Interpolations et variantes, § LI
3. Lundi l.ô juin 14G7, entre neuf ot dix heures du soir. Philippe le Bon avait soixante-onze ans. Son corps tut enterre à Saint-Donat de Bruges le dimanche suivant (Leuglet, II, 007 et suiv., 620. Cf. du Clercq, IV, 302 et suiv.), puis transporté en l'église des Chartreux, à Dijon (Lenglet, II, 609).
auroit des gouverneurs qui seroient nommez principaulx et soubz principaulx, qui auroient la conduicte et gouvernement desdictes bannières, et que tous les subgetz estans soubz icelle seroient armez de jaques, de brigandines, sallades et harnoys blanc, voulges, haches et autres choses qui y appartiennent, pour estre bien armez, tant gens de mestier, officiers, nobles, marchans, gens d'église que autres : laquelle chose fut faicte^
Et, en ce mesmes an, ou moys de juing, le roy manda aler pardevers lui au Mellay près de Chartres plusieurs gens notables de Paris, entre lesquelz y fut maistre Jehan Le Boulenger président en Parlement, maistre Henry de Livres conseiller de ladicte court, sire Jehan Clerbout gênerai maistre des monnoyes. Jaques Rebours procureur de ladicte ville de Paris, maistre Eustace Milet aussi conseiller en ladicte court ^, Nicolas Laurens, Guillaume Roger, Jehan de Hacqueville^ et plusieurs autres bons marchans que le roy envoya à Chartres devers le conseil, qui depuis y furent par aucun temps, durant lequel ung nommé Robert de la
1. Interpolations et variantes, § LU. — L'ordonnance en question a été imprimée en dernier lieu dans l'Histoire générale de Paris, Métiers et corporations de la ville de Paris, par René de Lespinasse, 1886, in-4o, 1. 1, p. 53. — Le 18 juillet 1467, les suppôts de l'Université se réunirent pour protester contre l'injonction que les gens du roi leur avaient transmise de sa part d'avoir à prendre les armes et à souffrir que des armes fussent déposées dans les collèges (Du Boulay, Hist. de l'Université, V, 682).
2. Eustacho était fils de Jean Milet, maître en la Chambre des comptes (Bibl. nat., ms. fr. 20494, fol. 58).
3. Jean de Hacqueville avait épousé Marie Viole. Sa famille, établie depuis longtemps à Paris, a fourni nombre de magistrats au Parlement de Paris.
Mote et Jehan Raoul, qui avoient longuement esté tenus prisonniers, par l'accusacion d'un religieux de Saint-Lo de Rouen, nommé maistre Pierre Le Mareschal, qui les avoit accusez d'estre ennemis du roy et [d'avoir] conspiré contre lui. Et avecques eulx en avoit accusé plusieurs autres, ce qu'il ne peut monstrer ne enseigner, mais fut trouvé qu'il avoit menti de tout ce qu'il avoit dit, et comme feulx accusateur fut jugié à mort et fut noyé le xiiii'^ jour du moys de juillet oudit an. Et, après ce, furent dépêchez lesdiz de la Mote, Jehan Raoul et autres et renvoiez en leurs maisons.
Et, après ce, le roy envoya à Paris ung mandement pour y estre scellé, et fut signé M. de Villechartre^ par lequel le roy vouloit que, pour bien repeupler sa ville de Paris, qu'il disoit avoir esté fort depopulée, tant pour les guerres, mortalitez et autrement, que toutes gens de quelque nacion qu'ilz feussent peussent de là en avant venir demourer en ladicte ville, et en icelle et es faulxbourgs et banlieue ilz peussent joyr de toutes franchises de tous cas par eulx commis, comme de murdre, furt, larrecins, piperies et tous autres cas, réservé crime de lèse majesté; et aussi pour résider ilec en armes pour servir le roy contre toutes personnes. Lesquelles lettres furent leues et publiées par les carrefours de Paris à son de trompe, et tout selon le privilège donné à tous bannis residens et demourans es villes de Saint-Malo et Valenciennes^.
