‹ Journal intime'Chapitre 10 sur 37 · Vl · texte numérisé non relu

Vl

par trois fois : Ut kmmc pnesemiem eleeùim

DICEBX; VKKMMOmE XT SàSCmiCâKS; SAHCnnCABB KT GOSSICBABB BKBIBB...

n ne doit nen rester en hd dThamaiii qmt la charité, le lèle, la bémgmfé, Hmmamté da SaoTeor...

25 noTembre. — Betovir à bsr. D ne le fnt plus quitter. Le Vernie seamtm ei reçmesdie pwtsiUwn, estpoormoiaiiîoiirdluiiinaeofiiiiiaiidément formel. — J*ai donné an bon Dien^ autant que j*ai po, la pvenre qœ je ne refinsais pas le traYaiL

J*ai fait mon possible ponr FEglise ; il fimt qne je me repose et que je fuse cain qvelqae chose pour moi, et par là même eneore poor l^Use d<mt je vais être j^ns qoe jamatt le serviteur et Féponx.

Pendant cette pranière semaine de retraite, sans quitter ce saint fien , j'irai oieore an néees' saire raprè»-midL Puis, la troisième semaine, Ruoi an dehors, toct an dedans.

27 novembre. — Ces trois jours, j*ai relu à mon oraison toutes les pages précédentes. Ecrire ainsi est pour moi une manière admirable de méditer, de voir dair dans mon âme et dans les choses de Dieu. Il fimdra le continaer t^^o^ jours, sans me presser. Tsi le tonps; chaque

chose Tune après Tautre ; ne rien dévorer; me nourrir de tout.

J'ai à méditer le Pontifical, Tite, Timothée, les Livres sapientiaux, les Messes d'ordination, les Epltres de saint Paul, les Discours de Notre- Seigneur aux apôtres.

J'ai à lire toutes les vies des grands saints évêques et leurs lettres ou leurs œuvres.

Ma vie ne manque pas d'aliment ; mais, avant tout, aller doucement, me nourrir...

28 novembre. — Le consécrateur debout et les deux assistants debout aussi imposent tous trois leurs mains, les deux mains à la fois sur la tête du consacré qui est à genoux devant eux. Ils ont mis auparavant le livre des Evangiles ouvert et étendu sur ses deux épaules et appuyé en même temps sur sa tête. Et ainsi, tandis qu'il est couvert et comme enveloppé du saint Evangile, et sous l'imposition de toutes ces mains pontificales, ils prononcent tous ensemble ces simples paroles : Accipe Spiritum sanctum. — Sans restriction.

Non plus seulement ad robur, comme le diacre; non plus ad remissionem peccatorum^ comme le prêtre ; mais pleinement, simplement, absolument, magnifiquement : Spiritum sanctum. Quelle puissance ! Ces hommes mortels et

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pécheurs doiment TEsprît-Saînt ! Quel don ! ua Dieu ! Qualis et quantus fit ille sacerdos I Qualis homo Dei! Fere homo Deus et alter Christus!

L'Esprit-Saint descend en lui comme en Marie, comme en Jésus au Jourdain. C'est le grand moment, c'est la consécration ! Tout ce qui précède y prépare; tout ce qui suit n*en est que la conséquence. A ce moment, le Ciel s'ébranle, et comme au Cénacle, comme au Jourdain, comme à Nazareth, FEsprit-Saint descend.

Il est certain que, depuis ce temps-là, j'ai eu des lumières que je n'avais pas auparavant. Je n'ai compris les choses que depuis que je suis évêque : l'éducation même, le ministère apostolique surtout, la détresse des âmes, les besoins profonds de TEglise. C'est depuis ce temps que j'ai eu quelque goût de vie intérieure... Ce grand goût de sainte Thérèse, de M"« Acarie, quelque attrait pour les visites au Saint-Sacrement. Autrefois, mes retraites me pesaient; aujourd'hui, c'est mon temps le plus doux.

