RETRAITE PR^.PARATOIR£ AU SACRE
15 octobre. 1** Omnem prudentiam meam, quantum mea capax est ncUura, divinœ scripturœ sensibus accommodare volo.
Un chrétien, nn prêtre et surtout un évêque ne doit pas avoir d* autre prudence que celle des divines Ecritures. Il est essentiellement un homme surnaturel en toutes choses, V homme de Dieu.
Il faut que je revienne de novo atque integro aux divines Ecritures, surtout à TEvangile et aux Epitres apostoliques. Je dis de novo, parce que tout cela va être tout nouveau pour moi au point de vue définitif, supérieur et complet de Tépiscopat.
Il faut que je relise surtout : 1^ les discours de Notre-Seigneur à ses apôtres ; 2^ les Epitres à Tite, à Timothée, aux Hébreux, puis aux Thessaloniciens. La vie épiscopale des apôtres, voilà ce qu 11 faut étudier;^ voilà pendant ces trois semaines, avec le Pontifical, le sujet de mes lectures et de mes méditations. Les choses de TÂncien Testament qui ont trait au sacer-
doce. Les quatre messes des quatre samedis des Qoatre-Temps renferment presque tout.
L'Ecriture sainte, la vie des grands saints qui est l'Ecriture sainte en action, voilà désormais ma seule étude, ma seule nourriture. Tout le reste, même ce qui est bon, est moins bon pour moi, moins fortifiant, moins consolant, moins substantiel.
^ En cela, comme en toutes choses, et surtout dans les choses de la vie intérieure, il faut par-dessus tout me défier de ma nature, de ma précipitation... Il faut que j'aille doucement, lentement, gravement. Il faut me nourrir, changer ces choses divines en ma substance.
Par là, un seul mot vaut mieux que mille.
Il n'est pas question de finir toutes ces lectures, toutes ces saintes pages; il est question de profiter de chaque ligne, de chaque syllabe... Si un seul mot m'occupait, me remplissait pendant ces trois semaines, ce serait une immense bénédiction de Dieu.
Il n'est pas question d'aller jusqu'au bout.
Je n^ai pas une course à faire, une carrière à parcourir. J'ai mon âme à placer dans la paix, dans la lumière, dans l'onction de Dieu.
1 6 octobre. Tous les j ours quatre occasions sim pies d'étudier l'Ecriture sainte etde m'ennourrir.
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1^ Oraison.
^ Sainte messe et action de gr&ces. Psaumes et cantiques choisis. Travail intéressant à faire et si nécessaire même aux prêtres fervents.
Nulle monotonie, nulle fadeur.
3® Bréviaire.
4^ Vie des saints évëques...
Seulement, il y faut delà suite et nulle interruption.
Et de plus :
5^ Tous mes écrits au point de vue et à la lumière de l'Ecriture sainte. ••
19 octobre. Il y a dans les divines Ecritures une science, une doctrine, une force, une érudition morale, une sagesse, une prudence naturelle et surnaturelle d'une hauteur, d'une largeur, d'une profondeur infinie, inépuisable.
Avant tout, il faut être un homme... En toute chose, il faut un homme... Tout périt parce qu'il n'y a pas d'homme... Eh bieni l'Ecriture sainte fait Vhomme de DieUy le parfait homme de Dieu...
Le prêtre, l'évêque surtout qui est éminemment l'homme de Dieu homo Dei, ne doit chercher, puiser, trouver que là sa vie, sa perfection. C'est par là seulement qu'il peut devenir perfectus homo Deij ad omne opus bonum ins-
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irucius. (Test on arsenal. On sort de là armé de pied en cap; c'est Tarmure même de Dieu :
Armaiura Dei.
Les saintes Eeritnres offrent nn autre grand bien, elles consolent. Cest un des traits les plus caractéristiques des divins Livres, Ils sont l'ouvrage, l'inspiration de l'Esprit consolateur... On le sent. Aussi les Machabées disaient aux Spartiates : Nos cumnuUoindigerenius,hab€fUessolatio libros sancios qui suni in manibus nostris.
