Interpolations et variantes, § LXXV. I
4. Interpolations et variantes, § LXXVI. — Dès le 11 octobre 1471, Louis XI écrit au seigneur de Bressuire .- « Je suis esté adverty que les forces qu'a mon beau frère de Guyenne s'ap- i
Armaignac et aussi le conte de Foix et autres assemblèrent en leur pays gens de guerre, feignans de vouloir faire guerre au roy, lequel, pour ce leur empescher, y envoya sur la marche dudit pays de Guienne cinq cens lances et certain nombre de frans archers, avecques grant nombre de son artillerie, qui depuis ce y fut et séjourna par long temps, pendant lequel vint et fut nouvelles que mondit seigneur de Guienne estoit mort à Bordeaulx, dont il n'estoit riens^.
Oudit temps aussi furent envoiez par diverses foiz, de par le roy, ambasseurs pardevers le duc de Bourgongne pour le fait de la tresve d'entre eulx, qui failloit le iiii® jour de may IIIP LXXIF. Et y estoient encores, audit premier jour de may, le sire de Craon, maistre Pierre d'Oriole et autres.
prestent pour entrer en noz pays, que Dieu ne veuille! » Le 22 décembre suivant, il annonçait encore au grand maître que son frère avait rendu ses terres au comte d'Armagnac (Vaesen, Lettres de Louis XI, IV, 281, 294).
1. Interpolations et variantes, § LXXVII. — Cette prise d'armes fut la conséquence d'une entente générale des ennemis du roi (voy. l'Instruction pour Poucet de Rivière, Guill. de Soupplainville et autres envoyés en Bourgogne par le duc de Bretagne, 17 avril 1472, dans Histoire de Bourgogne, t. IV, p. cccxvi). Louis XI expédia sur la Garonne Ruffet de Balsac, Gaston du Lyon et les autres sénéchaux du Midi, qui occupèrent aussitôt le Quercy et l'Agenais, passèrent le fleuve et saisirent en quelques jours presque toutes les places de l'Armagnac. Jean V se jeta dans Lectoure, où il ne tarda pas à être assiégé. Il capitula après la mort du duc de Guyenne devant les renforts amenés à Ruffet de Balsac et à du Lyon par Pierre de Bourbon, sire de Beaujeu, nommé lieutenant général du roi en Guyenne (17 juin 1472) (voy. Louis XI, Jean d'Armagnac, etc., cité, p. 21-24).
2. Les instructions des ambassadeurs de Louis XI, datées de Montils-lès-Tours, le 10 mars 1471 (v. st.), sont imprimées aux Preuves de Y Histoire de Bourgogne, IV, p. cccxui. Cf. Commynes, éd. Dupont, I, 277 et suiv.
Et, ledit premier jour de may CGGCLXXII, fut faicte à Paris une moult belle et notable procession en l'église de Paris et fait ung preschement bien solennel par ung docteur en théologie nommé maistre Jehan Brete, natif de ToursS lequel dist et declaira entre autres choses que le roy, aiant singulière confidence en la benoiste, glorieuse vierge Marie, prioit et exhortoit son bon populaire, manans et habitans de sa cité de Paris, que d'ores en avant, à l'eure de midi que sonneroit à l'église dudit Paris la grosse cloche, chascun feust fléchi ung genoil en terre en disant Ave Maria, pour donner bonne paix et union ou royaume de France^. Et, après ladicte procession faite. Révérend Père en Dieu monseigneur l'evesque de Paris cheut malade d'une maladie, de laquelle ce mesme jour il ala de vie à trespas, dont fut grant dommage et fut fort pleuré, car il estoit saincte et bonne personne et grant clerc. Et ce jour furent en son hostel episcopal grant populaire de la ville de Paris, tant hommes, femmes que enfans, le veoir mort en sa chappelle haulte estant au bout de la grant sale dudit hostel, et ilec par ledit peuple fut moult piteusement pleuré et pour son ame dévotement prié, et au partir lui baisoient les piez et les mains ; et disoient la pluspart d'iceulx qu'ilz creoient fermement que ledit evesque feust sainct et
1. Jean Brette, chanoine de l'église de Tours, professeur a in sacra pagina » au collège du Plessis, à Paris (Folibien, Histoire de Paris, III, 378^*).
