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Le texte porte à tort duc de Bourgongne

n'avoient plus que menger, et par grant contrainte de famine estoient ceulx de dedens en composicion de eulx rendre es mains dudit de Bourgongne le dimenche veille des Roys, cinquiesme jour de janvier, oudit an LXXVIS ouquel jour y vint et arriva ledit mons"" le duc de Lorraine, acompaigné de xii ou xiiii'" Suixes, Almans et autres gens de guerre^, pour lever ledit siège, combatre ledit de Bourgongne et recouvrer ledit Nancy. Dont advint ce qui s'ensuit^ : c'est assavoir que, quatre jours avant la journée et venue dudit de Lorraine devant ledit de Nancy, qui fut le dimenche

1. Charles le Hardi avait mis le siège devant Nancy le 22 octobre 1476 (Lenglet, II, 221). La place était fort mal pourvue, mais l'armée bourguignonne comptait « peu de gens mal armez et beaucoup de mallades. » Molinet estime que le duc de Bourgogne ne pouvait pas compter sur plus de 3,000 combattants (I, 230) ; Olivier de la Marche dit 2,000 et affirme ce chiffre sur sa conscience (III, 239).

2. Les auxiliaires étrangers du duc de Lorraine étaient payés en grande partie avec de l'argent fourni par le roi de France, qui avait autorisé en outre un certain nombre de gentilshommes du royaume à s'engager au service de René (Commynes, éd. Dupont, II, 55). — Le jeune duc arriva à Saint-Nicolas-du-Port le samedi 4 janvier 1477 (n. st.), avec 10,500 Suisses, « planté d'autres Allemands » et quelques Français. On peut donc considérer comme exact le chiffre fourni par notre Chronique (cf. Olivier de la Marche, UI, p. 239).

3. Le ms. fr. 1707 de la Bibl. nat. contient, aux fol. 48 et suiv., une relation de la « desconfiture de Mgr de Bourgongne, faicte par Mgr de Lorraine, » que Lenglet a imprimée aux Preuves de son édition de Commynes (III, 493-496). A quelques variantes près, cette relation et le récit de notre chroniqueur sont conçus en termes identiques, et il est probable que Jean de Roye n'a fait qu'insérer dans son Journal une relation de la bataille de Nancy qui fut répandue à Paris peu après l'événement. Molinet s'en est également servi (t. I, 231 et suiv.). Cf. Mém. sur la bataille de Nancy, par l'abbé Marchai. Nancy, 1851, in-S», avec carte.

veille des Roys, cinquiesme jour de janvier mil Ilir LXXVI, le conte de Gampbastz, le seigneur Ange et le seigneur de Montfort^ laissèrent le duc de Bourgongne et le habandonnerent en sondit parc. Et, le mercredi devant la bataille ou journée, icellui conte de Gampbastz en amena bien avecques lui ix^'' hommes d'armes, et, le samedi ensuivant, les deux autres cappitaines dessusnommez en amenèrent bien six vings hommes d'armes, qui tous vouloient estre François; mais on dissimula de les recevoir pour la trefve, et fut ordonné par aucuns à qui ilz se adressèrent qu'ilz s'en iroient en Lorraine : laquelle chose ilz firent, réservé une partie qui demoura pour garder Gondé, qui est une place sur la rivière de Mezelle^, par où tous les vivres dudit de Bourgongne passoient, qui venoient du val de Mais^ et du pays de Luxembourg. Et s'en tira ledit seigneur de Gambastz devers monseigneur de Lorraine et l'advertit de tout le fait dudit de Bourgongne, et incontinent s'en retourna lui et sesdictes gens audit lieu de Gondé, qui n'est que à deux lieues dudit Nancy ^. Et, ledit jour de samedi, iiii® jour dudit moys de janvier, ledit monseigneur le duc de Lorraine arriva à Saint-Nicolas de Varengeville^ et les Suixes avecques lui, qui bien estoient

1. Le seigneur Angelo et le seigneur de Montfort étaient tous deux fils du comte de Campobasso, et les 310 hommes d'armes qu'ils emmenèrent étaient ce qui restait des 400 lances italiennes que leur père commandait devant Neuss.

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