‹ Journal (volume 2)Chapitre 38 sur 163 · Cf. Du Glercq, IV · texte numérisé non relu

Cf. Du Glercq, IV

2. Au sud-est de la ville et aujourd'hui compris dans le X1II« arr.

3. Sur cet incident, on lira dans la déposition du procureur Jacques Rebours, au procès de Charles de Melun, des détails précis confirmant les dispositions douteuses d'une partie de la garnison de Paris (Bibl. nat., ms. fr. 2921, fol. 28 v» et suiv.).

faulsement et mauvaisement il avoit menty en disant lesdictes paroles, en priant et requérant icelles lui estre remises et pardonnées. Et après ot la langue percée dont il avoit proféré lesdictes paroles, et ce fait, fut banni.

Et, le lundi ensuivant [9 septembre], les Bourguignons se vindrent monstrer devant Paris, entre lesquelz y estoit monseigneur de, Saint-Pol, pour parler auquel le roy yssy dehors Paris, et parlèrent ensemble bien deux heures^. Et, pour s'en retourner seurement, le roy bailla pour lui en hostage monseigneur le conte du Maine, qui demoura en l'ost desdiz Bourguignons jusques au retour dudit monseigneur de Saint-Pol. Et, ce mesmes jour, le roy, en retournant des champs, dist à plusieurs de Paris estans à ladicte porte Saint-Anthoine que lesdiz Bourguignons ne leur donn[er]oient plus tant de peine qu'ilz avoient fait et qu'il les en gardoit bien. Et lors ung procureur de Chastellet, nommé Pierre Beron, lui respondi : « Voire! sire, mais ilz vendengent noz vignes et menguent noz roisins sans y savoir remédier ! » Et le roy leur répliqua qu'il valoit mieulx qu'ilz vendengassent lesdictes vignes et mengassent lesdiz roisins que ce qu'ilz vensissent dedens Paris prendre leurs tasses et vaillant qu'ilz avoient mis et mussez dedens leurs caves et celiers.

Et, le venredi ensuivant [13 septembre], vint et arriva es halles de Paris deux cens chevaulx tous chargez de marée et de toutes manières et sortes. Et y vint

1. Au delà des fossés et eu dehors de la porte Sainl-Autoine. Le roi et Saint-Pol « se départirent l'ung de l'autre, faisant bonne chère, pourquoi on osperoit que paix seroit faictc w (Mau* point, Journal, p. 7i).

aussi plusieurs saumons, esturgons et du herenc frès, en despit et maulgré de tous lesdiz Bourguignons, Bretons et autres ainsi estans devant Paris, qui avoient menacié ceulx de ladicte ville de leur faire menger leurs chas et leurs ras par famine.

Et depuis fut ladicte trefve continuée par deux ou trois foiz jusques au xvm® jour de septembre, pendant laquelle lesdiz Bretons et Bourguignons se avitaillerent fort en leur ost, à la grant charge et foule du pays et du peuple. Et n'est point à doubter que, quant le roy eust voulu dire Avant, et qu'il eust esté bien servy des gens de guerre prenans ses gaiges et souldées, aveo ques les nobles et peuple de Paris qui bonne devocion avoient au saint, il eust subjugué et mis tous sesdiz ennemis en tel estât que jamais ne feussent retournez dont ilz estoient partis pour venir devant ladicte ville.

Et, ledit jour de mercredi, xviii^ jour dudit mois de septembre, nonobstant le pourparlé desdiz ambasseurs de costé et d'autre, fut tout rompu et perdu le bon espoir qu'on avoit eu auparavant^.

Et, cedit jour, fut desemparé le siège que le roy avoit fait audit Port à l'Engloys, ouquel siège avoient esté faictes de belles trenchées et bolevers, tentes et paveillons. Et, après ledit desemparement, tous les gens de guerre estans oudit siège s'en vindrent retraire

1. La trêve conclue le 4 septembre devait expirer le vendredi 6, soleil levant. Elle fut d'abord étendue jusqu'au mercredi M, -soleil couchant, puis jusqu'au 14, enfin jusqu'au 18 septembre. Après plusieurs réunions « des états » consultés par Louis XI, les prétentions des rebelles furent définitivement repoussées. « Ilsdemandoient trop grans choses, et trop à la charge et au deshonneur du roy et du royaulme et à la diminucion de sa preeminance et de son demmaine » (Maupoint, Journal, p. 72-76).

et loger aux Chartreux près Paris^ dedens lequel lieu des Chartreux furent logez yi^ hommes de guerre et leurs chevaulx, et tellement en fut remply ledit lieu que les sains hommes religieux de leans furent dechassez et boutez hors de leurs celles et lieux de devocion.

Et le lendemain, jour de jeudi [19 septembre], lesdiz Bretons et Bourguignons passèrent ladicte rivière audit Port à l'Anglois et vindrent au point dudit jour escarmoucher lesdictes gens de guerre du roy ainsi logez à Saint-Marcel, les Chartreux et Saint-Victor, et y en ot de costé et d'autre de mors, navrez et de prins^.

Et ce mesmes jour se fîst ung grant conseil et assemblée en la Chambre des Comptes^, ouquel furent assemblez avecques autres les seize quarteniers d'icelle, les cinquanteniers, et de chascun desdiz quartiers six hommes notables, avecques aucuns conseillers de la court de Parlement, officiers et autres. Et ilec mons. le chancellier Morviller'* dist et exposa de parle roy

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