‹ JournalChapitre 108 sur 178 · C'est-à-dire à la housse · texte numérisé non relu

C'est-à-dire à la housse

2. Peut-être Philibert-Philippe de la Palu, seigneur de Varembon.

3. Pierre de Rampont, Fresnoy de Losse et Arnaud Guillaume figurent dans les listes des hommes d'armes du grand maître, publiées aux Preuves de l'hist. de la maison de Chahannes, t. II.

champ et porter à Rouen, où il le fist penser et guérir. Et n'eust esté que ledit grant maistre se trouva ou chemin par où lesditz ennemys ramenoient ledit Guerin le Groing et sesditz hommes d'armes, ilz eussent eu beaucoup à besongner. Mais il fist retourner cy peu de gens qu'il avoit si vertueusement l'espée au poing sur lesditz ennemys, que iceulx ennemys se arrestoient sur le cul, et y en eut jusques au nombre de dix ou douze hommes d'armes Bourguignons occis et tuez et plusieurs autres blessés, portés et menez en leur camp, excepté ung cranequinier que son cheval emporta jusques à la bataille, ne sçay se ce fut de son bon vouloir ou nom, mais illec fina ses jours.

Et adonc ledit grant maistre, qui avoit de coustume de mener la bataille, pour ce qu'il estoit lieutenant du roy en l'abscence du connestable, fors et réservé quant ledit connestable y estoit, vint devers icelluy connestable et l'advertist du nombre de gens qu'estoient lesditz ennemys, ainsi que ledit prisonnier l'avoit raporté, et aussi de ce qu'il avoit veu à l'œul, en l'advertissant qu'il les avoit veu mettre en deux bandes, et que, avant qu'ilz se fussent rassemblez, il estoit temps de donner dessus eulx, qui avoit vouloir de les deffaire. A quoy luy fut respondu par ledit connestable que, veu le rapport desditz prisonniers qui disoient lesditz Bourguignons estre en nombre viii cens hommes d'armes et dix mil hommes de pied et cinquante pièces d'artillerie, que c'estoit trop pour eulx, et que ce seroit une viande qui leur seroit forte à digérer, attendu le petit nombre de gens d'armes qu'ilz estoient; car il avoit envoyé le jour de devant deux cens hommes d'armes dedans la ville de Dieppe, pour ce qu'il estoit nouvelles que le duc de Bourgongne les vouloit assiéger, lequel estoit logé à une lieue près. Et adonc s'en partit ledit connestable et s'en tira au giste à Rouen. Et ledit grant maistre s'en alla au giste à une abbaye de dames, nommée Bondeville^

1. Bondeville, abbaye cistercienne située à une lieue de Rouen, sur la rivière de Bapaume (Gall. christ., XI, col. 319).

Et, cedit jour, lesditz Bourguignons s'en retournèrent à leur ost après qu'ilz eurent brûlé lesditz Longueville et Fay; et, audit lieu de Bondeville, ledit grant raaistre séjourna deux jours entiers avec sa compaignie et vingt cinq hommes d'armes que menoit le seneschal d'Agenois, et jusques ad ce qu'il fût adverti par son guet que le duc de Bourgongne, avec sa puissance, venoit pour soy parquer audit lieu de Bondeville, pour assiéger la ville de Rouen. Et adonc s'en partit ledit grant maistre et sa compagnie avec la bande devantditte et s'en alla loger à ung villaige nommé Darnetal, soubz Saincte-Katherine du mont de Rouen, assés près de laditte ville ' .

Et, pendant le temps que ledit connestable estoit audit Rouen, luy fut mandé par le mareschal Joachin et les seneschaulx qu'il envoiast gens d'armes à Saint-Quentin, dont il se excusa et en rescripvit audit grant maistre, ainsi qu'il s'ensuit :

« Mons. le grant maistre, je me recommande à vous. J'ay receu voz lettres par lesquelles me faittez savoir les nouvelles que vous ont rescriptz Mess''^ les mareschal Joachin et seneschaulx, qui est en effect ce qu'ilz m'avoient le jourduy matin fait sçavoir. Et, quant à envoyer gens à Saint-Quentin, je ne le puis faire, considéré le petit nombre que j'en ay ; mais, avant la recepcion de voz dernières lettres, j'avoye escript à raesditz seigneurs les mareschal, seneschaulx et cappitaines que, s'il se peult faire, ilz envoient icy deux cens lances; laquelle chose faitte, incontinant y envoyeray ou de ceulx là ou des miens. Neantmoins, en attendant response d'eulx, j'ay escript à ceulx deBeauvais, Saint-Quentin, Compiengne et Noyon, le bruyt qui court du deslogement des Bourguignons, afin qu'ilz se tiennent sur leurs gardes, et y ay envoyé homme propre des miens. S'il me sourvient riens de nouvel, incontinant le vous feray savoir. Aussi je vous prie que de vostre part ainsi le me faittes.

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