Je dois évidemment tout cela & l'Esprit-Saint.

Il est certain que la fidélité à mes exercices de piété n'est fixe que depuis ce temps. 11 y a là une bonté sensible de Dieu. Comme cela s'est senti quelquefois à la cathédrale lorsque j'offi-

cîais : à la Pentecôte, à Pâques, à Noël, à l'Assomption, à la Toussaint. C'était l'Esprit-Saint lui-même : Gaudium in Spiritu Sancio; exsul-tavit spiritus in Deo. (Orléans, écrit le 9 décembre 1855.)

L'intelligence des besoins de l'Eglise; le zèle, la santé, la force, l'inspiration pour les défendre... Gela a été extraordinaire depuis. — Ce goût, cette lumière pour la vie de Notre- Seigneur. — Tout cela, don de FEsprit-Saint, de l'Esprit de force, de sagesse et d'amour.

(Einsiedeln, 1969.)

J'ai eu le bonheur d'invoquer l'Esprit-Saint misérablement, mais constamment, depuis près de trente ans... Ce doit être plus que jamais ma dévotion. C'est à l'Esprit-Saint que je dois demander de me transformer, de faire en moi un autre homme comme il le fit dans les Apôtres, un homme de douceur et de fermeté. C'est ici le grand point de ma retraite. Il faut que ce divin Esprit, dans sa plénitude, se substitue au mien en toute chose. Il faut que le feu de la charité dévore le feu de la cupidité et que le surnaturel absorbe le naturel. Ce sera le sujet de mes méditations pendant mes huit derniers jours. Puis, ma vie passée; mes misères qu'il faudra purifier autant que possible.

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Dans la Préface qui précède toates les cérémonies mystérieuses de la consécration, je remarque : Deus, honor omnium digniiatum.

Toute dignité où Dieu n'est pas, dont Dieu n'est pas rhooneur, est fausse, infâme. Hétas! je redoute la dignité, parce que je redoute l'obligation de me rendre digne ! Il faut se ren< dre digne. Il faut s'élevert II faut s'ennoblir ! Il faut se purifier 1 II faut se diviniser ! La dignité est divine ; et en toutes choses, il faut être grave, irrépréhensible, modeste, ferme, doux et fort, grand et noble.

Il faut, dans mou extérieur, une grave simplicité, quelque chose de digne qui me manque. Je dois bien veiller sur moi & cet égardet ne pas reculer devant les détails...

30 novembre, vendredi. — Médité l'admirable Epltre aux Hébreux sur la patience, la discipline, l'épreuve. C'est d'une profondeur, d'une consolation toutes divines.

1" décembre. — Missions de M. de Solminihac. — Cela m'a inspiré d'en faire autant dans le diocèse d'Orléans, l'année du Jubilé. Nous aurons un an pour nous y préparer. Il faudniit, pendant un an, quatre compagnies de missionnaires bien divisés. Grande dépense, mais

Dieu y pourvoirait. Il y faudrait bien grande prudence; pas d'émeutes...

2 décembre. — Je suis revenu sur cet admirable chapitre xn« aux Hébreux, après ma messe.

Gomme tout cela s'applique à moi, à ma situation présente, à mon avenir! Déponentes omne pondus et circumstans nos peccatum, per patientiam curramus ad propos! tum nobis certa-men. Voilà bien ma destinée dernière en ce monde, le combat, la lutte ! Il faut la patience; la souffrance est le grand moyen. Jésus-Christ est le modèle : Aspicientes in auctorem fidei et consummatorem Jesum quiproposito sibi gaudio sustinuit crucem, confusione contempta, — Recoffitate enim eum qui talent sustinuit apeccatoribus adversus semetipsum contradictionem, ut ne fatigemini animis vestris déficientes. Non-dum enim usque ad sanguinem restitistis.

