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Commynes, éd. Dupont, I

On le croyait « à trois jets d'arc » du campement et, vers minuit, des éclaireurs rapportèrent la nouvelle qu'il était en effet logé là où on voyait briller les feux. C'est au jour seulement qu'un charretier bourguignon, revenant du village de Mont- Ihéry, annonça que tous les Français étaient partis ^ et que, dès la veille au soir, Louis XI avait pris la route de GorbeiP.

Malgré son apparente victoire, le comte de Gharolais s'était montré à Montlhéry ce qu'il demeura jusqu'à sa mort, l'hpmme le moins fait pour diriger un combat. Incapable au début de prendre l'initiative de l'attaque , alors que toutes les chances étaient en sa faveur, il ne sut pas, l'action engagée, conserver son sang-froid et oublia qu'il était chef d'armée. Si ceux qui commandaient à Paris, au lieu de se laisser arrêter par des considérations politiques ou par des craintes peu justifiées, puisque la masse de la population parisienne était royaliste, avaient obéi aux ordres du roi, Tarmée bourguignonne, prise entre deux feux, était anéantie. Elle eût été complètement défaite encore, malgré l'inertie des Parisiens, sans la trahison honteuse du comte du Maine et de ses associés. En somme, Montlhéry fut ce qu'ont été presque tous les combats du moyen âge, Toccasion de quelques charges brillantes et de beaucoup de défections, le triomphe de l'indiscipline et une manifestation éclatante de l'incapacité des féodaux à comprendre que l'art de la guerre ne consiste pas uniquement à frapper de grands coups d'épée ou à faire de bons prisonniers. Repoussé au « champ de Plours, » Louis XI n'en pénétra pas moins dans Paris et, le temps aidant, vaincu par les armes, triompha de ses adversaires, à l'aide de combinaisons politiques, dont une trop courte vue leur dérobait la profondeur.

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