(Test un trésor divin. Dans la plus grande pauvreté, manquant de tout; si on a lu les saints Livres, on ne manque de rien, on a tout... La consolation, l'espérance I Combien de fois les paroles de l'Ecriture sainte ne me les ont-elles pas rendues ou conservées. C'en est la vertu secrète. La lumière, la consolation, la force, ces trois grands biens de Dieu, ils sont là.
Quant à la lumière, saint Pierre s'exprime merveilleusement : Cui benefacitis attendentes quasi lucemœ lucenti in caliginoso loco^ donec dits elueescatj et Lucifer oriatur in cordibus vestris»
C'est bien là l'Ecriture sainte et sa lumière en ce triste monde ! Quel bonheur de la posséder et d'attendre le grand jour, le jour radieux ! Il viendra ; mais en attendant, ici-bas, il n'y a pas
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d'autre lumière, d'antre prudence, d'antre con-» solation, d'antre guide, d'antre force... Féne- Ion, Bossuet, les Pères ne plaisent, n^éclairent, ne fortifient, ne consolent, qu'en ce qu'ils sont un reflet des divines Ecritures. . .
Dans cette sainte lecture, il faut le secours de Dieu : Aperuit illis sensuni, ut intelligereni scripturas. Il faut donc la prière, l'humilité. Il faut un interprète : IrUerpretabatur illis in omnibus scripturis. Il faut la docilité. A ces conditions, on de\ient poiens in scripturis.
20 octobre. — Ea çtue ex divinis scripturis intelligam, plebem cui ordinandus sum et verbis docereet exemplis volo. (Pontifical.)
La yie d'un évèque doit être l'Evangile en action, les saintes Ecritures en action. — Un évéque,c'estrEcriture sainte parlante et vivante. Ce doit être en tout : dans ses paroles, dans ses manières, dans ses conseils, dans sa conduite. Il faut qu'on ne voie rien en lui qu'on ne puisse exprimer, traduire par une parole des saintes Ecritures. — Il faudrait que la vie d'un évèque pût être racontée avec un tissu des paroles de la sainte Ecriture. — Il faudrait que ceux qui ne savent pas lire, ne peuvent, ne veulent pas lire, eussent toujours comme dans un livre toujours ouvert la parole de Dieu dans la vie et les exem-
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pies d'un évéque. Ceci passe de loin les forces bamaines et surtout ma faiblesse. Il y faut tendre et revenir sans cesse. Pour cela se nourrir des divines Ecritures, en faire sa substance et sa vie... Et alors, Justus ex fide vivii... Cela est immense et doitétre l'effort de la vertu jusqu'au dernier soupir.
Les saintes Ecritures s'interprètent, s'expliquent par la tradition.
Tradùiones Patrurriy Decretales sanctx et aposiqtiœ Sedis Constitutiones veneranter susciperey docere ac servare volo. (Pontifical.)
J'ignore trop ces trésors de la tradition catholique. Il est tard ; mais jamais trop tard cependant pour les étudier, les méditer, m'en nourrir avec respect, avec amour.
21 octobre. — Tristes journées! Qu'il est difficile de faire quelque chose ici-bas 1 L'Ecriture sainte m'a consolé, fortifié...
Patientia opus perfectum habet.
Ne fatigemini animis vestris déficientes.
Bonum autem fadenies non deficiamtis.
Oporiei semper orare et non deficere.
U faut que Dieu aide... Lui seul peut donner la patience, le courage et la force. Quelle douceur de s'entendre dire par Notre-Seigneur : Sus-iinuisii propier nomen meum et non de fecistil
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22 octobre. — Beaio Peiro Apasiolo fidem, subjectionem ei obedieniiam, secwndum canonicam auetoriUUem, per omnia exhibere volo.
(PontificaL)
Il tant bien m'instmire sur tout cela, et bien remplir mon ftme des pins grands sentiments catholiques à cet égard.
Mares meos ab amni malo ten^perare, et, quantum potero. Domino adjuvanie, ad omne bonum commutare volo. (Pontifical.)
G*est admirable ; tout est là. Et avec quelle simplicité, quelle sagesse, quel ménagement pour l'infirmité humaine !
Temperare quantum potero. Domino adjuvante. — Voilà, quel doit être le grand efibrt de ma vie.
