‹ Journal (volume 2)Chapitre 121 sur 163 · Interpolations et variantes, § XGIII · texte numérisé non relu

Interpolations et variantes, § XGIII

2. Une trêve de six semaines fut conclue le 15 octobre 1472 au nom du duc de Bretagne par Piiilippe des Essarts, seigneur de Thieux, et par Guillaume de Soupplainville. II fut stipulé que Louis XI évacuerait les places qu'il occupait en Bretagne, à l'exc(q)tion d'Ancenis. Le duc François ratifia la trêve on date du 2(i octobre, et c'est dans ces lettres de ratilication que sont nommés les « amis et alliés » du duc, savoir « les ducs de Bourgogne et de Calabre, leurs pays, subjets et serviteurs, si compris y veulent

ledit temps durant, aussi pour lui, ses amis et aliez, qu'il declaira estre l'empereur d'Alemaigne, les roys d'Angleterre, Escoce, Portugal, Espaigne, Arragon, Secile et autres roys jusques au nombre de sept, et plusieurs autres ducs et grans seigneurs'.

En ce temps acoucha d'un filz la bonne royne de France, qu'on appella monseigneur de Berry, qui ne vesqui gueres^.

Vers la fin du moys d'octobre, advint que monseigneur de Beaujeu, frère de monseigneur le duc de Bourbon, qui estoit aie par l'ordonnance du roy ou pays d'Armaignac comme gouverneur de Guienne, lequel estoit bien acompaigné de grans seigneurs et nobles hommes, lui estant dedens la ville et cité de Lestore oudit pays, fut par trahison prins et mis es mains dudit conte d'Armaignac, lequel, au moien d'icelle prinse, recouvra ladicte cité^. Et, puis après

estre » (Lenglet, III, 228 et suiv. Cf. Commynes, éd. Dupont, I, 291 et suiv.). Cette trêve fut prolongée pour un an à partir du 23 novembre 1472 (Lenglet, lU, 235-238).

1. C'est la trêve du roi avec la Bourgogne, conclue le 3 novembre 1472 par le connétable pour Louis XI et pour le duc Charles par les seigneurs de Croy, d'Humbercourt et d'Aymeries, et non pas celle passée avec les Bretons, qui devait prendre fin le 1er avril 1473. Étaient compris dans cet accord du côté bourguignon, outre les souverains nommés ci-dessus, les rois de Hongrie et de Pologne, les ducs de Bretagne, de Calabre et de Lorraine, la duchesse de Savoie et son fils, le comte de Romont et la maison de Savoie, le duc d'Autriche, la seigneurie de Venise, le comte Palatin, le duc de Gueldres.

2. Interpolations et variantes, § XCIV. — La nourrice de François, duc de Berry, Jeanne Garnière, figurait encore aux gages de 50 1. t. dans la maison de la reine Charlotte, en 1483 (Bibl. nat., ms. fr. 15538, fol. 63).

3. Pierre de Bourbon, sire de Beaujeu, venait d'arriver à Lectoure pour se mettre à la tète d'une expédition destinée à pour-

icelle prinse, ledit d'Armaignac délivra plusieurs des seigneurs estans avec ledit seigneur de Beaujeu, qui depuis furent prins de par le roy pour ce qu'il avoit souspeçon qu'ilz eussent esté cause de la prinse dudit seigneur de Beaujeu, et furent menez prisonniers ou chasteau de Loches. Et de ladicte prinse dudit de Beaujeu fut le roy moult dolent, et, pour le ravoir, envoia devant icelle cité de ses gens de guerre et artillerie en grant nombre \ et lui mesmes ala jusques à Poictiers, à la Rochelle et ou pays d'environ, et y estoit le jour saint Andry [30 novembre], oudit an LXXII, et puis s'en retourna à Angers^.

Et, à cause de ladicte prinse, y ot ung gentilhomme, serviteur dudit monseigneur de Beaujeu, nommé Jehan Deymier, qui estoit prisonnier oudit lieu de Loches^, lequel fust escartelé en la ville de Tours, pour ce qu'il confessa avoir esté traistre au roy et à sondit maistre ; et, à l'eure qu'il deust mourir, parla moult honnorablement et publiquement devant tous dudit seigneur de Beaujeu, en disant par lui qu'il estoit bon et leal et qu'il n'avoit riens sceu de ladicte trahison, mais d'icelle en charga fort le Gabdet d'Albret, sei-

suivre et à saisir Jean V d'Armagnac. Mais celui-ci, averti par le Cadet d'Albret, son cousin, qui feignait un grand attactiement à la cause royale, réussit à surprendre la ville de Lectoure, à peu près dégarnie de troupes et toute pleine de ses partisans (19 octobre 1472). Beaujeu et ses compagnons se laissèrent prendre au lit (voy. les détails de cet épisode dans l'extrait cité de la Revue historique, année 1888, Louis XI, Jean V d'Armagnac, etc., p. 31 et suiv.).

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