Quelle admirable exhortation ! Comme il n'y a pas un mot à répondre ! Je ne connais rien de plus consolant, de plus fortifiant, de plus fort et de plus tendre que les paroles qui suivent : Et obliti esiis consolationis quœ vobis tanquam filiis loquitur, dicens : Fili mi, noli negligere gratiam et disciplinam Dominiy neque fatigeris dum ob eo argueris. Quem enim diligit Domi-

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nuSf castigat; flagellât autem omnem filium quem recipit.

C'est nécessaire depuis le péché. Mais quelle consolation desavoir que c'est le plus divin témoignage de Tamour! Notre-Seigneur n'en a pas reçu d'autre & la croix. Et quelle forte et douce patience cela donne !

Aussi, avec quelle tendre sérénité saint Paul continue : In disciplina perseverate. Tanquam filiis vobis offert seDeus. Quis enim filius^ quem non corripitpater?...

C'est admirable.

Saint Paul insiste encore : Deinde patres quidem camis nostrœ^ eruditores habuimus, et rêverebamureos : non multo magis obtemperaAimus Patri spirituum, et vivemus? — Quelle douce, et forte, et modérée, et décisive expression ! Comme eUe exprime ce qui est souverainement juste et raisonnable! Il faut donc se laisser faire, se laisser éprouver, se laisser travailler.

Et puis, cette consolation définitive : Omnis autem disciplina inprassenti quidemvidetur non esse gaudii, sed mosroris : postea autem fructum pacatissimum exercitatis per eam, reddet justiliœ.

Dieu, d'ailleurs, se ré vêle en tous ces labeurs. 11 soutient singulièrement ma santé. Il m'aide à

travailler. Il me fait faire visiblement bien plus que je ne suis capable. Il semble me dire de me livrer à lui comme un instrument docile, prêt à tout et à rien : Traditi gratiœ Dei. Courage donc! paix! confiance! Ët^ en toutes choses, patience et persévérance ! Il faut seulement se bien tenir entre les mains de Dieu.

2 décembre. — Retour à Issy la veille au soir pour ma grande retraite. — Ducttis est in desertum a Spiritu,

C'est TEsprit-Saint qui devient le grand objet de mes pensées. C'est lui que je dois recevoir et qui doit me transformer en Jésus-Christ et me rendre le fils bien-aimé du Père, m'imprimer le caractère pontifical, comme il fit de Notre-Seigneur au Jourdain. C'est lui qui me conduit en cette retraite, qui est mon guide et sera mon inspirateur, comme il le fut de Notre-Seigneur au désert. — Pendant ces huit jours, je dois l'avoir toujours présent, l'adorer, l'invoquer toujours. — Je puis appliquer à sa venue dans mon âme les soupirs, les élans de ce saint temps.

Dieu me dit : Canvertam manum meam ad leet excoquam adpnrum scoriam tuam et auferant omne stannum tuum.

3 décembre. — Saint-François Xavier. C'est

extraordinaire tout ce que le bon Dieu m'a inspiré, dicté le jour de ce grand Saint. — Il faut la dignité extérieure... Dieu lui-même y a présidé, en a décidé tous les détails, tous les ornements dans l'ancienne loi, et son esprit dans la nouvelle.

Il faudra observer exactement^ fidèlement^ religieusement tout ce que prescrit réellement le cérémonial. Rien de capricieux à cet égard :

Omnia secundum ordinem fiant.

Mais toute cette éclatante dignité extérieure n'est que l'ombre et l'image de la dignité intérieure : Mentis omatus est.

Pontificalem gloriam non jam nobis honor commendat vestium, sed splendor animatnim...

Voilà ce qui doit être. Autrement, ce pontife reste un homme misérable; une espèce de mensonge et d'hypocrisie qui trompe tous les yeux.

