‹ JournalChapitre 128 sur 178 · Orig. à la Bibl. nat., ms. fr. 2913, fol · texte numérisé non relu

Orig. à la Bibl. nat., ms. fr. 2913, fol

es pays, terres et seigneuries de Tobeissance du duc de Bourgoigne nécessaires à nostredit royaulme, marchans et subjectz d'icelluy, soit expédient et convenable que les marchans et subjectz de nostredit royaulme puissent aller esditz pays et obéissance de Bourgoigne et y mener des vins pour illec les vendre, changer, trocher, ou autrement en faire leur prouffit, etduditpays ramener des marchandises dessusdittes, ce qu'ilz n'oseroient faire, obstant les deffences sur ce faictes de par nous, s'ilz n'avoient sur ce congié et licence de nous ou d'autre ayant sur ce povoir de nous. Par quoy soit besoing es villes et lieux de Creil, Compiengne, Noyon, Senlis, Soissons, Laon et marches d'envyron, comprins en ce le pays de Picardie, réservé toutesvoyes Beauvais, Amyens et le pays d'environ d'Amyennois, commettre aucun nottable personnage de grant auctorité, à nous seur et feable, qui soit esditz pays nostre lieutenant gênerai et ait povoir de nous de donner lesditz congiez.

« Savoir faisons que nous, ces choses considérées et la très grant loyaulté que nostre chier et amé cousin le conte de Dampmartin, grant maistre d'ostel de France, a tousjours demonstrée envers nous et la couronne de France, icelluy, pour ces causes et autres à ce nous meuvent, avons, fait, commis, establi et ordonné, et par ces présentes faisons, commettons, ordonnons et establissons nostre lieutenant gênerai esditz lieux et villes de Creil, Compiengne, Noyon, Senlis, Soissons, Laon et marches d'environ, comprins en ce ledit pays de Picardie, excepté toutesvoies Beauvais, Amyens et le pays d'Amyennois ; et luy avons donné et donnons par ces présentes plain povoir, auctorité, commission et mandement especial de donner et baillier à tous marchans et aultres subjectz de nostredit royaulme et obeyssance lettres de congié et licence de mener, charroier et conduyre de cestuy nostre royaulme et obeyssance telle quantité de vins que bon leur semblera en l'obéyssance du duc de Bourgoigne, pour illec les vendre, trocher oueschanger, ainsi qu'ilz verront estre affaire pour le mieulx ; et pour ce faire prandre et obte-

nir lettres de seuretê et saufcondit dudit duc de Bourgoigne ou d'aultre que besoing leur sera, et esditz pays et obeyssance dudit duc de Bourgoigne achater d'autres telles denrées et marchandises qu'ilz verront bon estre et icelles amener ou faire amener et conduire en nostredit royaulme pour en faire leur prouffit, par eaue et par terre, ainsi que bon leur semblera, et generallement de faire en ceste matere et lesdittes despendences tout ce que à lieutenant gênerai de nous appartient et peut et doit faire en tel cas. Promettans en bonne foy et parolle de roy avoir agréable, ferme et estable tout ce que par nostredit cousin et lieutenant sera sur ce fait et besongné, voulans les congiez qui seront par nostredit cousin et lieutenant baillez et donnez estre d'autel effect et valleur comme se nous mesmes les avions baillés et donnez. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre nostre seul {sic) à cesdittez présentes.

« Donné au Plessis du Parc, le xnu^ jour de décembre l'an de grâce mil IIIF LXXIII, et de nostre règne le xiif. » Ainsi signé sur le repli : « Par le roy, Tilhart. »

Et dudit povoir ledit grant maistre joyst et usa par bien longue et espace de temps.

ClYbis. — (Clair. 481, fol. 364, 1. 29. Chroii. scand., t. I, p. 311.) — Et avecques le roy estoit... le conte de Dampmartin, grant maistre d'ostel de France, bien acompagné des gens de sa compaignie, sur ung beau coursier de poil grison, bardé et garny de grosses campanes ; qui faisoit moult grant honneur au roy, car il estoit fort en grant[s] pompes.

CV. — (Clair. 481, fol. 365, 1. 25. Chron. scand., 1. 1, p. 312.) — Philippe des Essars. Et devés sçavoir que le conte de Dampmartin , qui avoit fait le serement au roy, comme devant est dit, quant le roy le reprint en son service, de le servir envers tous et contre tous, hors et réservé contre le duc de Bretaigne (et le roy ayant doubte que ledit grant maistre ne porta st amytié audit duc), ne se trouva point à la despesche de laditte ambassade de Bretaigne; mais non obs-

tant fut adverti par aucuns de ses amys que le duc se devoit, trouver devers le roy autour d' Angiers, et que aucuns estoient délibérés de luy faire desplaisir de sa personne. Et, quant lesditz Bretons furent expédiés par le roy, l'un d'iceulx, à qui le duc avoit fiance, alla devers ledit conte de Dampmartin luy demander s'il vouloit riens mander au duc ou à monseigneur de Cominges' ; auquel il fist telle responce : « Je vous prie, recommandés moy très humblement à la bonne grâce de monseigneur le duc de Bretaigne. Je luy rescriprois voulentiers, mais je me suis aujourd'uy tellement rompu la teste à lire la veue qui fut à Montereul entre le roy et le duc de Bourgoigne, qui se cuidoient appointier, que je ne luy pourrois rescripre-. » Et, quant celluy à qui lesdittez parolles a voient esté dittes, fut retourné devers le duc, luy dist et rapporta tout ce qu'il avoit oy par ledit grant maistre. Et ledit seigneur de Cominges, entendant bien toutes choses et voyant la despesche faitte par le roy aux dessusditz ambassadeurs, en fist ce qui luy sembla qui estoit bon à faire.

GVI. — (Clair. 481, fol. 371, 1. 18. Chron. scand., t. I, p. 319.) — Subgetz du roy. Le xxvm'' jour d'octobre, l'an mil IIIF LXXIIII, le roy, estant à Chartres, qui par avant pour le bien et utilité de la chose publicque avoit permis mener ou faire mener et traire du royaulme et son obéyssance es pays et obéyssance du duc de Bourgoigne des vins, et desdits pays de l'obéissance du duc ramener autres marchandises que bon sembleroit aux marchans, et pour ce faire avoit ordonné et constitué le conte de Dampmartin, grant maistre d'ostel de France, son lieutenant gênerai pour donner congé, saufconduit, et y faire ce qu'il appartenoit comme eust fait le roy, qui dudit povoir et des proufiBtz qui en venoient avoit joy jusques au dit an LXXIIII que le roy

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