‹ Journal (volume 2)Chapitre 109 sur 163 · Jean de la Driesche · texte numérisé non relu

Jean de la Driesche

2. Louis XI arriva à Paris le 23 et y resta les 24 et 25 juin (Itin. cité).

3. Le 8 juillet, Louis XI écrit au duc de Milan : « Je croy que devant la réception de ces présentes vous aurez oyes nouvelles de la mort de mon feu neveu et le vostre, Charles, prince de Pyemont, de laquelle j'ay esté et suis très dolent... » (Vaesen, IV, 246). Le prince, depuis longtemps malade, succomba dans les tout premiers jours du mois, au moment où son royal oncle allait l'envoyer au secours de sa mère, la duchesse Yolande, que ses beaux-frères Philippe de Savoie, seigneur de Bresse, et Jacques de Savoie, comte de Romont, tenaient assiégée dans Montmélian.

dénoncer aux commissaires sur ce ordonnez, et on donneroit trois cens escuz d'or au dénonciateur, et qui le sauroit et ne le venroit declairer auroit le col couppé. Et pour souspeçon de ce fut mis et constitué prisonnier ung jeune escolier de Paris, nommé maistre Pierre Le Mercier, fîlz d'un lunetier du Palais, qui peu de temps après fut délivré non chargé du cas. Aussi y fut mis et constitué prisonnier maistre Henry Mariete, qui avoit esté lieutenant criminel de la prevosté de Paris, tant pour raison desdiz epitaphes que aussi pour aucunes injures ou paroles par lui dictes, comme on disoit, de maistre Jehan de la Driesche, trésorier de France; et puis fut délivré icellui Mariete par la court de Parlement et mis hors des prisons de la Conciergerie, où il estoit détenu pour ceste cause*.

Ou moys de juillet oudit an LXXI, mourut monseigneur le conte d'Eu^, qui fut moult grant dommage, car c'estoit ung moult noble, sage et bon seigneur, et qui de tout son povoir avoit bien et loyaument servy le roy et fort aymé le bien et utilité du roy et de son royaume. Et fut mise ladicte conté d'Eu en la main du roy et mise et baillée es mains dudit monseigneur le connestable, à la grant desplaisance de monseigneur

1 . Sur les menées du connétable qui avait poussé à la guerre pour occuper le roi, puis empêcha les Français de presser les Bourguignons , tandis qu'il machinait d'autre part le mariage de la fille du duc de Bourgogne avec le duc de Guyenne, voyez Commynes, éd. Dupont, I, 217 et suiv. Saint-Pol était très impopulaire à Paris.

2. Charles d'Artois mourut le 25 juillet à l'âge de soixante-dixhuit ans. Anselme (I, 390) et Moréri le font mourir en 1472. Fait prisonnier à Azincourt en 1415, il avait passé vingt-trois années en Angleterre.

le conte de Nevers, frère dudit seigneur d'Eu^, et qui après ladicte mort cuidoit bien joyr de ladicte conté d'Eu et des autres terres dudit defunct comme son vray héritier^.

Depuis ledit moys de juillet jusques au jour de Noël ensuivant, ne fut riens fait oudit royaume de France, sinon que les ambasseurs du roy et de mondit seigneur de Bourgongne firent plusieurs alées et venues les ungs avecques les autres pour pacifier et trouver moien de paix et accord entre eulx.

En ladicte année fut mortalité commune et universelle par la pluspart dudit royaume de maladie de flux de ventre et autres maladies, à cause de quoy plusieurs gens de façon moururent en ladicte ville de Paris et ailleurs^.

Oudit an, monseigneur de Guienne, qui s'en estoit retourné audit pays de Guienne après le retour d'Amiens, devint mal content du roy et manda venir à lui le conte d'Armaignac, qui avoit esté fugitif hors du royaume et duquel le roy avoit mis sadicte conté en sa main, qui y vint. Et puis mondit seigneur lui rendi la pluspart de sadicte conté contre le gré et voulenté du roy*. En après, lesdiz de Guienne et

1. Jean de Bourgogne, comte de Nevers, né le 25 octobre 1415, mort le 25 septembre 1491, était fils de Philippe de Bourgogne, comte de Nevers, et de Bonne d'Artois. Il avait abandonné la cause bourguignonne pour servir Louis XI. Il était non pas le frère, mais le neveu du comte d'Eu, dont sa mère était la sœur.

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