Fougère, sorte de verre commun {Dict. de Trévoux
mons. de Beaujeu^ dist et declaira les causes pourquoy ladicte assemblée estoit ainsy faicte audit Orléans et les causes qui mouvoient le roy d'avoir faict faire icelle assemblée; laquelle proposicion fut respondue par maistre Jehan Hue, doyen de la faculté de théologie de Paris, qui, en ce faisant, fist de grandes remonstrances et parla fort et hardiement, pour ce qu'il estoit ad voué de par lesditz de l'université de Paris. Et aussi y parla pour ladicte université de Montpelier ung autre grant clerc, qui aussi parla moult bien. Et, après que icelle assemblée eut illec esté certaine espace de temps, le roy vint à sa devocion en l'église Nostre- Dame de Glery ; et, après sa devocion faicte, ala audit lieu d'Orléans, où il ne séjourna que demye journée. Et, après qu'il s'en fut retourné, tout ledit conseil, ainsy assemblé que dit est, sans conclure se départit, et ala chascun dont il estoyt parti pour y venir ; et fut ledit conseil remys à Lyon au premier jour de may après ensuyvant".
2. Sous le titre : « Ce sont les choses qui semblent estre à faire pour la conclusion de l'Assemblée de l'Église de France estant à présent à Orléans, » Lenglet a publié (III, 555) une sorte de résumé des délibérations de cette assemblée. Il fut décidé que, pour aviser à la défense de la foi catholique et à la pacification des princes et des nations chrétiennes et pour régler l'état de l'Église, le pape serait instamment prié de convoquer le concile général en France. Pour obvier à « l'extraction des pécunes et autres abus » pendant que le concile s'assemblera, on doit observer dans le royaume les anciens droits et les décrets des conciles. Pour le cas où le Saint Père refuserait de réunir le concile en France, une assemblée de l'Église de France fut dès lors fixée à Lyon pour le 24 avril suivant. Cf. Gaguin, Annales, livre X. — Gomme le fait observer Barante {Ducs de Bourgogne, éd. citée, XII, 19), le roi tenait toujours comme en réserve les libertés de l'Église pour les moments où il était
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En après, le roy, estant audit pays de Touraine, envoya ses lettres closes à ses bons bourgois de Paris, leur faisant scavoir, quant il avoit envoyé ses ambassadeurs pardevers le roy de Castille et de Léon, sur aucuns differens qui estoient entre le roy et luy, affin de trouver aucun bon accord entre eulx sur lesdiz differens, lesquelz ses ambassadeurs estoient retournez dudit voyaige et avoient rapporté que ledit roy de Castille estoit bien content du roy et luy avoit promise et jurée bonne amour et vraye aliance^ ; pourquoy le roy, voulant de ces choses estre loué et regracié Dieu nostre créateur et la benoiste glorieuse vierge Marie, mandoit ausdiz de Paris que de ce ilz feissent processions generalles à Paris et que les feuz en feussent faiz parmi les rues de ladicte ville ; laquelle chose fut faicte. Et furent icelles processions faictes, qui alerent de Nostre-Dame à Madame Saincte-Geneviefve au Mont de Paris, et y fut illec presché par le prieur des Carmes, qui illec declaira bien au long et honnorablement l'intencion et contenu desdictes lettres du roy.
En ladicte année, au moys d'octobre, advint au pays d'Auvergne que, en une religion de moynes noirs appartenant à mons. le cardinal de Bourbon, y eut ung des religieux dudit lieu qui avoit les deux sexes d'omme et de femme; et de chascun d'iceulx se aida
mécontent du pape. Or, ce dernier avait indisposé Louis XI par son attitude hostile aux Florentins alliés du roi de France.
1. Les ambassadeurs de Louis XI étaient l'évêque de Lombez, le seigneur de Lescun, Guillaume de Soupplainville et Jean de Chassaigne. Le 9 octobre 1478, un traité fut signé à Saint- Jeande-Luz avec les plénipotentiaires de Ferdinand et d'Isabelle. Les Espagnols s'engageaient à renoncer à toute alliance avec Maximilien, tandis que Louis XI promettait de ne pas appuyer les prétentions du roi de Portugal, Alphonse V, sur la Castille.
tellement qu'il devint gros d'enfant; pourquoy fut prins et saisy et mys en justice et gardé jusques à ce qu'il fut délivré de son postume, pour, après icelluy venu, estre fait dudit religieux ce que justice verroit estre à faire ^.
Oudit pays advint aussi que ung gentilhomme dudit pays d'Auvergne nourrissoit ung lyon quiluy eschappa, et le perdit par aucun temps qu'il ne scavoit où il estoit ne qu'il estoit devenu. Laquelle beste s'en ala à l'escart et sur aucuns chemins, là où menga et devoura pluseurs créatures, tant hommes que femmes; pour cause de quoy grant nombre de gens dudit pays se mirent sur les champs pour le tuer, et y ala aussy sondit maistre ; et tant firent qu'ilz trouvèrent ladicte beste, laquelle entre autres personnes recongneut et vint à sondit maistre, et incontinent fut tuée et meurdrie. — Et pareillement aussy audit pays y sourdit une fontaine en lieu où jamais n'en avoit point eu ; et illec devint la terre mouvant et tremblant merveilleusement.
Oudit an LXXVIII, ou moys de novembre, ung nommé Symon Courtois, que le roy avoit fait son procureur gênerai par toute la conté d'Artois, au moien de la trêve qui estoit entre le roy et les Flamens, se partit de la ville d'Arras, faingnant aller en ses affaires au pays de Flandres. Ouquel pays s'en ala pardevers la confesse dudit Flandres, femme de Maximien d'Auteriche^, pardevers laquelle, et non content de l'on-
1. Mézeray veut que ce fait plus qu'étrange se soit passé dans l'abbaye d'Issoire en Auvergne, qui appartenait au cardinal de Bourbon.
2. C'est la première mention que notre chroniqueur fait du mariage de Maximilien d'Autriche et de Marie de Bourgogne.
neur à luy fait par le roy de l'avoir ainsy créé sondit procureur gênerai en ladicte conté, dist à icelle contesse qu'il estoit bien son serviteur, comme ses autres parens avoient esté, et qu'elle voulsist prendre de luy le serment et le créer sondit procureur, et de raison elle luy revauldroit, et aymoit mieulx qu'elle* feust et demourast en ses mains que en celles du roy. Lesquelles choses, qui furent sceues par le gouverneur dudit Arras^ pour le roy, fut ledit Symon Courtois prins et saisy et mené devers le roy à Tours, où il confessa tout ce que dit est dessus, et à ceste cause il fut décapité.
Oudit an LXXVIII, le lundi devant les Roys^ advint que pluseurs officiers du roy en son artillerie firent assortir une grosse bombarde, qui en ladicte année avoit esté faicte à Tours, pour illec l'essaier et esprouver. Et fut acculée la queue d'icelle aux champs devant la Bastille Sainct-Anthoine et la gueulle d'icelle en tirant vers le pont de Charenton ; laquelle fut chargée pour la première foys et tira très bien, et porta la piarre d'icelle de voilée jusques à la justice dudit pont de Charenton. Et, pour ce qu'il sembla aux dessusdiz qu'elle ne s'estoit pas bien deschargée de toute la pouldre qui, mise et boutée, avoit esté dedens la chambre d'icelle bombarde, fut ordonné par les dessusdiz que encores seroit chargée de nouveau et que derechief seroit tirée par seconde fois, et que avant ce elle seroit nettoyée dedens la chambre d'icelle avant que de y mettre la pouldre ; ce qui fut