Puis, pendant le chant du Veni creator, le consécrateur fait l'onction sainte. — Ce ne sont plus seulement les mains, comme pour le simple prêtre, c'est la tête... et l'être tout entier : Ungatur et consecretur caput tuum cœlesti benedictione, in ordine pantificali. — Ces paroles sont tout ce qu'il y a de plus simple et de plus fort.

Le Veni creator achevé, la Préface commen-

cée continue. Tout y est d'une simplicité sublime. — Et d'abord : HoCj Domine y copiose in caput ejus influât, hoc in oris subjecta decurrat, hoc in totius corporis extrema descendat, ut tui Spiritus virlus et interiora ejus repleat, et exteriora circumtegcU.

Ainsi tout entier, il doit être rempli au dedans, et couvert, enveloppé au dehors par la force douce et pénétrante de Fonction de TEsprit- Saint. — Tout en lui doit être purifié... In totius corporis extrema descendat. C'est un homme que l'onction divine saisit, pénètre ettransforme entièrement. Dès lors : Abundetin eoconstantia fideiy puritas dilectionis, sinceritas pacis.

Constantia fidei, — La foi, le premier des dons de Dieu, le principe et la force de la vie surnaturelle. Je ne dois plus personnellement vivre que de la foi... des pensées, des lumières, des inspirations de la foi. J'en deviens le gardien, le juge, le témoin, le vengeur, au besoin le martyr.

Puritas dilectionis. — Plus que jamais, il ne doit plus y avoir dans mon cœur une amitié, une affection, un zèle qui ne soit de la plus pure charité... Y tendre sans cesse... Purifier, purifier tout et toujours, de plus en plus.

Sinceritas pacis. — Je suis un ministre de

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paix, de réconciliation. Le ministère évangélique, la rédemption de Jésns-Christ n'ont d'antre but que d'apporter la paix à la terre. La paix avec Dieu, la paix entre eux, la paix avec euxmêmes. Tout doit tendre à procurer cette divine paix. Un évêque ne doit être occupé qu'à pacifier les âmes, les cités, les campagnes. Pour cela, il faut la douceur et la force. Mais la force n'est employée qu'à procurer la paixetle salut dumonde. Aussi, quam speciosipedes... evangetizantium pacem 1 Quelle attente de tout un peuple ! Avec quelle joie les bons! Avec quelle crainte les méchants ! Tous les regards sont tournés vers cet homme de paix !

Gomme il faut retrancher de ma vie, de mes habitudes, de ma nature, tout ce qui pourrait troubler la paix, nuire à la paix : mes vivacités, mes humeurs, mes aigreurs. Oh! comme je demande à l'esprit de paix de faire de moi un homme pacifique !

Beati pacifici! Je viens en disant chaque jour : Pax vobisi pax huic domui! pax huic civilaitl... La paix, la paix, toujours la paix!

Pour être l'homme, le ministre de la paix, il faut que l'évéque soit : un homme d'autorité, un homme de zèle et de prières, un homme de vérité, s'il le faut, un homme de miracles. Tout

JOURNAL INTIUE

cela est dit dans celte incomparable Préface. 1" Un homme d'autorité. — Autorité toute divine : Da et. Domine, claves regni. Tribuas ei. Domine, catkedram episcopatem.

Cette chaire d'où il enseigne, d'où il gouverne, d'où il reprend, d'où il commande, d'où il défend, d'où il châtie, d'où il pardonne ; d'où descendent tous les pouvoirs spirituels d'un diocèse, de tous les prêtres..., foutes les absolutions, toutes les bénédictions, toutes les paroles, toutes les consécrations. C'est Dieu (pii la lui donne et qui l'y place : Ad regendam ecclesiam tuam... pleèemgue... Et de là ouvrir le royaume des cieus, et préparer, faire la paix étemelle pour chaque fidèle confié à sa garde.

Puis ces magnifiques paroles : Sis et auctoritas, sis ei potestas, sis ei/îrmitas.

Cela étant : Utatur non ghrietur poteslate, in œdi/icationem non in destriictionem.