\. Michel de Villechartre, notaire et secrétaire du roi.
2. Au tome XVI de la Collcclion des Ordonnances des rois est imprimée, d'après les registres des bannières du Chàtelet, de la p. 581 à la p. 685, sous la date de Chartres, au mois de juin 1467,
Et, ce mesme moys aussi, le roy fist crier et publier que tous nobles tenans fiefz et arrière fiefz feussent tous prests et en armes, et mesmement ceulx de l'Isle de France, tant en la ville de Paris que ailleurs, au XV® jour d'aoust , pour le servir et estre tous prestz quant mestier en aiiroit^
Et, le lundi tiers jour d'aoust oudit an, advint à Paris que l'un des religieux du Temple nommé frère Thomas Louette, qui estoit receveur dudit Temple, eust la gorge coppée audit lieu du Temple par ung de ses frères et compaignons nommé frère Henry, pour aucunes noises qu'il avoit conceu contre ledit frère Thomas. Et, pour raison dudit cas, ledit frère Henry se absenta, et ne peut estre trouvé qu'il ne feust le X® jour dudit moys, que, environ dix heures de nuit, ung examinateur du Ghastellet à Paris, nommé maistre Jehan Potin-, accompaigné de trois sergens, en fist telle diligence qu'il le trouva mucié en l'ostel de Saint-Pol à
toute une série d'ordonnances (il y en a 26) qui confirment les statuts anciens des métiers de Paris ou en approuvent d'autres nouvellement établis : « En ce temps aussy, » dit un passage d'une chronique anonyme (Bibl. nat., ms. fr. 20354, fol. 183), « le roy de France rendit au commun de Paris leurs bannières, qui longtemps par avant leur avoient esté toUues pour les grans et énormes maulz qu'ilz avoient fais au temps de lors, et se rendy le pays à tous les banys de son royaume qui le vouldrent aler servir et tenir son party, et sy fist publyer par tout son royaume qu'il donnoit franchise à la ville de Paris, tele que ceulz qui y vouldroient retraire et demeurer ne pourroient estre poursieuvys pour debtes qu'ilz deussent depuis qu'ilz auroient prinse la franchise de la ville. »
2. Jean Potin fit partie, au mois de mai 1469 (voy. plus loin), de la commission chargée de rechercher et de faire vendre les biens meubles du cardinal Balue (Bibl. nat., ms. fr. 4487, fol. 13).
176 JOURNAL DE JEAN DE ROYE fl46T
Paris dedens unes aumoires, en habillement d'un roquet* blanc de toile et ung chapeau noir, et en cest estât fut mené prisonnier oudit Chastellet et puis rendu en la court de Parlement pour ce qu'il estoit appellant de sa prinse et disoit que le lieu où il avoit esté prins estoit lieu de franchise et que on l'y devoit remettre. Et puis fut requis par les religieux du Temple leur estre rendu, ce qui fut fait, -et fut mené es prisons dudit lieu du Temple le mercredi xii® jour d'aoust, oudit an mil 1111° LXVII. Et, le jeudi ensuivant, le grant prieur de France, pour ledit cas, acompaigné de plusieurs autres seigneurs de leurdit ordre, [vint] pour faire le procès dudit frère Henry, qui depuis fut par eulx condempné à demeurer prisonnier en lieu ténébreux et d'avoir ilec pour pitance, tant qu'il y pourroit vivre, le pain de douleur et eaue de tristesse. En ce temps, retournèrent du royaume d'Angleterre lesdiz monseigneur l'admirai et autres dessusnommez, qui ainsi s'en estoient alez avec ledit de Warwik oudit pays d'Angleterre, lesquelz y demeurèrent longuement et n'y firent riens-. Et par eulx ledit roy d'Angleterre envoya au roy des trompes de