‹ JournalChapitre 109 sur 178 · Darnetal est aujourd'hui l'un des faubourgs de Rouen · texte numérisé non relu

Darnetal est aujourd'hui l'un des faubourgs de Rouen

Mons. le grant maistre, Nostre Seigneur soit garde de vous. Escript à Rouen, ce xxiif jour d'aoust [1472]. Lesdittes lettres soubscriptes : « Le conte de Saint-Pol, etc., connestable de France. » Signé : « [Vostre] Loys. » Et au dos : « A Mons. le grant maistre. »

Et , le lendemain , le connestable envoya unes autres lettres audit grant maistre, dont la teneur s'ensuyt :

« Mons. le grant maistre, je me recommande à vous. J'ay receu les lettres que escriptes m'avés et veu le contenu en icelles, et ay mandé les clievaulx qui estoient oultre l'eaue pour les envoyer à leurs maistres, et aussi envoyé les frans archiers à Gisors. Et me semble que devés venir anuyt à Darnetal et faire vostre logis en ceste ville dès annuyt pour y entrer demain, si le cas le requiert. Mons. le grant maistre, Nostre Seigneur soit garde de vous. Escript à Rouen, le xxiiii^ jour d'aoust [1472]. Lesdittes lettres soubscriptez : « Le conte de Saint-Pol, etc., connestable de France. » Et signé : « Vostre Loys. » Et au dos : « A Mons. le grand maistre. »

Ledit grant maistre fut logé audit Darnetal jusquez ad ce que le duc de Bourgoigne avoit jà son advangarde à la Justice de Rouen, et, pendant le temps, furent faittes plusieurs cources sur lesditz ennemys, qui leur furent fort dommageables. Et, entre les autres, en feist une ung gendarme dudit grant maistre, nommé Chariot Aupepin^, qui estoit grenetier de Fescamp, en laquelle il gangna de quatre à cinq cens chevaulx, et la plus part de ceulx prisonniers à qui lesditz chevaulx appartenoient. Et, durant ce temps, ledit duc de Bourgoigne atout son armée se tenoit près de laditte Justice de Rouen et ailleurs ou pays de Caulx, où illec faisoient plusieurs maulx et insolences, comme débouter feux en villaiges, lieux, places et fortresses.

Audit temps, Mons. le bailli de Caulx, nommé messire

1. Etienne Aupepin figure parmi les cent hommes d'armes du grand maître, dans les listes publiées aux Preuves de l'hist. de la maison de Chabannes, t. II.

Geoffroy de Gouvran, et Jehan du Fou, capitaines estans en la ville de Diepjje et à Arques, fistrent sçavoir au roy estant en Bretaigne que les Bourguignons estoient près d'eulx et qu'il[s] attendoient avoir le siège. Et, pour y remédier, le roy en rescripvit à Mons. le grant maistre, ainsi que appert par ces lettres, dont la teneur s'ensuyt :

« Mons. le grant maistre, j'ay receu unes lettres que le baillif de Gaux^ messire Geuffroy de Gouvran- et Jehan du Fou m'ont escriptes, par lesquelles ilz m'escripvent que les Bourguignons sont approuchez et [ont] mis leur parc à demie lieue près d'eulx, et se doubtent d'avoir le siège. Pour ce, je vous prye que, à la plus grant diligence que possible vous sera, vous les faictes fournir de vivres, d'artillerie et de tout ce que leur sera besoing pour attendre ledit siège, et faittes leur envoyer de iiii'''' à cent arbalestriers des meilleurs que vous pourrés finer.

« Mons. le grant maistre, j'ay en vous toute ma parfaicte fiance et sçay bien que vous me servez bien de par delà et avez beaucoup de peine pour moy, mais j'ay espérance de le vous recongnoistre tellement que vous devrez estre contant. Et, mais que Dieu et Nostre Dame nous vueuille sauver Dieppe et Arcques, nous sommes au dessus de noz besoignes ; par quoy vous pry que vous mettez peine de faire bien pourveoir lesditz Arcques et Dieppe et à la plus grant diligence que possible sera.

« Mons. le grant maistre, je vous prye que vous faciez chevaulcher les gens d'armes entre les Bourguignons et leur païs, car, veu qu'ilz sont si avant dedans nostredit pais, il me semble que mais que noz gens chevauchent souvent sur eulx pour rompre leurs vivres, et par ce force sera d'eulx en retourner en leurdit païs. Et, pour ce en tout ce que vous verrez que leur pourrez nuyre, vous prye que y faciez ainsi que j'ay en vous ma parfaicte fiance. Adieu.

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