Tout cela est au-dessus de toute expression.

2" Un homme de zèle et de prière. — Sit sollicitudine impiger... Toujours, toujours, sans relftche. — Sil spiritu fervens, mais avec ordre et sagesse. — Sit fideiis servus et prudens. Servus : il n'est que ie premier et te plus laborieux serviteur de la famille du Sei-

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gneur, des enfants de Dieu» ses frères, et qne Dieu a fait ses enfants aussi. — Ut dei illis cibum in tempore opporiuno. La noorritiire des àmesy la divine parole, le pain dn riel, ladifîne Eucharistie, les divins exemples; parlui-inèiDe et par les ministres sacrés qn*il c<Misiîtiieet qall engendre, qu^il crée. Et anssi le pain matériel, les secours aux pauvres. — El exhibeat ammem hominem perfectum. Tous ces enfants spirituels, il fant qu'il en lasse des hommes parfaits en Jésus-Christ. — (Test cffiravant! Aussi le zèle ne suffit pas... De zèle et de puIxe; autrement, rien.

3* Un homme de vérité. — La rérité est arec la charité la mère de la paix.

Oderis superUam. — L^orgueil est VeuDemi de la vérité; il en est la négation même.

HumiUtatem ae verUaiem. Eiies sont 90fnn.

Non panât tenebras lueem, mec lu^cem tene^ bras.

Non dieat malum banum, nec bonum rna^ lum.

Il n'y a qne ITsprit de Dieu qui dise enâeu simples parries toot ce qu'il r a de plui^ pro« fond, de plus absolu, de plus fmnd, de plus décisif. Tout le malheur, tout le erime éUf% hommes et tonte leur folie est de preuàre Ui%

1**^ JOURNAL INTIMK

ténèbres pour k lumière, et la lumière pour les ténèbres ; c'est d'appeler le bien mal, et le mat bien.

Cet homme de Dieu, cet homme de paix, cet homme d'autorité, cet homme de zèle et de prière, cet homme de vérité, cet homme de charité : Qui vialtdlxerit ei, sîl ilîemaledicttts; qui heiiedixeril ci, bcneéictionibus repleatur.

Toute la consécration épiscopale est dans l'imposition des mains et l'onction. Voilà les deux signes de la descente du Saint-Esprit, de la perfection et de la plénitude du sacrement de l'Ordre.

Puis le consécrateur donne au consacré : le bâton pastoral, l'anneau, l'Evangile, la mitre, les gants. Le tout avec tes cérémonies les plus saintes et les plus belles prières...

Je dois avoir en la bonté de Dieu pour moi une confiance inépuisable, immuable... pour toutes choses, jusqu'à la fin.

Ainsi de ce petit être justement et doublement maudit; de ce petit corps mort, de cette lime abominable, de ce néant odieux. Dieu a dit :

« Je ferai un chrétien, une àme purifiée, un

DK M<MI3El«3IEi:m DO^lKLOrP 1V7

enfant de Marie, un frère de Jésns-Chrisf , nn héritier dn ciel.

« Je ferai nn prêtre, un catéchiste, nn apôtre, nn père des âmes.

c< Enfin, je ferai nn évèqne, nn pontife. »>

n n*y a qne Dien évidemment qui se plaise à faire de telles choses... Encore nn coap, c'est le jeu divin d'une infinie honte : Ludens m orbe terramm... Deliciœ mex esse eum filUs hominum.

Puis tontes mes années ont été gouvernées, éclairées, successivement transformées, par cette bonté toujours agissante. Une telle œuvre ne pouvait se faire que par des grâces inouïes... et des croix! (Test évident. La croix était inséparable dn dessein de IKeu , inséparable d'une telle existence à purifier, à ennoblir, à élever, à diviniser... Elles n'ont pas manqué...

Mauvaise santé.

Peines de cœur.

Labeur constant.

