Du pays de Gotentin, en Basse-Normandie
3. Magny-en-'Vexin, auj. dép. de Seine-et-Oise, arr. de Mantes.
4. Il y avait à Soissons deux églises fondées sous l'invocation
et tempeste avoit ainsi destruicte et abatue, que dit est devant.
Et, durant ce temps, le roy et son conseil se tindrent à Orléans, à Chartres, Bourges, Meun, Amboise et autres lieux^ Et, durant qu'il y fut, vindrent plusieurs ambassades de diverses nacions, comme d'Angleterre, de Bourgongne, Bretaigne et autres. Et délibéra lors le roy de faire guerre ausdiz duc de Bourgongne et conte de Charrolois, son filz, et, pour ceste cause, fist crier es villes de son royaume ban et arrière ban, et ordonna et créa plusieurs frans archers oultre le nombre ordinaire.
Après ce que dit est, le roy fist plusieurs ordonnances et establissemens pour la tuicion et garde de ses pays et villes, et ordonna monseigneur le mareschal de Loheac son lieutenant en la ville de Paris et en risle de France. Et, à mons. de Ghastillon fut baillé le pays de Ghampaigne'^, et la garde du pays et duchié de Normendie fut baillée à monseigneur le conte de Saint-Pol, connestable de France^, qui auparavant avoit esté ennemy du roy avecques le duc de Bourgongne.
des apôtres du Soissonnais. Celle de Saint-Crépin-le-Grand était la plus considérable.
1. Louis XI séjourna à Orléans et à Meung-sur-Loire pendant les trois derniers mois de l'année 1466. Il fut à Bourges et à Mehun-sur-Yèvre pendant le mois de janvier et la première moitié de février 1467 (Itin. cité).
2. M. Vaesen a imprimé la lettre par laquelle le roi notifia cette nomination aux conseillers de Chàlons-sur-Marne (Mehunsur-Yèvre, 25 février 1467, n. st., Lettres de Louis XI, III, 134).
3. Le connétable prit dès lors le titre de lieutenant et gouverneur du roi en ses pays et duché de Normandie. C'est le 15 décembre 1466 que lecture fut donnée au conseil de ville à Rouen
En après, ou moys de février mil IIIPLXVI, arriva une ambaxade de Bretaigne pardevers le roy ; lesquelz, après qu'ilz orent par lui esté oyz, les receut très bien, et puis s'en alerent en Flandres, devers ledit Bourguignon et le conte de Charrolois, son filz. Et lors fut grant bruit partout qu'il y avoit appoinctement fait entre le roy et monseigneur son frère, dont plusieurs gens de bien furent moult joieux^. Et, avant ce, le roy avoit envoyé son ambaxade ou pays de Liège; entre lesquelz y estoit ledit maistre Jehan Hébert, l'evesque de Troies et autres^.
Et, en icellui temps, advint à Paris que trois sergens à verge du Chastellet, qui estoient bien mal renommez, furent de nuit prendre ung prestre de l'église monseigneur Saint-Pol à Paris, lequel estoit paisiblement couché en sa chambre, en laquelle par
des patentes royales délivrées à Orléans le 13 novembre précédent, par lesquelles le comte de Saint-Pol était nommé à la capitainerie de Rouen à la place de Jacques de Brézé, comte de MauleVrier, lequel avait pris possession de cette charge le 27 juillet 1465, quelques jours après la mort de son père (Arcli. mun. de Rouen, Reg. de l'hôtel de ville, A 8, fol. 237 et 260 v).
1. La mission des ambassadeurs bretons se rattachait sans doute aux négociations poursuivies pendant l'année 1466 entre Louis XI, d'une part, le duc de Bretagne et Charles de France, de l'autre, par l'intermédiaire du duc de Calabre. Louis XI proposait à son frère le Roussillon ou le comté d'Asti avec 60,000 livres de rente s'il consentait à résider dans l'une de ces possessions lointaines et contestées. Le duc de Normandie réclamait le Berry, la Champagne et la Brie. Aussi n'y avait-il aucune chance de s'entendre. Nous n'avons pas trouvé dans Dom Moricc la mention de l'ambassade dont il est ici question.
