‹ Journal intime'Chapitre 27 sur 37 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

Ce que nons possédons du Journal intime deMgrDupanloupne vapasaudelàde 1876.

Deux années plus tard, le 11 octobre 1878, le grand évëque tennïnait sa noble et sainte vie, au château de la Combe. A-t-il prolongé son Journal jusqu'à cette dernière date ? Nous l'ignorons et ses papiers soigneusement compulsés, ne nous ont donné là-dessus aucune lumière. Notre tâche est donc forcément achevée.

Lorsque, pour la première fois, il nous fut donné de jeter an coup d'œil sur le volumineux manuscrit dans lequel Mgr Dnpanlonp déposait chaque jour ses pensées les plus secrètes

et qu'il appelait son Mémorandum, nous entrevîmes qu'il y avait là une mine très riche à exploiter. Nous n'avons pas été trompé dans nos prévisions. Confirmé par d'honorables encouragements dans le dessein de faire le dépouillement de ces notes et d'en extraire tout ce qui pouvait contribuer à mettre dans tout son jour l'âme de Mgr Dupanloup, envisagée par son côté sacerdotal, nous nous sommes mis à l'œuvre.

Notre rôle a été facile. Il ne s'agissait pas pour nous d'un travail personnel; mais uniquement de la reproduction fidèle et consciencieuse des textes tracés par la plume de l'évêque. Nous ne sommes pas sortis de ce programme* Ce ne sont donc pas nos jugements et nos appréciations que nous livrons au public ; ce sont les pensées de Mgr Dupanloup. Nous en avons respecté non seulement le fond, mais la forme ; nous les avons reproduites dans leur naïveté, dans leur décousu; avec les négligences de style qui s'y rencontrent, les phrases inachevées, les indications parfois énigmatiques ; preuves authentiques que c'était bien pour lui seul et non pour le public

que révoque d'Orléans écrivait. Il résulte de là sans doute que le présent volume n'est pas une œuvre d'art. Bien mieux que cela, il est la révélation d'une grande et belle âme, qui s'y épanche devant Dieu et devant sa conscience, qui s'humilie de ses faiblesses et, en reconnaissant les dons de Dieu et ses grandes miséricordes, s'excite à y correspondre avec une fidélité de plus en plus grande, et à devenir un saint.

Ceux qui ont eu le bonheur de vivre dans l'intimité de Mgr Dupanloup n'auront ép rouvé aucune surprise à la lecture de son Journal.

Ils savent en effet que pour lui ce qui dominait toutes choses, ce qui devait passer avant tout, c'était la piété, et, comme il le répète presque à chaque page de ses notes, la vie intérieure. Néanmoins, pour eux aussi, cette lecture, en faisant renaître dans leur flme de chers souvenirs, aura eu son intérêt et son charme.

Nous avons goûté nous-même une grande douceur à parcourir les pages du précieux manuscrit. Depuis le jour où nous avons connu Mgr Dupanloup, il a été pour nous

sa

l'objet de la plus respectueuse admiration, et, nous osons le dire, du plus filial attachement. Mais, combien à mesure que nous avancions dans notre travail, ces sentiments grandissaient et se développaient en nous ! De quelle vive et pieuse émotion n'étions-nous pas pénétré au spectacle de cette âme de prêtre et d' évoque qui se dévoilait devant nous et nous révélait le secret de ses pensées les plus cachées ! Il nous semblait que le grand évêque que nous avions tant aimé et tant vénéré, revivait sous nos yeux. Nous le sentions présent, nous le voyions, nous l'entendions. C'était bien lui, non tel qu'il apparaissait à ceux qui ne l'avaient vu que de loin dans ses discours ou dans ses brochures, mais tel qu'il se montrait dans l'intimité à ses familiers, sachant unir à la dignité et à la grandeur, la bonté, la simplicité, l'affabilité la plus affectueuse.

Bien qu'il ait été un homme de conciliation et de pacification, cherchant toujours dans les hommes, comme il se plaisait à le dire, non ce qui divise, mais ce qui rapproche, il a été entraîné, par des circonstances provi-

dentielles, dans de nombreuse luttes ; et comme tous les militants, il a rencontré des adversaires, parfois des ennemis. Si aujourd'hui encore, après tant d'années, les animosités et les défiances dont il avait été l'objet de la part de plusieurs, n'avaient pas entièrement disparu, il est impossible qu'en lisant les pages que nous publions, tous ne s'accordent pas à reconnaître que dans toutes ses polémiques, Mgr Dupanloup a toujours été d'une parfaite sincérité, que ses intentions ont été droites, et que, étranger à toute préoccupation personnelle, il ne s'est inspiré dans tout ce qu'il a fait et écrit que de son amour pour Dieu, l'Église et les âmes. Ces pages, nous l'espérons, seront donc, pour sa mémoire la meilleure de toutes les défenses, et la plus éloquente apologie. En mettant dans son véritable jour cette grande figure d'évêque, elles contribueront à dissiper bien des nuages> à faire cesser bien des malentendus et montreront à plusieurs dans Févëque d'Orléans, un homme qu'ils ne soupçonnaient pas. Ce sera le premier fruit de notre travail.

Signalons-en un autre de non moindre

importance. Le Journal intime renferme un utile enseignement et nous met sous les yeux un grand exemple. Il montre comment, par Fapplicationconstanteetinviolablementfidèle aux exercices de la piété chrétienne, on peut, au milieu même des agitations de la vie la plus laborieuse, trouver Dieu, lui demeurer uni, et s'élever ainsi jusqu'à l'éminente sainteté. Mgr Dupanloup a su découvrir et mettre en pratique ce secret. Il a été un travailleur infatigable et un contemplatif, un lutteur ardent et un prêtre pieux, un homme d'action et un homme d'oraison. Beau modèle proposé à l'imitation de tous, de ceux surtout que Dieu

appelle à servir la sainte Eglise, comme Mgr Dupanloup, non dans le repos et le calme de la solitude, mais dans le tumulte des affaires, les sollicitudes du zèle, les préoccupations absorbantes d'un labeur sans merci.

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