Interpolations et variantes, § XVIII
2. Interpolations et variantes, § XIX. — Basiu (II, 126) dit que Louis XI fut extrêmement affecté de la perte de Pontoise : c eo quod adversariis suis transitus apertus foret per quem, transmissa Isara, Normanniam aggredi possent. » C'est ce qu'ils ne tardèrent point à faire, en effet.
3. Ce vendredi 20 septembre, on escarmoucha assez chaudement, mais sans autre résultat que la mort d'une trentaine d'hommes. Le lendemain, Charles do Louviers, échanson du roi
Et le dimenche ensuivant [22 septembre] , au point du jour, les dessusdiz ennemis vindrent faire ung resveii devant ladicte ville, du costé de ladicte porte Saint-Anthoine, et vindrent bien grant nombre jusques audit Saint-Anthoine des Champs. Et, pour les faire desplacer, leur furent gectez d'iceile ville plusieurs traiz de canons, serpentines et autre artillerie d'iceile porte Saint-Anthoine et de ladicte Bastide, et autre chose n'y fut fait.
Et, le lundi ensuivant [23 septembre], de nuit, apparut à ceulx qui faisoient le guet et arrière guet en ladicte ville une comète, qui vint des parties dudit host cheoir dedens les fossez d'iceile ville à l'environ de l'ostel d'Ardoise, dont plusieurs furent espoventez, non sachans que c'estoit, mais cuidans que ce eust esté une fusée ardant ilec gectée et envolée par lesdiz Bourguignons. Si en furent portées les nouvelles au roy en son hostel des Tournelles, qui incontinent monta à cheval et s'en ala dessur les murs au droit dudit hostel d'Ardoise, et y demoura grande espace de temps, et fist assembler tous les quartiers de Paris pour aler chacun en sa garde dessus lesdiz murs. Et à ceste heure, courut bruit que lesdiz ennemis, ainsi estans devant Paris, s'en aloient et deslogoient, et que à leurdit partement mettoient peine de brusler et endommager ladicte ville partout où possible leur seroit. Et fut trouvé que de tout ce il n'estoit rien^.
et plus tard l'un de ses cent gentilshommes (Bibl. nat., ms. fr. 21448, ad. ann. 1471), fils de sire Nicolas de Louviers, marchand et bourgeois de Paris, combattit la lance au poing et tua, à son grand honneur, messire .îosse de Lalaing, un chevalier renommé du Hainaut (Maupoint, Journal, p. 77 et suiv.). 1. Le dimanche et le lundi, il n'y eut pas d'engagements aux
Oudit temps, lesdiz ennemis, ainsi logez devant Paris, firent plusieurs balades, rondeaux, libelles diffamatoires et autres cboses, pour diffamer aucuns bons serviteurs estans autour du roy, afin que à ceste cause le roy les prinst en sa malvueillance et les deschassast de son service.
En ce temps, les gens de guerre de l'ordonnance du roy estans logez à Paris y firent de grandes chères, et en lieu de passetemps y séduisirent plusieurs femmes et filles, qui par leur moien en laissèrent et déguerpirent leurs mesnages et enfans, et les autres jeunes filles servans leurs maistres et services, pour suivre iceulx gens de guerre. Et entre autres, y ot une jeune fille, qui estoit fille d'un procureur du Chastellet de Paris, nommé Eustace Fernicle, qui avoit prins habit de damoiselle et grant estât, pour ce qu'elle avoit fiancé ung nommé Le Chien, natif de Carenten en Normandie, et serviteur d'un nommé le seigneur de Saincte- Marie* ; laquelle, pour ce que ledit Chien mettoit trop à l'espouser, s'acointa d'un archer qui avecques lui l'en amena, et accordèrent leurs vyeles ensemble. Mais les père et mère de ladicte fille, non contens de ce
champs, parce que le comte du Maine, Rouault, Montauban, Jouvenel des Ursins, Gousinot, Jean Dauvet et autres c gens sages » poursuivaient avec les fédérés des pourparlers de paix qui furent continués jusqu'au jeudi suivant (Maupoint, Journal, p. 78).
1. Le Chien est bien un nom du Cotentin. Un Durant Le Chien figure, à la date du 14 juillet 1475, parmi les 100 hommes d'armes de la grande ordonnance commandés par Jean d'Estouteville, seigneur de Briquebec. Un autre Le Chien, Jean, est nommé parmi les archers (Bibl. nat., Titres, Montres, vol. 1414, fol. 63 y° et suiv.). La seigneurie de Sainte-Marie-du-Mont (auj. dép. de la Manche, cant. de Sainte-Mère-l'ÉgUse) appartint au xv* siècle à la famille des Espaules, puis aux Blosset.
que dit est, s'en alerent plaintifz pardevers le roy, mais ilz n'en eurent autre chose.
Et cedit jour, au soir, environ deux heures de nuit, mons. l'evesque d'Evreux, Balue, fut guetté et acueilly par aucuns ses ennemis en la rue de la Barre du Bec S à l'environ de la porte de derrière de feu maistre Bureau Boucher-, lesquelz chargèrent sur lui et de première arrivée vindrent oster et souftler deux torches qu'on portoit devant lui. Et après vindrent audit Balue, qui estoit monté dessus une bonne mule qui le saulva et gaigna au fouir, car tous ses gens à l'effroy l'abandonnèrent pour paour des horions. Et en emporta ladicte mule sondit maistre Balue jusques au cloistre Notre-Dame, en son hostel dont elle estoit partie ; et, avant ladicte fuite, il ot deux cops d'espée, l'un au plus hault de ses biens et ou milieu de sa couronne^, et l'autre en l'un de ses dois. Et sesdittes gens, qui ainsi s'en aloient courans aval la rue, crioient A Vanne! et Au murdre! afin que le peuple saillist pour donner secours à leur maistre. Et dudit cas le roy en fut courroucié et ordonna que l'en en feist informacion et que la chose feust sceue, mais tout en demoura ainsi sans en savoir autre chose, combien que aucuns disoient depuis que ce avoit fait faire mons. de Villers le Boscage, pour l'amour de ladicte Jehanne du Bois, dont il estoit amoureux^.
1. C'est aujourd'hui la partie de la rue du Temple comprise entre la rue de la Verrerie et la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie .
2. Bureau Bouclier, seigneur de Piscop et d'Orsay, était mort en 1461. 11 avait épousé Gilette Raguier (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 433, doss. Boucher).