2. Au mois de mars 1472 (n. st.), Louis XI fit don aux tilles et femmes du tiers ordre de Saint - François du monastère des Béguines, sis près les Célestins, à Paris, et ordonna que cette maison fut désormais appelée VAvc Maria. Cette fondation parait due surtout à la piété de la reine Charlotte (Lenglet, III, 178 et 180).
bien aymé de Dieu. Et, le xv® jour dudit moys de may, le roy envoya lettres aux prevost des marchans et eschevins et bourgoys dudit lieu, par lesquelles il leur faisoit savoir que ledit evesque, en son vivant, lui avoit esté mauvais et non aymé son prouflfit, et qu'il avoit eu intelligence avecques le duc de Bourgongne et autres princes et seigneurs qui avoient esté devant la ville de Paris durant le Bien Publique, et que, pour leur donner faveur, en icelle ville avoit suborné plusieurs desdiz habitans ; et que, pour ces causes et afin qu'il en feust mémoire, ordonna estre faicte et mise sur son corps ung tableau ou epytaphe contenant les choses dessusdictes ; lequel epitaphe fut fait faire par les dessusdiz jusques à l'asseoir*.
En ce temps, oudit moys de may, la trefve d'entre le roy et le duc de Bourgongne, qui failloit au nif jour dudit moys, fut de rechef continuée jusques au xv" jour de juing ensuivant.
Oudit moys de may, le duc de Galabre, nepveu du roi de Secile et de Jherusalem, à qui le roy avoit fait tant de honneur de lui donner sa fille ainsnée en femme et espouse, s'en ala hors de sa duchié de Lorraine, pardevers ledit duc de Bourgongne, pour traicter d'avoir et espouser sa fille, en délaissant, en ce faisant, ladicte fille du roy, sa femme, qui fut chose moult estrange à lui de ainsi faulser sa foy et soy ainsi abaisser de délaisser la propre fille ainsnée du roy, son
1. Sur les motifs de la rancune de Louis XI contre l'évêque Chartier, voyez plus haut, p. 71. Le Gallia chrisliana (t. VII, p. 150 et suiv.) donne le texte d'une epitaphe consacrée à la louange de ce prélat, qui fut rétablie après la mort de Louis XI dans le chœur de Notre-Dame.
souverain seigneur, pour cuider avoir et prendre la fille dudit de Bourgongne, subject et vassal du roy^.
Et, par avant ces choses, ledit de Bourgongne avoit fait et fait faire moult de guerre ou royaume de France à la faveur de mondit seigneur de Guienne, feignant à ceste cause de lui donner et bailler sadicte fille, dont il ne fist riens, mais fist tout le contraire, en abusant iceulx seigneurs et plusieurs autres soubz umbre dudit mariage 2.
Et, le jeudi xim® jour dudit moys de may IIIPLXXII, advint par maie fortune que tout le comble et fcste de l'église Nostre-Dame de Glery près Orléans, que le roy avoit fait faire ^ et édifier de nouvel, et où il y avoit moult noble et belle couverture, tant de charpenterie de bois que d'ardoise et de plomb, fut toute arse et bruye et tout tumbé en bas et par terre, parceque ujig plombeur, besongnant en icelle couverture, s'en dévala en bas et laissa le feu où il chaufoit les fers à soulder en icelle couverture sans aucune garde ; et lequel feu le vent acueilli tellement qu'il s'envola et dispersa au long d'icelle charpenterie et couverture,
1. Nicolas, duc de Calabre et de Lorraine depuis la mort de son père (décembre 1470), conclut le 25 mai 1472, à Arras, un traité d'amitié et d'alliance avec le duc de Bourgogne, et le 13 juin suivant fut fiancé à sa fille. Cet accord fut annulé du consentement des deux parties le 5 novembre de la même année (Lenglet, III, 189-195). Nicolas était le petit-fils et non le neveu du roi René.
2. Interpolations et variantes, § LXXVIII. — Dès le commencement du mois d'août 1471, Louis XI était informé que son frère avait envoyé à Rome l'évêque de Montauban afin d'obtenir du pape une dispense de parenté qui lui permît d'épouser Marie de Bourgogne (Lenglet, III, 160 et suiv. Cf. Vaesen, Lettres de Louis XI, IV, Pièces justif., p. 352-360).