Déchirement et ruine de la Madeleine et du Petit Séminaire. — Rien ne me fat plus cruel que ces deux renversements!

Enfin, la mort de ma mère et les peines de cette dernière année.

Les révolutions ont bien aussi labouré ma

vie surtout 1830. — Première transformation H-i-s sérieuse de mes pensées.

1848. me faire entrer encore plus inpotenitas

Ikipuis trois ans surtout, il y a eu une action seCi"*''" de Dieu sur moi rae conduisant où je

l» Déchirement de cœur par la ruine du Petit

a» Grands troubles intérieurs;

3" Excellente retraite et examen de conscience plus profond que jamais en 1846 ;

.lollemen 1847;

îi" En 1848, confession générale. — Juste un an auparavant. — C'était nécessaire à faire; aujourd'hui je n'aurais pas eu le temps. — Je ovuyais me préparer à ta mort ; je me préparais ft U mort de ma mère et à l'épiscopat; ce qui t'Hl hieu la mort de ma vie passée ;

Ii" Et depuis, quelle année! — Travaux de l'Ami de ta Religion. — Travaux de cette CommiHsion. — Maladie affreuse de ma mère. — Ciu-éme à Saint-Sulpice. — Puis un repos. — Cun Ira die lions hioules sur cette loi (1)...

Dur et manifeste apprentissage de ma nou-

(I) Lui do ISSO Bur Vi lilicrtû Uo l'i

DE MOrfSSIGNECB DUPANLOUP 109

velle vie... Mais Te Deum laudamus. — Action de grâces et courage dans la croix !

11 me reste trois choses à faire, à méditer.

1** Je vais devenir évêque, pontife. Mais qu'est-ce qa'an évêqae, un pontife?

2^ Qui me fera, me consacrera évêque, pontife? Qui opérera cette transformation? Qui imprimera ce caractère dans mon âme?

3^ Pour correspondre à cette grande action de l'Esprit-Saint dans mon âme, j*ai besoin : 1® De la purifier aussi parfaitement que possible; 2^ de l'orner des vertus; 3* de la fortifier, de l'élever en toute manière. — Qui fera ces choses? Encore TEsprit-Saint : Sanetifieator omnipotens. — Ces trois opérations de TEsprit^ Saint, c'est le jour de mon Sacre qu'elles s^ae^ compliront principalement. Biais je dois en avoir d'avance l'intelligence, m'y préparer, y travailler. Et après mon Sacre, en faire pendant longtemps le sujet de mas méditations et de toutes mes pensées.

Le Pontifical que j*ai médité jusqu'à présent offre tous les admirables détails de ces trois choses.

Les vies des saints Evèques qœ j'ai lues en offrent les exemples.

Le regard sur ma vie et mes années préeé*

110 JOURNAL lyriHE

dentés me montre le dessein de Dieu sur ma vocation et Tinfinie miséricorde.

tX TEILLE DU SACRE

Le Pontife est le grand ouvrier de la Rédemption. Il travaille en clief à cette grande œuvre ; il est consacré par l'Esprit-Saint pour la faire. Il est consacré comme Jésus-Christ : pour aider Jésus-Christ; pour travailler avec Jésus-Christ et comme Jésus-Christ ; pour représenter Jésus- Christ. Il est appelé» choisi par Dieu le Père ; il est revêtu du caractère divin de Jésus- Christ.

Il participe principalement à la toute-puissance ^ à la sagesse, à la vérité divines. Il s'en fait sur lui une émanation perpétuelle, pour le sacrifice et la réparation, pour renseignement et le doctorat, pour Tadministration des sacrements et le soin, la nourriture des âmes.

11 est sanctificateur et père : Parit; il est docteur : Docet; il est pasteur : Régit.

11 est en relation constante, intime, avec les trois personnes divines.

L'évêque seul, recevant la plénitude de l'Esprii-Saint, la donne, la communique. Les sacrements de Gonfinnation et d'Ordre lui sont réservés.

