Interpolations et variantes, § GXXIV
et second presidens de Parlement, et autres notables et sages personnes en bien grant nombre vaquèrent et entendirent à bien grant diligence et solicitude à faire ledit procès, et, en faisant icellui, interroguerent ledit seigneur de Saint-Pol sur les charges et crimes à lui mis sus et imposez : ausquelz interrogatoires il respondi de bouche sur aucuns poins. Lesquelz interrogatoires et confessions furent mis au net et envoiez devers le roy ^ .
Et, le lundi im^jour de décembre, ouditan LXXV, advint que ung herault du roy, nommé Montjoye, natif du pays de Picardie, et qui faisoit la pluspart de sa résidence avecques ledit seigneur de Saint-Pol, lui estant connestable, vint et arriva, lui et ung sien filz, en la ville de Paris, pardevers maistre Jehan de la Driesche, président des Comptes et trésorier de France, natif du pays de Breban, pour lui apporter lettres de par le conte de Merle ^, sa femme et enfans, afin de secourir et aider par lui, en ce que possible lui seroit, audit connestable, père dudit conte de Merle. Lesquelles lettres il ne voult pas recevoir d'icellui herault, sinon en la présence de mondit seigneur le chancellier et des gens du conseil du roy. Et, à ceste cause, ledit de la Driesche mena et conduisy ledit herault jusques au logeis dudit monseigneur le chancellier, afin que par lui lesdictes lettres feussent veues
1. Interpolations et variantes, § GXXV. — Voy. ces procèsverbaux au manuscrit français 4795 de la Bibliothèque nationale, pap., xv« s.
2. Jean, comte de Marie et de Soissons, fils du premier mariage du comte de Saint-Pol avec Jeanne de Bar, chevalier de la Toison d'or, fut tué à la bataille de Morat, le 22 juin i476.
et ce qui dedens y estoit contenu. Mais, pour ce que ledit maistre Jehan de la Driesche demoura lonsuement au conseil avec icellui monseigneur le chancellier et autres, ledit Montjoye et sondit filz s'en retournèrent en leur logis, et ilec montèrent incontinent à cheval et s'en alerent au giste au Bourgel^ combien que à leur partement ilz dirent à leur hoste que, se aucun les demandoit, qu'il deist qu'ilz s'en estoient alez au giste au Bourg la Royne^. Et, quant ledit de la Driesche cuida trouver ledit herault pour avoir lesdictes lettres, ne le trouva point ; pourquoy fut hastivement envoyé après ledit herault jusques au Bourg la Royne, où il ne fut point trouvé ; mais fut trouvé par deux archers de la ville de Paris audit lieu du Bourgeel, et par eulx ramené le diraenche, tiers jour de décembre, oudit an, qui fut mené et conduit jusques en rOstel d'icelle ville, et ilec, devant les gens et conseil à ce ordonnez, fut ledit Montjoye et sondit filz chascun à part interrogué, et furent leurs deposicions rédigées et mises par escript par ledit sire Denis Hesselin. Et après ce, furent lesdiz Montjoye et sondit filz mis et laissez en la garde de Denis Baudart, archer de ladicte ville, et en son hostel ; ouquel lieu il fut et demoura par l'espace de xxv jours, et ilec bien et diligemment gardé avec sondit filz par trois des archers de ladicte ville.
Oudit temps, au commencement du moys de décembre, fut amené le conte de Roussy^, qui prisonnier