Bibliothèque françoise, 1664, in
INTRODUCTION. siij
Louis XI et récite des choses qui ne sont pas trop à son advantage. » On la connaissait aussi sous le sobriquet de la Mesdisante, et c'est le titre que Paul Petau (1568-1614) a tracé de sa main sur l'un des deux exemplaires de l'édition princeps de la Chronique que possède la Bibliothèque nationale*. Médisante ou scandaleuse, voilà comment les hommes du xvf siècle qualifiaient l'innocente Chronique de Louis XI ! Le nom est resté, mais il parait peu justifié au lecteur moderne, nourri d'indiscrétions d'une tout autre portée.
L'édition de 1620 est une reproduction de celle de 1611. Le volume, de format petit in-4°, ne porte pas le nom de l'éditeur. Le titre est le même que celui de 1611, mais à côté du portrait de Louis XI est un second titre répété encore en tête du texte de la Chronique, et qui n'est autre que celui de l'édition princeps avec cette addition : « Imprimées de nouveau sur les vieux exemplaires sans aucun changement. »
On retrouve la Chronique de Louis de Valois à la suite des éditions que Godefroy et l'abbé Lenglet-Dufresnor ont données des Mémoires de Ph. de Commynes-.
Enfin, de nos jours, elle a été imprimée dans la Collection complète des Mémoires relatifs à l'histoire de
1. Réserve Lb 27. L'autre exemplaire a appartenu à d'Hozier, et une main plus ancienne a écrit au-dessous du titre imprimé les mots Histoire mesdisante. C'est le titre aussi que donne à la Chronique le Père Garasse {Recherche des recherches d'Estienne Pasquier, 1622, p. 3) ; mais il se trompe quand il prétend que l'auteur intitula ainsi sa chronique avec l'intention de diffamer Louis XL M. Vitu l'observe avec justesse (omit, cilé, p. 13), mais il a tort de conclure qu'aucune édition n'ayant porté le titre de Chronique Médisante, l'ouvrage n'a jamais été connu dans le public sous ce nom.
2. Bruxelles, 5 vol. in-S», 1723; Paris et Londres, 1747, 4 vol. in-4<».
xiv INTRODUCTION.
France, de Petitot (Paris, 1819-29, iii-8% t. XIII-XIV); dans la. Nouvelle Collection des Mémoires sur l'histoire de France, de Michaudet Poujoulat (Paris, 1836-39, in-4°, t. IV), et par Buchon, dans son Choix de Chroniques et Mémoires (édition du Panthéon littéraire. Paris, 1836-38, iii-4°). Aucune de ces éditions ne marque un progrès sensible sur leurs devancières, et ceux mêmes d'entre les éditeurs qui prétendent avoir examiné les manuscrits de la Chronique commettent de si étranges bévues qu'il est certain au moins que leur examen n'a pas été approfondi.
ni.
La Scandaleuse constitue- 1- elle une œuvre originale, comme le veut Yitu^ ou faut-il la considérer avec l'abbé Lebeuf et Jules Quicherat comme l'œuvre d'un plagiaire qui s'est emparé du texte de la Chronique officielle de Louis XI, et s'est borné à y ajouter quelques menus faits et quelques anecdotes parisiennes? La question vaut la peine d'être examinée.
Et d'abord, une remarque générale. A lire la Chronique sans avertissement ni prévention, aucun doute ne traverserait l'esprit; c'est une œuvre d'origine évidemment parisienne, où rien ne sent le plagiat. L'auteur anonyme a noté les événements au jour le jour, tels qu'il les voyait se dérouler sous ses yeux ou tels qu'il les entendait raconter, non pour faire acte d'historien, mais, comme il le dit lui-même, pour passer le temps et « esquiver oisiveté. » Aucune prétention dans le style, peu de jugements, et pourtant une appréciation assez indépendante des choses et des hommes, voire du maître, de Louis XI lui-même. Des événements
\. Vitu a connu l'édition princeps, mais non les manuscrits.