2. Inlcrpolations el varianles, § L. — L'ambassade envoyée à Liège avait pour chef l'évêque de Langres, Gui Bernard (Lenglet, II, 621 et suiv. et 631). — L'évêque de Troyes se nommait Louis Raguier.
force et violence entrèrent dedens, et ilec le bâtirent, et puis l'en amenèrent en la rue, et le trainerent au long d'icelle et le navrèrent en plusieurs lieux, et puis le laissèrent. Et après ledit prestre les en poursuy par justice, et tellement qu'ilz en furent constituez prisonniers oudit Chastellet, où leur procès fut fait; et furent ilec condampnez à estre bannis du royaume de France et leurs biens et héritages confisquez et à faire amende honnorable, dont et de quoy ilz appellerent en la court de Parlement ; dont aussi en appella le procureur du roy de ce qu'ilz avoient esté trop peu jugez. Et depuis, par arrest d'icelle court, fut dit que, avecques le jugement de sentence de prevost de Paris, qu'ilz seroient batus par les carrefours de Paris : ce qui fut fait.
Et, le jeudi xxiif jour d'avril mil CGGG LXVII, Anthoine de Ghabannes, conte de Dampmartin, qui ainsi estoit eschappé de la Bastide Saint-Anthoine et qui depuis fist moult de maulx au roy et à ses subgets en Auvergne et ailleurs, venu devant Paris avecques les autres princes, fut fait et créé grant maistre d'ostel du roy ou lieu du seigneur de Grouy, en déboutant de ce ledit de Grouy, messire Gharles de Meleun et tous autres ; et lui en furent baillées lettres par le roy, qui certiffioit que ledit Ghabannes lui avoit fait serement de loyaument le servir à l'encontre de tous * .
1. Lenglet a imprimé aux Preuves de Gommynes, II, 323, d'après le ms. fr. de la Bibl. nat. 2898, les lettres par lesquelles Louis XI donna au comte de I>dmmartin l'office do grand maître d'hôtel de France, « que nagueres tenoit et occupoit Charles de Melun, chevalier, et lequel avoit par avant tenu le seigneur de Groy comme vacant par le décès de feu le sire de Gaucourt. » Ces lettres sont
Depuis toutes ces choses, ou moys de juing, oudit an IIIPLXVII, le roy se parti de Paris et ala en Normendie, à Rouen et ailleurs ^ Et, lui estant à Rouen, fist venir à lui le conte de Warwik hors du royaume d'Angleterre, pour aucunes causes qui le meurent; et descendy à Honnefleu et à Harefleu- et ilec se mist en bateaulx lui et sa compaignye et vindrent jusques à la Bouylle^, assis sur la rivière de Seine à cinq lieues près de Rouen, à ung samedi vi® jour du moys de juing, à l'eure de disner, lequel trouva ilec son disner tout prest et le roy qui estoit ilec aussi arrivé pour le recevoir, et y fut moult fort festié et tous ceulx de sadicte compaignie^. Et puis, après disner, rentra ledit Warwik esdiz basteaulx, et s'en ala ledit Warwik par la rivière de Seine, et le roy s'en ala par terre lui et sa compaignie jusques audit Rouen. Et alerent à rencontre ceulx de ladicte ville par la porte du cay Saint-Eloy, où. le roy lui fist faire moult grand recueil
datées de s la tour des Champs, près nostre hostel de Mehun sur Yeuvre, le viiujt troisième jour de février, l'an de grâce 1466. » Dammartia prêta serment au château des Montilz-Iez-Tours, le 28 mars suivant (voy. V Interpolation L).
1. Louis XI quitta Paris au milieu du mois de mai 1467, passa par Chartres et arriva à Rouen le 28 du même mois, escorté d'une suite nombreuse (De Beaurepaire, Notes sur six voyages de Louis XI à Rouen, art. cité, p. 305).
2. Ilonfleur et Harfleur (qui était alors un port), à l'embouchure de la Seinç, le premier sur la rive gauche, le second sur la rive droite.