Il est une œuvre d'amour et de joie, et par là même aussi une œuvre de force et de sagesse.

1® Une œuvre d'amour. — C'est une sainte alliance, un mariage. Le pontife devient l'époux de l'Eglise, l'époux des âmes, àla vie, à la mort. Alliance indissoluble pour accomplir l'œuvre de Dieu dans les âmes. Cette œuvre consiste à produire, à faire naître Jésus-Christ en elles, et par là même à unir les âmes à Dieu par Jésus- Christ. . . Les amener à la communion fréquente, journalière...

L'anneau est le signe de l'alliance : Sponsam Dei intemerata fide omaius^ illibate ctUftodioM, (Pont.)

C'est l'esprit d'amour, decharité,dF fendreiwe qui fait cette œuvre ; c'est la sienne.

Il Ta faite d'avance dans les prophètes ; il leur a fait connaître, aimer, produire, wuuni" cer Jésus-Christ : Spiritiu Domini HUper nm (71). — Quilocutus est per praph^tm ^Hvmlh^,

Il Ta faite en Marie : Spiriiuf Sanctun jmpftr" veniei in /e, ei virtus Aliisstmi oburrû/rotni tUn^

<.' guoc t'iUu! Uti.

I l'b laif.- "

tael^uu dv j'ËqeH-âaiirï.. die e« ;pio^ tout- " 1. est au taxx^ax et QcnmE in vie. 1] eâ «fivùaû^e'.fîuuiKJtiiimùtïTË.L nmnfif nnihiww

«t tA>UM*i« iec tuu«.

II ouusftCM'. i! fait J'Evëgne. k }Hiiiti& ; m bb itii, ii Xait !(; j»êre, le im. it «aictthciilEair, iv d\^M\xr, \v pastear: fd saj» cesse H I ûàt. k yuidt «t J'iniçiÎK;-

Au^isi JU» Âctee des Ap&tr» ih- mantreiil gne

j^fc, jno^uttt l^i»-Clinrt; d»iit le* Actei. para « &uLt leii eMtfeweoK, les mulys. Le pca-

Ufe 4*At l'éire,

H « 6t(t («s pasteo» ^ tous I^ saints. Le |M»nlJf« doit l'Alfe.

f^ pooUte dmt aimer l'Eglise, comme JésosiJMut Vu uimée et l'aime. Jésos-Chrîst est ('(^|wm« immortel; l'évéque l'est avec lui. Voilà le nwdhle.

L'évlif|U8 doit dire avec tendresse à l'E^Use

DE XOXSEiGfEOL BCPIIKLOUP 113

son épouse : Vulnerasii car memn, soror mea sponsa.

Aussi, ce me semble, j'aime déjà tonte âme, tout visage d*Oiiéans.

Le Sacre est une bénédiction nuptiale.

Parure de Tépoux ; promesse de l'époux; béné* diction ; témoins.

^ C'est une œuvre de joie : Famour donne la joie. Voyez les Apôtres. Tristes jusqu'à la Pentecôte, même après la résurrection. A dater de ce grand jour et ce jour-là même, ils sont joyeux, ivres de joie. Il ne faut pas croire d'ailleurs que la joie ne soit pas dans l'Evangile; elle n'est que là. L'Ancien Testament est rempli des promesses de la joie ; le Nouveau la répand. Les Anges chantent : Evangelizo vobis gaudium magnum. Mais c'est surtout à dater de la venue de l'Esprit-Saint que la joie éclate dans l'Eglise. Il est l'Esprit de la divine joie... Saint Paul ne parle que de joie : Quasi tristes j semper autem gaudentes, — Gaudete in Domino semper. — Semper Gaudete.

S^L'amour etla joiemême au milieu des tribulations. C'est ici le triomphe de l' Esprit-Saint.

