la reprise de 1861 (26 février), c'est MU* Karoly qai loua, Ag^ppinç ; M. Gibeau reprit le rôle de Néron et MU* Tordens cela de Poppép.

. 2.. La Comédie-Française ferma définitivement « par ordre • le 8 septimbre, Qn avait joué pour la dernière fois, le 5 {le Uon amoureux). La veillç, jour oà Tempire s*effondra, on avait affiché Mérope, le Menieur et ' Un caprice^ -mais les événements de la journée empêchèrent te d*avoir lieu

événements. Dès le jour de la déclaration de guerre, les recettes baissent sensiblement : tout Paris est alors en mouvement, la foule encombre les boulevards et en outre les belles et chaudes soirées d'été ne sont guère favorables aux spectacles. Le 18 juillet, le Lion amoureux produit 1,176 fr., et le lendemain igMaurice de Saxe fait descendre la recette à 21 1 fr.; on fait 187 fr. le 22, et 334 fi*. le 24; 924 fr. le 26, et 2,947 fr. le 3i. C'est la dernière recette avouable pour un jour ordinaire; d'ailleurs, jusque-là, il y a eu partout la fièvre; mais on n'a encore éprouvé aucune déÊiite. Le 5 août, la deuxième représentation d^une Fête de Néron donne 435 fr.; tout ce lugubre mois est d'ailleurs déplorable. Qui donc peut penser aux plaisirs du théâtre en ces jours de désespérance et de deuil? Le 8 août, 293 fr. avec le Duc Job; 193 fr. le lendemain, avec la Fête de Néron; 168 fr. le 16, avec la même pièce. C'est la recette la plus infime qu'on ait alors faite, puisque, le 3 septembre, le Lion amoureux donne encore 761 fr. et que le 5, c'est-à-dire au lendemain de la chute définitive de l'empire et de la proclamation de la République, la même pièce Êiit entrer 278 fr. dans la caisse.

Cette représentation du 5 septembre fut d'ailleurs la dernière; on ne joue ni le 6, ni le 7; le 8, le théâtre est ermé par ordre, et la Comédie est transformée en ambulance pour les blessés militaires.

Ici s'arrête notre tâche ; l'histoire de la Comédie, pendant le Siège de Paris et la Commune, devant faire l'objet d'une autre publication : l'administration du théâtre va aussi passer bientôt en d'autres mains et sa grande fortune, qui a commencé à renaître si glorieusement sous l'habile direction de M. Edouard Thierry, doit s'élever plus haut encore sous le règne de son successeur. A l'heure même où nous écrivons les dernières lignes de ce livre, M. Emile

LA com£die-francaise.

Perrin a porté à son apogée la splendeur littéraire et artistique de notre premier théâtre, du premier théâtre du inonde, et c'est encore l'auteur des Effrontés^ de Maître Guérin^ de Paul Forestier^ aujourd'hui des Fourchambault (8 avril 1878), qui tient victorieusement l'affiche •avec l'un des plus grands succès, smon le plus grand, que le Théâtre-Français ait remporté depuis l'époque qui sert de clôture à notre travail.

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