PREFACE
5)jj<^o,ep VEC le présent volume se clôt la publication '^^/\'\A^, des œuvres posthumes inédites de Sully Prud-
cî/f^Vo liomme confiée, selon ses dernières volontés, à ^és^-à^ ses héritiers littéraires, MM. Auguste Dorchain, Alhert-Èmile Sorel, Camille Hémon et Désiré Lemerre. Déjà avaient paru en ipoS, un an après la mort du poète, les Epaves, sixième recueil de ses poèmes, puis en ipop le Lien social, œuvre philosophique en prose reconstituée d'après les manuscrifs inachevés de l'auteur par le signataire de ces lignes. Les années de guerre ont longtemps retardé la mise au point, puis l'édition de cet ultime recueil oh sont réunies les pages les plus suggestives peutêtre que Sully Prudhomme ait écrites : Journal intime, rédigé d'une façon intermittente entre i86j et i86p, V^r\sées, fragments de Lettres, où sous la forme la plus variée, la plus libre et souvent la plus profonde le grand poète
Il PRÉFACE
philosophe a fixé pour Ud-méme on pour ses plus proches amis le fruit de ses méditations. Quoiqu'il soit livré le dernier au public, c'est aux débuts, puis a l'apogée de la carrière littéraire de l'auteur que ce livre reportera le lecteur, entre 1862 et 18/8, c'est-à-dire des années qui précédèrent la première publication des Stances et Poèmes (186 <j) à l'époque où furent composés le poème de la Justice, les Destins, le Zénith et une partie des poésies groupées dans le Prisme. Seules, les Lettres philosophiques adressées par Sully Prudhomme a ses disciples et amis A.-E. Sorel et C. Hémon appartiennent à la vieillesse de l'auteur, lorsqu'il s'était peu à peu détaché de la poésie pour se vouer entièrement à la spéculation philosophique et à la composition d'ouvrages en prose. Qu'il nous soit permis de donner quelques brèves indications sur l'origine et le caractère des diverses parties de ce recueil posthume et sur le genre d'intérêt qu'elles ont paru présenter aux yeux de ceux qui en assurent pieusement aujourd'hui la publication.
Ce n'est que dans sa première jeunesse que Sully Prudhomme a noté au jour le jour, sous la forme d'une sorte de Journal intime, ou, selon son expression même, de « Notes quotidiennes », ses impressions, les menus événements de sa vie et surtout ses idées. Il ne l'a fait d'ailleurs que d'une façon très intermittente, sur des cahiers ou des carnets où ses notes sont mélangées à des brouillons de poésies, jusqu'au jour où ces derniers seuls subsistent parmi des réflexions de plus en plus clairsemées, brèves et non datées. C'est ainsi que le cahier de 186^, — l'un des plus précieux autographes de Sully Prudhomme, — contient, parmi les notes dont