De Bretagne
« Mons. legrantmaistre, Mons. deFontenailles^ aescript à Mons. de Bueil que vous autres doublez que le duc de Bourgoigne se veulle loger à une abbaye qui est debors de la ville, deçà la rivière, et s'i veult fortifier pour garder qu'on ne vous mené nulz vivres. Et, pour ce, je vous prie que, se vous voyez que ainsi le veulle faire, que la faittes abatre, et, au plaisir de Dieu, je la feray bien refaire, et je ne vouldroie pas qu'il vensist aucun mal à la ville pour l'abbaye. Et, se vous voyez que les forsbours vous nuysent, pareillement faittez les abatre et n'espargnez rien en ce cas là. Et, se ledit duc se y mect, envoyez quérir le marescbal de Loheac et vous joignez ensemble, et alors serés assès gens, mais qu'il amené tout ce qu'il a pour destrousser quelque convoy et faire quelque bon coup.
« Escrit à Pouencé, le xxii® jour de juillet [1472]. Signé : « Loys. » Et au dessoubz : « Tilhart. » Et en la suscripcion estoit escript : « A nostre cher et amé cousin le conte de Dampmartin, grant maistre d'ostel de France^. »
Et , le mercredi , jour de feste de la Magdalene mil IIIP LXXII, environ heure de trois heures de matin, le duc de Bourgoigne honteusement desloga son ost de devant laditte ville, et s'en partit et alla sans faire autre chose. Après lequel sortirent sans ordre cinq ou six cens frans archiers pour chercher parmy l'ost desditz Bourguignons se aucuns y estoient demourez. Mais l'arriére garde desditz Bourguignons, qui estoit en grant nombre, tournèrent sur lesditz frans archiers, dont il y en demoura assez largement qui n'allèrent point dire des nouvelles à leurs maisons. Et n'eust esté ledit grant maistre acompaigné d'une bonne et grande compaignie de hommes d'armes, qui vint pour les