Sur la Meurthe, à deux lieues au-dessus de Nancy
X™ V*' de vray conte fait ; et d'autres Alemans y avoit beaucop, sans les Lorrains et autres gens de guerre*. Et, le dimenche ensuivant, cinquiesme jour dudit moys, environ huit heures du matin, désemparèrent et partirent lesdiz seigneurs de Lorraine et de Suixe, et vindrent à Neufville^, et oultre ung estang près d'ilec firent leurs' ordonnances. Et en effect lesdiz Suixes se mirent en deux bendes, dont le conte d'Abstain^ et les gouverneurs de Fribourg et de Zurich avoient l'une, et les advouez de Berne et de Cerne* l'autre, et, environ midi, marchèrent tous à une foiz, c'est assavoir une bende devers la rivière, et l'autre tout^ le grant chemin à venir de vers ledit Neufville audit Nancy ^. Ledit duc de Bourgongne s'estoit ja mis hors de son parc et en bataille ; et au devant et devers lui y avoit ung ruisseau qui passe à une maladrerie nommée la Magdaleine , et estoit ledit ruisseau entre deux fortes haies des deux costez, entre lui et lesdiz Suixes. Et, sur le grant chemin par où venoient l'une des bendes d'iceulx Suixes, avoit ledit duc fait asseoir tout le plus fort de son artillerie. Et, ainsi que les