3. La Bouille, auj. dép. de la Seine-Inférieure, cant. de Grand- Couronne, en aval de Rouen.
4. Louis XI était arrivé à la Bouille la veille. Warwick n'y .serait parvenu que le 7 juin, mais ses l'uurriers étaient à Rouen avant le 2U mai (De Beaurepaire, Notes citées, p. 310. Cf. Basin, II, 178).
et honnourable, car, de toutes les parroisses et églises de ladicte ville, furent portées au devant de lui les croix, bannières et eaue benoiste et tous prestres revestus en chappes, et ainsi fut conduit jusques à la grant église Nostre-Dame de Rouen, où il fist son offrande, et après s'en retourna en son logis, qu'on lui avoit ordonné aux Jacobins^ dudit lieu. Et après vindrent en ladicte ville la royne et ses filles, et demoura ilec le roy avec ledit Warwik par l'espace de XII jours. Et après, ledit de Warwik s'en départi et sa compaignie et retourna en Angleterre; et renvoya avecques lui monseigneur l'admirai, l'evesque de Laon, maistre Jehan de Poupaincourt, son conseiller, maistre Olivier le Roux et autres^.
1. Sur l'emplacement du couvent des Jacobins s'élèvent actuellement les bâtiments de la Préfecture. Louis XI logeait dans un hôtel voisin de la porte Saint-Éloi, qui appartenait au conseiller Robert Brote (De Beaurepaire, Notes, loc. cit.).
2. Warwick passa six jours à Rouen, se rembarqua le 16 juin et reprit la mer à Honfleur le 23 {Ibid. Cf. Vaesen, Lettres de Louis XI, m, 146 et suiv.). L'objet des négociations poursuivies entre Louis XI et le « faiseur de rois » était la conclusion, très redoutée des Bourguignons, d'une paix définitive entre les rois de France et d'Angleterre et le mariage d'un frère d'Edouard IV avec la seconde fille du roi de France. Basin, toujours mal disposé à l'égard de Louis XI, parle en ces termes des caresses prodiguées au grand comte : « Tantum autem honoris reverentiœque ei detulit quantum nec ipsi Anglorum régi sibi fœderato, sibi reconciliato et pacato, rationabiliter déferre debuisset » (II, 178. Cf. Rawdon-Brown, Calendar of State papers, etc., t. I, p. 117). M. de Beaurepaire fait observer que ce fut non pas l'évoque de Laon, Jean de Jaucourt, mais l'archevêque de Narbonne, Antoine du Bec-Crespin, qui accompagna en Angleterre l'amiral, Popincourt, Guillaume de Menypenny, Olivier Le Roux et Alexandre Sextre. La mission française, qui ne comprenait pas moins de 300 personnes, avait charge de mener à bonne fin la négociation
Et est assavoir que, durant le temps que ledit de Warwik et ceulx de sadicte compaignie furent et séjournèrent à Rouen, que le roy leur fist de moult grans dons, comme de belles pièces d'or, que le roy fist forger, qui pesoient dix escuz d'or la pièce, une coupe d'or toute garnye de pierreries Et monseigneur de Bourbon aussi lui donna ung moult beau riche dyamant et d'autres choses, et si fut du tout défrayé de toute la despense que lui et tous ses gens avoient faicte depuis qu'ilz descendirent de la mer à terre jusques à ce qu'ilz remontassent en mer. — Et, après ledit partement de Rouen, le roy s'en retourna à Chartres, où ilec il demoura par aucun temps-.
Oudit moys de juing dudit an, le duc de Bourgongne mourut en la ville de Bruges, et fut son corps porté aux Chartreux de Dijon ^.
Et aussi fist et ordonna le roy, audit lieu de Chartres, que toutes personnes estanset residens à Paris feroient des bannières, et que en chacune desdictes bannières
entamée à Rouen. On verra plus loin qu'elle échoua complètement (cf. Vaesen, Lettres de Louis XI, III, 143, 154 et suiv.).
1. Voy., aux Pièces justif. de l'art, cité de M. de Beaurepaire (n» VIII), un rôle des sommes payées d'ordre de Louis XI par Noël Le Barge, alors receveur général des finances en Normandie, pour portion de la dépense de Warwick et de sa suite, ainsi que pour dons à eux faits. A l'article « Deniers paiez par l'ordonnance du roy » est mentionné l'achat d'une coupe d'or fabriquée à Rouen par ordre du roi pour le prix de 2,009 I. 13 s. 9 d. t.