Interpolations et variantes, § LXIV
3. Il s'agit sans doute d'un traité passé ontro Louis XI ot Henri IV, roi do Castille, pour assurer le mariage de Gliarles de France avec la fille de ce roi, Jeanne la Beltrancja (Vaesen, Lettres de Louis XI, IV, 53 et 64).
Cornu, clerc de la prevosté de Paris^, es présences des lieuxtenans criminel et civil de ladicte prevosté et de la pluspart des examinateurs ordinaires et extraordinaires dudit Chastellet.
Et, depuis ce, le roy, monseigneur de Bourbon et autres seigneurs d'autour de lui se tindrent à Amboise et ilec environ et jusques au samedi xxiii® jour de décembre, oudit an mil IIIP LXIX, que monseigneur de Guienne, acompaigné des nobles de sa duchié en moult grant, belle et noble compaignie, arriva pardevers le roy en son chasteau des Motifz lez Tours ^, qui de sa venue ot moult grant joye, et aussi orent la royne, madame de Bourbon et autres dames et damoiselles de leur compaignie, qui, incontinent qu'ilz sçorent ladicte venue, se partirent dudit lieu d' Amboise pour aler audit lieu des Motifz, pour aler veoir et festier ledit monseigneur de Guienne.
Et, en ces entrefaictes, fut tout le pays d'Armaignac mis et rendu es mains du roy et sans effusion de sang, et tout délivré à monseigneur l'admirai et conte de
1. A l'avènement de Louis XI, Jean Le Cornu obtint « la clergie » de la prévôté de Paris. Protégé par Jean Bourré, malgré de « hauts et outrageux » compétiteurs, il se maintint dans cette charge jusque vers 1472, époque à laquelle il aspirait au greffe du Chàtelet et faisait appuyer sa demande par Jean Le Prévost, qui écrivait à Bourré : « Il est bon homme, et croy que on fauldra bien à y pourvoir mieulx... » (voy. un autographe de J. Le Cornu, Bibl. nat., ms. fr. 20488, fol. 6; cf. ms. fr. 20487, fol. 25, et Longnon, Villofi, Index, p. 296).
2. Cf. Vaesen, Lettres de Louis XI, IV, 67 et suiv. — La forme Motifz pour Montils n'est pas rare au xv' siècle. Au mois de novembre 1469, Louis XI séjourna à « Rougny », près Amboise, et à Tours, en l'hôtel de la Bezarde (Bibl. nat., ms. fr. 6758, toi. 83; comptes sur parch.).
Dampmartin, comme gouverneur de ladicte armée pour le roy*. Et demourerent depuis ce le roy, monseigneur de Guienne, la royne, madicte dame de Bourbon et autres de ladicte compaignie oudit chasteau des Motifz, faisans ilec de moult grans chères, et jusques après Noël, que mondit seigneur de Guienne s'en parti et print congié du roy et de toute sa compaignie et s'en ala et retourna à la Rochelle, à Saint-Jehan d'Angely et autres ses pays voisins, pour ilec tenir ses estas et appoincter de ses offices et autres affaires de sondit pays et duchié de Guienne.
Et après le roy s'en revint et retourna audit lieu d'Amboise où il se tint depuis par aucun temps', durant lequel il envoya ses ambassadeurs pardevers le duc de Bretaigne ; par lesquelz ses ambassadeurs il envoioit audit duc de Bretaigne son ordre nouvellement mise et créé sus, afin que icelle il portast et jurast tout ainsi et selon que l'avoient prinse et jurée plusieurs autres princes et seigneurs de ce royaume^. Et ja soit ce que le roy lui eust fait cest honneur, neantmoins de prime face il la refusa et ne la voulut prendre ne accepter ; et disoit on que c'estoit pour ce que auparavant ledit duc de Bretaigne avoit prinse la Toison d'or, en soy declairant amy, frère et alié du duc de Bourgongne ; pour quoy le roy se tint pour mal content et non sans cause. Et, bientost après, le roy ordonna certaine quantité de gens d'armes de son
1 . Le comte d'Armagnac no tenta pas de résister et s'enfuit à Fontarabie (fin décembre 1469), puis à Saint-Sébastien.