Mores meos. — Mes inclinations, mes habitudes, mes manies... J'ai d'innombrables et très fâcheux défauts... Présomption d'esprit, de caractère, d'action. •• Je crois tout facile, prompt à faire, pour moi comme pour les autres... Je me fie trop vite aux gens , aux choses. . • Je n'aime pas les difficultés ; je ne les suppose pas. De là les mécomptes, les tristesses, le découragement. De là encore les exigences impérieuses, les précipitations , les vivacités. . . Voilà ce qu'il faut ab omni malo temperare, et ad omne bonum commtUare.
Dû mÊODÊBm CÊÊSâmiân tt émcere tml». (Pou-
eim Êen^mis mefoiiis vd imois
frtifiiùas (PtetificaL)
Je dois bôôr Dien de oe que, parmaTocaliaii Hacrwliitolff el par Foidie providentiel de ma TÎe, d^ois lovgteaups, je ne suis guère oceopé que de choses samatarelles et diriiies. Un prêtre de paroisBe, im catéchiste Test pins «utièreme&t, plus h e ur e oa eiiiqit qne moi cependant. Pour moi, il fmt que toat soit fiit an moins au pmnt de tk divin, soit oonséqoemment rapporté à la chose divine.
Cest him à peu près comme cela. Mais cela doit être peifeeti«mné parlaporeté etlasoUimité constante des motife.., parla vertu de la vie intérieore.
Un évéqne court grand risque de devenir un administrateur tout humain des choses divines. . * Plus de médication; plus de confession ; ne plus voir les âmes que de loin I Je ne sais si
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c'est là ce qae IKeu Tcot. Pour la prédication , certainement mm. Quant aux iurpibus lucris, y prendre garde poor les bonnes œnvres.
29 octobre. — Vis hundUtatem et paiieniiam in teipso cusiodire? Volo. (Pontifical.)
C'est bien difficile, mais c'est bien nécessaire.
Sans humilité, on est abominable devant Dien. C'est rhnmilité qui attire les bénédictions de Dieu : kumilibus dot graiiam.
Sans patience, on est incapable de rien fiadre avec les hommes. — C'est la patience qni fait les œuvres : opusperfecium habet. On ne peut rien sans elle, on pent toat par elle. C'est la patience qui fonde, qui édifie, qui achève et couronne, qui maintient. . .
Ubi est fortitudo tuuj patientia tua, etperfectio viarumtuarum? — La vraie force, la patience et la perfection sont sœurs, elles vont ensemble , elles sont une même chose.
31 octobre. — Quel redoutable temps ! quelles luttes ! quels périls pour l'Eglise ! Allons ! tout pour le ciel et pour rétemité.
1^ novembre. — Jour de grand labeur et de bénédiction de Dieu, par l'intercession de tous les saints. Du moins, je le demande et je l'espère.
2 novembre. — Pauperibus et peregrinis
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Pontif.) n est j«se, înterprète de la foi : -V:.V \r*i
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judex, nisi valeas virtute irrumpere tniguitales.
A novembre. — Puis on dît les litanies. Tont y est admirable ; tout y prend un sens sublime. On invoque les anges, les prophètes, les patriarches, les apdtres et les évangélistes, les disciples du Seigneur, les innocents, les martyrs, les pontifes, les confesseurs, les docteurs, les anachorètes, les vierges, les veuves.
Quelle famille de grandes &mes dans l'Eglise catbolicjue ! Toutes ces saintes âmes, toutes ces formes diverses ci vivantes de la grâce, delà sainteté de Dieu, qui ont été la force, l'ornement, la gloire de l'EgliBc, qui s'y intéressent encore si ardemment, on lesinvoque pour la consécration de l'évoque, eomme pour la chose la plus importante à cette sainte Eglise; on les supplie... Tout le ciel doit se mettre en prières à. cette heure solennelle...
Pendant ces litanies, l'év&que consacré est prosterné la face ccmtre terre, le visage toumé vers l'autel, anéanti devant Dieu, absolument séparé du monde et de toute chose créée, consacre en un mot ; tandis que toutes le& prières des saints au ciel et sur là terre, l'environneat, le couvrent, le protègent...
Et c'est après les litanies, avant les dernières invocations qu'on le consacre solennellement