‹ JournalChapitre 130 sur 178 · De la fin de juillet 1474 à la fin de juin · texte numérisé non relu

De la fin de juillet 1474 à la fin de juin

armée contreassiegier, et y eut entre lesditz Bourguignons et Empereur une grosse escarmouche ^ où il y mourut hujt cens Allemans, lesquelz ledit duc de Bourgoigne alla veoir tous mors après que les Alemans furent retraictz, et, les voyant ainsi, commença à dire à ses che£z et capitaines que l'abre de la guerre portoit tel fruit.

Si advint que, après ce faict, le duc appoincta avec l'Empereur, ala en son camp et parla à luy; et disoient aucuns que ledit Empereur luy avoit promis le couronner roy de Frise'-. Et pria le Bourguignon l'Empereur de veoir son artillerie, ce qu'il fist, et la trouva merveilleusement belle, car il en y avoit beaucop de belle et aussi en grant nombre. Et, quant ledit Empereur l'eut longuement regardée, le duc de Bourgoigne luy commença à dire ces parolles : « Sacrée majesté, voyez vous bien ces fleustes icy? Ce sont les clefz de quoy je pense ouvrir les villes du royaulme de France. » Et Mons. le Glorieux, servant de fol ledit duc, dist et respondit à l'Empereur : « Sacrée majesté, faittez que monseigneur mon maistre vous monstre de quoy il a sceu ouvrir Beauvais. » Dont plusieurs, quiestoient presens, seprindrent à rire. Et disoit on que, après ledit appointement, l'Empereur et ledit duc s'estoient râliez ensemble pour faire guerre au roy de France, dont il ne fut riens.

CXIII. — (Clair. 481, fol. 383, 1. 19. Chron. scand., t. I, p. 336.) — Gens tout nouveaulœ. Et partant fist mettre le duc de Bourgoigne en sa devise ces motz : « De par Dieu soit^. »

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