C'est-à-dire au milieu de sa tonsure cléricale
4. On verra aux Inlerpolalions ci variantes, § XX, et l'interro-
1465] OU CHRONIQUE SCANDALEUSE. ii3
Celle nuit, aucuns Bretons et Bourguignons furent à Sevré*, où ilz trouvèrent aucuns Escossois de la compaignie Robert de Gonyhan, lesquelz ilz tuèrent et leur copperent à tous les gorges.
En ce temps, ung nommé Alixandre Lorget, natif de Paris, qui estoit homme d'armes de l'ordonnance du roy notre sire soubz la charge et compaignie du seigneur de la Barde, s'en ala et absenta de Paris pour soy aler rendre à Saint-Denis à mons. de Berry, qui ilec estoit, et si en ala à lui cinquième, et avecques lui en emporta toutes ses bagues et sa male^.
Et, le jeudi ensuivant [26 septembre], vindrent en l'ostel de ladicte ville plusieurs grandes plaintes par
gatoire de Charles de Melun confirme ce dire (Bibl. nat., ms. fr. 2921 cité), que l'ex-lieutenant général du roi à Paris fut formellement accusé d'avoir commandé cette « bapture > de l'évêque d'Évreux, dont il était le rival auprès « d'une jeune femme de Paris que le cardinal aymoit bien et veoit voluntiers. » Melun nia cet attentat et prétendit, au contraire, qu'un jour, pour convaincre Balue que cette jeune femme ne l'aimait pas, il lui avait présenté un petit rubis « en façon de cueur en annel » et plusieurs lettres qu'il tenait d'elle. Le prêtre devint a blanc comme ungdrappeau » et de ce jour fut son ennemi mortel. Sur Jeanne du Bois, voy. ci-dessus, p. 33.
1. Maupoint dit « à Suresnes » et ajoute que 30 Ecossais de l'ordonnance y furent massacrés {Journal, p. 78). — Robert Guningham, déjà capitaine des archers écossais de Charles VU, fut mêlé à une conspiration ourdie contre le roi. Condamné au bannissement en 1455, il fut réintégré dans son emploi par Louis XI (voy. Beaucourt, Charles VII, t. VI, p. 27 et suiv.).
2. Alexandre Lorget, écuyer, grènetier du grenier à sel de Ponioise dès 1457, avait été, à la date du 17 janvier 1465 (n. st.), par un acte de faveur, tenu quitte, jusqu'à concurrence de 700 livres parisis, de tout ce qu'il pouvait devoir au trésor royal. En octobre 1471, on le retrouve écuyer d'écurie du duc de Guyenne (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 1747, doss. Lorget).
aucuns des bourgois de ladicte ville de plusieurs mauvaises paroles malsonnans que disoient et publioient plusieurs gens de guerre estans en ladicte ville contre lesdiz bourgois, manans et habitans d'icelle, pour y donner provision. Et estoient lesdictes paroles telles, proférées et dictes par iceulx gens de guerre : « Je regny Dieu, les biens qui sont à Paris ne aussi la ville ne sont point ne appartiennent à ceulx qui y sont demourans ne residens, mais à nous gens de guerre qui y sommes, et voulons bien que vous sachez que, malgré voz visaiges , nous porterons les clefz de voz maisons et vous en bouterons dehors, vous et les vostres, et, se vous en caquetez, nous sommes assez pour estre maistres de vous*. » Et ce mesme jour y ot ung fol Normant qui dist à la porte Saint-Denis que ceulx de Paris estoient bien folz de penser que leurs chaynes de fer, tendues au travers de leurs rues, leur peust valoir à l'encontre de eulx. Pour lesquelles paroles ainsi malsonnans que dit est fut soudainement ordonné par aucuns estans en l'ostel de ladicte ville, à qui lesdictes paroles furent ainsi dictes et rapportées, (jue ceste nuit chacun quartenier de Paris feroit faire beaulx et grans feux par toutes les dixaines de son quartier, et que ung chacun seroit en armes et sur sa garde durant lesdiz feux^. Et si furent ordonnées toutes les chaynes des rues foraines estre tendues, ce qui fut fait, et veilla chacun jusques au point du jour. Et, celle
1. Cf. la déposition de Jacques Rebours, procureur de la ville de Paris, au Procès de Ch. de Melun, ms. fr. 2921, fol. 29 v».
2. Même déposition, fol. 31 v. C'est sur l'initiative de Jacques Rebours qu'en l'absence du prévôt des marchands les échevins André d'Azy et Denis Gibert expédièrent aux quarieniers l'ordre d'allumer les feux.
mesmes nuit, fut grant bruit que la bastide Saint- Anthoine fut laissée ouverte pour laisser entrer dedens Paris ceulx qui estoient devant*. Et si trouva l'en ceste nuit aucuns canons, près dudit lieu, dont les chambres estoient enclouées, à ce qu'ilz ne peussent servir quant mestier en seroit. Et desdiz feux et du grant guet qui fut fait et ainsi ordonné que dit est, furent lesdiz capitaines qui estoient à Paris moult esbahis, et dont aucuns s'en alerent en la chambre du roy en son hostel des Tournelles savoir à lui se c'estoit de son ordonnance et commandement que lesdiz feux et guet estoient ainsi fais et ordonnez, ou de par qui : lequel dist et respondi que non. Et tout incontinent il manda venir à lui sire Jehan Luiller, clerc de ladicte ville, qui y vint et lui certiffia que lesdiz feuz et guet estoient faiz à bonne fin, et de ce asseura le roy et lesdiz cappitaines. Et ce nonobstant ordonna à messire Charles de Meleun qu'il alast en l'ostel de la ville et par tous les quartiers d'icelle dire que on laissast lesdiz feux et que chacun s' alast coucher 2, dont riens ne vouldrent faire, mais demeurèrent ainsi armez jusques au jour. Et maintenoient plusieurs depuis que ce fut grâce de Dieu, et que, s'ilz s'en feussent alez et départis, ladicte ville estoit perdue et destruicte et que lesdiz de devant Paris y feussent entrez par ladicte Bas-
1. Interpolations et variantes, § XXI. — Sur cette affaire, qui ne fut jamais bien éclaircie, on trouvera de curieux détails dans la déposition de Jacques Rebours (fol. 34). Melun, accusé de cette trahison, la nia énergiquement. Il expliqua que, cette nuit-là, le roi l'avait envoyé porter un message au comte de Charolais et qu'il était effectivement rentré à Paris par la Bastille {Procès cité, fol. 69; cf. fol. 40 v* et suiv. et Maupoint, Journal, p. 79).