‹ JournalChapitre 17 sur 178 · Cf. Barante, éd. de 1826, t. X, p. 232 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. Barante, éd. de 1826, t. X, p. 232 et suiv

et que les dessusdiz, en persévérant de mal en pis, avoient injurié le roy, tué de ses gens et fait moult de maulx, par quoy leur sembloit bien que le roy ne les prendroit point à mercy. Et entrèrent les gens du roy au moien dudit appoinctement dedens ladicte ville d'Arras le dimenche iiii^ jour de may mil llllc LXXVII '. Et, après ladicte composicion ainsi faicte dudit lieu d'Arras, s'en departy le roy et vint à la Victoire. Aussi s'en departy monseigneur l'admirai, les gentilzhommes et frans archers de Normendie, pour eulx en aler chascun en leur maison. Et, le roy, estant audit lieu de la Victoire, ot nouvelles que cinquante archers de son ordonnance estoient venus à Peronne pour y mettre et loger cinq prisonniers de par le roy, ausquelz on avoit fait refus d'y entrer : pourquoy il s'en

1. Interpolations et variantes, § CL. — Le seigneur du Lude et Guill. de Gerisay avaient excité encore par leurs exactions l'animosité des gens d'Arras. Ceux-ci réussirent à introduire dans la ville une troupe de gens de guerre bourguignons. Mais l'artillerie royale eut facilement raison de défenses improvisées à la hâte, et en une nuit le « Chien d'Orléans » abattit un des portails. Épouvantés, les nobles et la communauté offrirent leur soumission. Le roi, partant de la cité, pénétra dans la ville à cheval en passant par la brèche. Sur la place du Petit-Marché, il dit aux bourgeois : « Vous m'avez esté fort rudes, je vous le pardonne. Se vous m'estes bons sujets, je vous serai bon seigneur, » mais il n'en fit pas moins trancher la tête à l'un des capitaines de la ville, Pierchon du Chastel, et à un arbalétrier qui, de la muraille, avait essayé de le tuer. La ville fut taxée à 40,000 écus d'amende. Louis XI fit ensuite réparer la muraille, édifier deux fortins et rendit « la cité forte contre la ville, » contrairement à ce qui existait auparavant (Molinet, II, 26 et suiv.; Basin, III, 29 ; Commynes, éd. Dupont, II, 103). Les patentes de Louis XI, datées d'Arras, le 4 mai 1477, portant amnistie et pardon aux habitants de cette ville, sont imprimées dans Lenglet, III, 510 et suiv.

party et aia audit Peronne'', cuidant qu'on y voulsist faire aucune rébellion ; où il fut depuis par aucun temps que autres nouvelles lui furent apportées que les Flamens et autres tenans leur parti estoient sur les champs, pour nuire le roy et ses pays. Pourquoy incontinent le roy fîst publier son arrière ban, et que tout homme noble et non noble, previlegié et non previlegié et pour ceste foiz feust tout prest et en armes pour le servir et résister à leur fureur. Et, fut ledit cry publié à Paris le dimenche, xvm® jour de may, oudit an IIIPLXXVII.

En après, le roy s'en ala à Gambray où il fut receu par composicion, et ilec y fut par certain temps et s'i rafreschirent ses gens d'armes jusques au jour de la Trinité ^

En ce temps, le roy envoya ses lettres patentes adreçans aux gens tenans sa court de Parlement à Paris, par lesquelles leur mandoit tous en gênerai aler et eulx transporter en la ville de Noiom, avecques aussi les maistres des requestes de l'ostel du roy, pour, avecques le roy et autres seigneurs de son sang et lignage qui seroient ilec, veoir prendre conclusion et fin sur le fait du procès fait à l'encontre du duc de Nemours, qui par long temps avoit esté détenu prisonnier en la Bastide Saint-Anthoine, à Paris. Laquelle chose firent lesdiz de parlement, et partirent de Paris pour aler audit lieu de Noiom le lundi, second jour de

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