INTRODUCTION
Nous ne croyons pas exagérer en disant que, depuis le commencement de ce siècle, aucun nom, dans Tépiscopat français, n'a eu un éclat comparable à celui de Mgr Dupanloup.
Pendant plus de trente ans, non seulement la France, mais l'Italie, la Belgique, TAngletcrrc, l'Irlande, l'Amérique, ont retenti du bruit de ses polémiques. Mgr Dupanloup a été, dans toute la force du terme, un évêque illustre. Et cependant, hâtons-nous de le dire, il n'a été, malgré sa renommée, qu'imparfaitement connu.
Le grand public a surtout admiré en lui l'infatigable défenseur de l'Ëglise et du Saint- Siège, le courageux athlète toujours prêt à livrer bataille à l'erreur , la sentinelle vigilante
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et attentive voyant de loin et signalant dangers qui menaçaient la rel^ion et imes.
Dans les limites pins étroites de son diocèse, on a pa apprécier en loi l'évèqne tout entier an soin dn troopean qui lui avait été contié, étendant à tout sa sollicitude, administrant les paroisses, organisant les catéchismes, instituant et enconrageant les œuvres, se faisant prédicateur et apôtre pour ramènera Dieu ses diocésains, et l'on sait avec quel succès.
Enfin, à l'égard des âmes qui eurent le bonheur d'être placées sous sa conduite, il se révéla comme un directeur éminent, comme un maître expérimenté dans les voies intérieures. Il fut pour elles un guide sAr dont les conseils en aidèrent plusieurs à s'élever jusqu'aux plus hauts sommets de la perfec> tion.
Mais il y a dans la vie de Mgr Dupanloup an aspect que l'ombre recouvre, que le pnblic ne soupçonne pas, que ses familiers euxmêmes n'ont pénétré qu'imparfaitement, nous voulons parler de sa vie intime, de sa piélé, du travail de perfection auquel il se livrait.
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On a TU en loi Thomme d'action ; on n'a pas vu on l'on n'a yu qu'imparfaitement Thomme intérieur et surtout le prêtre. Le beau livre de Mgr Lagrange renferme, il est vrai, à cet égard, des renseignements précieux ; mais ces renseignements sont pour ainsi dire, noyés dans les grands faits dont se compose la vie extérieure de Mgr Dupanloup; ils sont, d'ailleurs, en trop petit nombre et ne suflBsent pas pour faire ressortir, comme il le faudrait, cet aspect si particulièrement attachant de la vie du grand évêque.
Nous voudrions combler cette lacune. Pour nous permettre de le faire, la Providence a mis entre nos mains un trésor d'un prix inestimable dans lequel nous n'aurons qu'à puiser. C'est le Journal ou, chaque soir, ^Igr Dupanloup notait les faits saillants de la journée et les impressions qu'ils lui avaient suggérées. Ce journal va de l'année 1819 à Tannée 1876. Il comprend donc en entier la vie de Mgr Dupanloup, né en 1802 et mort en 1878.
Hâtons-nous de dire que ce Journal ne ressemble en rien à ces Mémoires destinés à
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\-oir le jour et dans Icsqaeb od sent qne l'aaleor, font en afiectant le laisser allerd'une causerie intime, a manifestement devant les yeux la perspective da pnblîc qni doit le lire e t le juger. Les notes de Mt^r Dupanlonp sont pour lui seul; la préoccupalioD d'un public quelconqae n'y a aucune part. Il ne s'inspire que du beswn de jeter sur le papier les pensées qui remplissent son âme. les bons sentiments que Dieu produit en lui dans la prière, les rf-ylcs' de vie qu'il se propose de suivre. Quant À l'éventualité d'unepublication, il est évident que uon seulement il n'y a pas songé, mais qu'il s'y serait éner^quement refusé. Il suffît, pour s'en convaincre, de jeter on coup d'œil sur les pa^es de ce Journal intime. X^ forme en est absolument négligée; il est manifeste que l'auteur, en les écrivant, n'avait aucun souci de rédaction. Ce sont des pensées jetées iiu liusard, sans ordre et sans suite, se rapl>ori:intaux objets les plus disparates. AjoulonH que ces pensées sont souvent exprimées sotis une forme énigmatique, inintelligible [<i>iir tout autre que pour l'écrivain lui-même, ifarase inachevée, quelquefois un