Gommynes, I
inaugurer sur le champ de bataille le rôle déloyal qu'il ne cessa de tenir pendant toute la suite de la guerre. Lorsque le roi se vit enfin contraint de combattre, le comte déclara qu'il était venu « pour moyenner quelque accord » non pas pour livrer bataille, « ce dont plusieurs hognerent grandement \ « et c'est ainsi que les 3,000 cavaliers de l'arrière- garde qu'il commandait ne prirent aucune part au combat, dont ils demeurèrent spectateurs passifs jusqu'au moment où, croyant à la déroute de l'armée royale et peut-être sur l'ordre de son chef, toute cette bande prit honteusement la fuite ^.
Il était sept heures du matin quand les premiers Français parurent sur la colline à l'est du château de Montlhéry. Ils n'étaient pas 400 tout d'abord; d'autres les suivaient, ralentis dans leur marche par les sentiers étroits de la forêt de Torfou, qui couvrait le pays à cette époque entre Torfou et Châtres^. A la vue des lignes bourguignonnes rangées dans la plaine, tout ce monde alla se mettre en bataille, au fur et à mesure, à. l'abri d'une grosse haie fort épaisse, qui a disparu, et d'un fossé qui coupe encore la plaine^. Des deux côtés on s'observe longtemps et on se canonne, mais les pièces françaises étant sur la colline, leurs boulets passent au-dessus des tètes picardes et