‹ JournalChapitre 16 sur 178 · Cf. Molinet, U, 20 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. Molinet, U, 20 et suiv

4. Interpolations et variantes, § GXLVII. — Hesdin fut « reduicte au roy par la suasioa du seigneur des Querdes, mais le chasteau se tint pour Madamoiselle et fut assiégé du costé devers la ville, et le ht battre trois ou quatre heures continuellement. » Raoul de Lannoy rendit la place à condition que la garnison pourrait se retirer corps et biens saufs (Ibid., 21 et suiv. Cf. Gommynes, éd. Dupont, II, 101 et suiv.).

L'an mil GGCGLXXVII, après ce que ledit lieu de Hedin et esté ainsi prins que dit est, advint que aucuns habitans dudit Arras, feignans vouloir aler devers le roy, obtindrent saufconduit de monseigneur l'admirai, qui le leur bailla ; mais pour ce qu'il lui sembloit qu'ilz avoient autre ymaginacion que d'aler devers le roy, les fist suivre, et trouva on qu'ilz aloient en Flandres pardevers ladicte damoiselle de Bourgongne. Pour laquelle cause ilz furent prins et ramenez au roy audit Hedin; auxquelz fut fait leur procès et par icellui trouvé qu'ilz aloient oudit voyage en mauvaise intencion ; pourquoy furent décapitez audit lieu de Hedin jusques au nombre de xviii\ entre lesquelz y estoit ung nommé maistre Oudart de Bussy, procureur gênerai de ladicte ville d'Arras et de la conté d'Artois, auquel fut le col coppé dedens ung chapperon d'escarlate fourré de letisse% et ladicte teste avecques ledit

1. Arrivés à flesdin, les malheureux envoyés d'Arras furent confortablement hébergés. Pendant le souper, ils furent un à un appelés hors de la salle et exécutés sur-le-champ. « Des douze en morut huyt; les autres escapperent, dont ils scevent bien pour combien » {Journal de D. Gérard Robert, dans Basin, III, 29). — Molinet dit que les gens d'Arras « ne se contentèrent pas » de Tappointement conclu avec le roi et envoyèrent à M"<= de Bourgogne dix-huit ou vingt notables pour savoir si cet appointement lui plaisait. « Aulcuns dirent qu'ilz avoient sauf conduict du roy, mais les François ne le voulurent congnoistre » (II, 23).

2. Laitice, fourrure blanche. — Oudart de Bussy ou de Bucy (voy. plus haut, t. I, p. 74), originaire de Paris, était richement marié à Arras. C'était un « homme fort entendu et de grande estime, » qui avait, « pour ce qu'il estoit fort subtil, » reçu de Louis XI l'offre d'une charge au Parlement de Paris, mais il l'avait refusée. Quand le roi fut de retour à Hesdin, les prisonniers étaient déjà morts et enterrés. Il fit déterrer la tête d'Oudart et lui infligea l'abominable traitement qui est raconté ici (Molinet, U, 23 et suiv.).

chaperon mise et boutée au bout d'un chevron, auquel fut fort cloué ledit chaperon afin qu'il ne feust emblé ensemble ladicte teste. Et, contre ledit chevron y avoit ung escripteau où estoit escripf* : Cy est la teste maistre Oudart de Bussy, conseiller du roy en sa court de Parlement à Paris. Et, après ladicte execucion faicte, le roy s'en ala à Nostre-Dame de Boulongne sur la mer~.

Et, pour raison des dessusdiz ainsi décapitez, le roy ot grande malvueillance contre ladicte ville et declaira qu'elle seroit destruicte. Et, pour ce faire y envoya manouvriers, gens de guerre, artillerie, vivres et autres choses^ et y fut mis le siège fort et aspre ; et tira ladicte artillerie dedens ladicte ville d'Arras, vers la fin du mois d'Avril qu'il retourna en ladicte cité d'Arras, où incontinent fist tirer sa dicte artillerie tant bombardes que autres, à cause de quoy toute ladicte ville fut fort fouidroiée, et abatu le bolevert que ceulx dudit Arras avoient fait contre ladicte cité, tellement qu'on veoit de ladicte cité parmy ledit bolevert tout au long de ladicte ville d'Arras, et tellement que après ces choses lesdiz habitans dudit Arras furent fort espoventez et cuidoient bien mourir, et trouvèrent leur moien d'envoier devers le roy pour de lui obtenir sa bonne grâce et miséricorde, lequel la leur bailla et donna, combien qu'il l'avoit habandonnée aux nobles "hommes et frans archers estans pour lui devant icelle, qui se tindrent à mal contens de la composicion que leur avoit donnée le roy, veu sondit habandonnement

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