Voyez les Apôtres : Ibant gaudentes... quo^ niam digni habiti sunt pro nomine Jesu contU' meliam pati.

m JOn^AI DTUIE

Saint Paol : Gaudeo inpassioniims. — Superabundo gaudio in oimti irittUatûme nostra.

Saint Pierre : Communicantes Ckristi passiomhus, gaudele.

Notre-Seignear 7 avait exhorté : Gaudete et exsuilale.

L'amoar donne cette joie. On est beurenx de souffrir ponr ce qn'on aime. On ne redoute ni la peine, ni la mort... On donne sa vie avec joie ponr son éponse : Forlis est ut mars dilectio.

4* Voili pourquoi cette œavre d'amour et de joie est une œnvre d'action et de force in^'incible. La tristesse ne se dévoue pas. L'amour joyeux se dévoue. L'évêque doit défendre sou Eglise, combattre pour elle, comme du époux.

C'est pour cela qu'on l'arme si puissamment.

5" Une œuvre de sagesse. — Unclio docet omnia. — Suggeret vobis omnia. L'amour éclaire, éveille, donuerîntelligence, inspire la prudence.

8 DÉCEXBBE. — ' f£tE DE l'iMMACULÉE-COHCEPTION

Marie, âUe bien-aimée du Père ; mère du Fils de Dieu ; épouse de l'Esprit d'amour.

DE X0N8EIGMEUR DUPÂNLOUP 115

Marie y nouvelle Eve, victorieuse du démon, coopératrice immédiate de Jésus-Christ dans la rédemption du monde ; mère des enfants de Dieu.

Le pontife est tout cela.

Ses relations intimes avec les trois divines personnes sont inouïes. Ses influences dans les destinées de l'humanité sont immenses.

Fils bien-aimédu Père : consacré par TEsprit d'amour, choisi parle Fils de Dieu... 11 produit Jésus-Christ au saint autel. 11 est le nouvel Adam ; le coopérateur de Jésus-Christ en toutes choses; le père des enfants de Dieu.

C'est incomparable. Marie seule a été ainsi honorée.

Dieu m'a purifié mille fois depuis mon baptême. Aujourd'hui, dans cette fête de l'immaculée-Conception et dans la lumière de la pureté de Marie, il me sera, — je voulais mettre doux, et je dois, après réflexion, écrire très amer y — de voir, d'accuser, d'abhorrer de nouveau toutes les indignités de ma vie passée ; et de demander à Dieu le Père, à Dieu le Fils et à leur divin Esprit, la grÂce de ne plus jamais, s'il est possible, pécher volontairement : Fiat! fiât I fiât!

Les péchés de toute sorte semblent éclore

116 JODHNAL INTmi!

si naturellement de cet esprit, de ce ccsur, de cette ftme, de cette volonté, de ce corps, de tous ces sens, que c'en est effrayant, consternant. Quelle triste nature 1 Totus in maligno posilus. Encore une fois, c'est consternant. Si j'avais eu plus tdt cette affreuse impression, je ne sais si j'aurais dit : Oui. Et cependant, c'est par là que Dieu me sauve et m'a sauvé ! Mais il ne faut jamais oublier l'esprit de pénitence... Les Psaumes de la Pénitence... Le vendredi, le chemin de la Croix... La mortification, au moins les petites dans les repas. Cela doit toujours demeurer le fond de la vie chrétienne et sacerdotale...

Et puis, on se canonise soi-même !

Vraiment, tout cela'fait horreur. Quelle ignominie [ On voudrait fuir et se cacher. Il faut au moins se mettre le front dans la poussière. On ne peut se relever que In luce miserationum tiiarum, et en songeant à la sainte Vierge.

Ainsi, il est donc vrai que Dieu aencore plus de miséricorde que nous n'avons de misères.

Et nos misères sont le trdne de sa miséricorde! J'en suis un exemple inouï.

DK MONSEIGNEUR DUPANLOUP 117

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