‹ Journal (volume 2)Chapitre 127 sur 163 · février iàl\ (n. st · texte numérisé non relu

février iàl\ (n. st

OU pays de Champaigne et y demourerent plus de deux moys, et puis s'en retourna chascun en sa maison, sans riens faire ^.

Oudit temps, ledit Bourguignon amena l'empereur d'Alemaigne jusques à Luxembourg, et fut ledit empereur dedens la ville de Metz pour les enhorter de bouter ledit de Bourgongne en ladicte ville, ce qu'ilz ne vouldrent pas faire. Et s'en retourna ledit empereur audit lieu de Luxembourg, et d'ilec s'en retourna en Alemaigne^.

En ce temps, ledit de Bourgongne envoya à Venise pour emprunter de l'argent aux Veniciens, et d'icellui argent en souldoier vi"^ lances du pays pour le temps de trois moys, et passèrent par la duchié de Milan et s'en vindrent joindre ou hault pays de Bourgongne avecques les subgetz dudit duc, pour ce qu'ilz n'estoient pas assez fors pour grever l'armée du roy qu'il avoit fait loger sur les marches dudit duchié de Bourgongne^.

1. Sur les craintes causées par la présence du duc de Bourgogne en Lorraine et en Alsace, voyez nos Relations de Charles VII et de Louis XI avec les cantons suisses (Paris, 1881, in-8°, p. 107 etsuiv.).

2. Frédéric IV quitta Bâle le 9 septembre, entra à Metz le 18, y séjourna jusqu'au 27 et arriva à Trêves le 29. Le duc de Bourgogne était à Luxembourg avec son armée. Le projet primitif des deux princes avait été de se rencontrer à Metz pour la cérémonie de l'investiture à Charles le Hardi du duché de Gueldres ; mais les Messins, redoutant un guet-apens, refusèrent absolument de livrer aux Bourguignons un des portails de leur cité (Ghmel, Monumenta Habsburgica. Vienne, 1854, in-8°, p. li-lix). L'entrevue eut lieu à Trêves.

3. Antoine de Montjeu se rendit à Venise de la part du duc de Bourgogne dès le mois de juin 1473, et il y retourna en 1475 jiour traiter avec le célèbre condottiere Barthélémy GoUeone, de Bergame, que Charles le Hardi voulait attirer à son service. Montjeu

Oudit temps, le roy maria son ainsnée fille, que par avant il avoit promise au feu duc de Calabre, à monseigneur de Beaujeu, frère de monseigneur le duc de Bourbon * .

Oudit temps, les Bourguignons par trahison et emblée entrèrent ou pays de Nivernois et y prindrent des places de monseigneur de Nevers, comme Laroche, Ghastillon et autres.

Oudit temps se rassemblèrent à Gompiengne les

fut à cause de cela pris à partie par Louis XI (Preuves de l'histoire de Bourgogne, IV, p. cccxxn). Sur le passage des mercenaires italiens à travers la Savoie, le pays de Vaud et les défilés du Jura, de 1473 à 1475, voyez Gingins, Épisodes des guerres de Bourgogne, dans Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire de la Suisse romande, t. VIII, passim.

1. Pierre, seigneur de Beaujeu, né le 1" décembre 1438, avait alors près de trente-cinq ans. Son mariage avec Anne de France, qui fut accordé le 3 novembre 1473 à Jargeau, près Orléans (Contrat impr. par Lenglet, III, 345-347), fut célébré deux fois, la première au château de Montrichard, en présence de Philippe de Savoie, du comte de Dunois et d'autres. Peu après, on reconnut que les nouveaux époux étaient parents par le sang et de plus par alliance, Nicolas, duc de Calabre, qui avait été fiancé jadis à Anne, alors âgée de six ans, étant le neveu du seigneur de Beaujeu. Pour écarter cet empêchement, on obtint du légat du pape des lettres apostoliques adressées à l'archevêque de Lyon, Charles de Bourbon, qui, après un semblant de procédure, excommunia les époux et prononça leur divorce. Ils demeurèrent séparés trois ou quatre jours, Anne à Amboise, auprès de la reine sa mère, Beaujeu aux Montils, d'où il écrivait à M"* Anne « de gracieuses lettres » et l'invitait plaisamment à ne pas se pourvoir d'un nouvel époux. Enfin, les délais écoulés, l'archevêque de Lyon remit aux parties une dispense régulière et célébra une seconde fois leur union aux Montils-lès-Tours (Arch. nat., P 1367 <, cote 1539, examen de témoins du 28 août 1499). La dot d'Anne de France fut de 100,000 écus d'or, dont un tiers devait demeurer à la disposition du mari et les deux autres tiers former le propre héritage paternel de réponse.

ambasseurs du roy, qui auparavant avoient esté assemblez à Senlis, cuidant y trouver l'ambaxade ^ de Bourgongne, qui avoit promis y venir; lesquelz y firent longuement attendre lesdiz ambasseurs du roy, lesquelz s'en retournèrent à Paris, pour ce que lesdiz Bourguignons n'y venoient point. Et puis encores y retournèrent^ le moys de janvier, et y estoient le XV® jour dudit mois.

En ce temps fut nouvelles que ledit de Bourgongne, voyant qu'il n'avoit pas puissance de parvenir à destruire le royaume de France, ainsi que grant peine y avoit mis, conspira avecques ung nommé maistre Ythier Marchant, qui avoit esté serviteur de monseigneur de Guyenne, et avecques ung nommé Jehan Hardi, serviteur dudit maistre Ythier, qui s'en estoient retirez après ledit trespas devers ledit de Bourgongne, de trouver moien de faire mourir et empoisonner le roy. De laquelle chose faire ledit Hardi print à lui la charge, et, pour ce faire et acomplir, lui furent baillées lesdictes poisons, en lui promettant faire moult de biens, et de lui donner l™ escuz pour distribuer à cellui ou ceulx qui feroient ladicte execucion. Et si fut délivré argent audit Hardi pour faire ses despens en ladicte poursuite. Lequel Hardi, fol et enragé et non aiant Dieu devant les yeulx, et non voulant congnoistre que, se ladicte execucion eust esté acomplie, où Dieu a bien pourveu, tout le bon et très noble royaume de France estoit du tout perdu, destruit et exillé, s'en parti et tira tout droit où le roy estoit. Et, pour mettre sa dampnée entreprinse à execucion, et non congnois-

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