Cf. Bibl. nat., ms. fr. 2921 cité, fol
3. Le 13 septembre 1466, une main inconnue déposa sur la douve d'un fossé, qui courait du monastère aux dames de Saint- Antoine-des-Ghamps jusqu'à la Seine, près d'une planche qui servait à traverser l'eau pour se rendre de Paris à Saint-Maur, une pierre avec l'inscription suivante : « L'an 1465, ou mois de
Et, le dimenche ensuivant, viii® jour de septembre, feste de Nostre-Dame, le roy parti de son hostel des Tournelles pour aler en la grant église Notre-Dame, et, en y alant, passa par l'église de la Magdaleine, où ilec il se fist frère et compaignon de la grant confrarie aux bourgois de Paris, et avecques lui s'i mirent monseigneur l'evesque d'Evreux et autres'.
Et, le lundi ensuivant, ix® jour dudit moys de septembre, lesdiz Bretons et Bourguignons furent es terrouers de Clignencourt, Montmartre, la Gourtille- et autres vignobles d'autour Paris, prendre et vendenger toute la vendenge qui y estoit, ja soit ce qu'elle n'estoit point meure, et en firent du vin tel quel pour leur boire. Et à ceste cause furent ceulx de Paris contrains de vendenger les autres vignes partout autour
septembre, fut cy tenu le lendit des traïsons, et fut par une trêve que on print. Mauldit soit il qui en fut cause! » (Maupoint, Journal, p. 102). L'allusion au comte du Maine est transparente. C'est lui qui conseillait Louis XI à cette époque, et le roi le qualifiait devant Charles de Melun « d'homme d'estrange condition et fort à entretenir » (Procès de Melun, dans ms. fr. 2921, fol. 75). C'est lui aussi qui, en sous-main, poussait les princes à demander « et leur pourchassa à avoir lesd. treuves, lesquelles leur furent à grant secours » (Maupoint, Journal, p. 94). Du côté des rebelles, c'est Saint-Pol qui conduisit l'intrigue (Commynes, éd. Dupont, I, 81 et suiv.).
1. L'église de la Madeleine en la Cité était entre le pont Notre- Dame et le Petit-Pont, à l'angle de la Juiverie et de la rue des Marmousets (plan dit de la Tapisserie). — La confrérie de Notre- Dame, ou Grande -Confrérie aux bourgeois de Paris, comptait dans ses rangs les membres des familles de la haute bourgeoisie. L'initiative prise par Louis XI en celte occasion fut un coup de politique fort habile.
2. Les villages suburbains de Montmartre et de Clignancourt étaient situés au delà de la porte Montmartre; la Courtille en dehors de la porte du Temple.
de Paris, qui n'estoient pas à demy meures, et aussi le temps leur fut fort contraire. Et fut ladicte année la plus meschante et povre vinée qui longtemps fut sceue en France, et l'appelloit on le vin de l'année des Bourguignons ^
En ce temps vindrent aussi à Paris plusieurs des nobles de Normandie pour servir le roy en ses guerres, tous lesquelz furent logez aux faulxbourgs de Saint- Marcel lez Paris^, entre lesquelz y en avoit aucuns particuliers qui firent moult de maulx et larrecins, et de ce en furent aucuns d'eulx reprins par aucuns des bourgois de ladicte ville, et qui, contre leur gré et voulenté, y vouloient entrer. Et, pour le refus qui leur en fut fait par lesdiz bourgois, leur dirent iceulx de Normandie plusieurs injures et mauvaises paroles en eulx rebellant à l'encontre d'eulx, et en les appellant traistres Bourguignons, et qu'ilz les mettroient bien en point, et qu'ilz n'estoient venus dudit pays de Normandie à Paris que pour les tuer et piller. Desquelles choses informacion fut faicte à la plaincte de ceulx dudit Paris, qui desdictes paroles se sentirent fort injuriez^. Et, veue icelle, le principal malfaicteur et prononceur desdictes paroles fut condempné à faire amende honnorable, devant l'ostel de ladicte ville, au procureur d'icelle pour toute ladicte ville, nue teste, desseint, une torche ou poing, en disant par lui que