Lisez Z
2. Sur les fins de non-recevoir opposées au légat par Maximilien, qui se méfiait de sa partialité en faveur du roi de France, voy. Lenglet, III, 597-600 et 623-626.
3. Interpolations et variantes, § CLXXVIII. — L'ordre du roi au chancelier pour l'élargissement du cardinal Balue est daté du Plessis, le 20 décembre (1480), et le texte en est rapporté par M"e Dupont (Gommynes, II, 216, n.). Balue, malade, fut remis au légat, qui l'emmena à Rome.
roy au pays de Touraine, où il demoura par la pluspart de river et jusques à environ les Roys, qu'il s'en ala à Poictiers et autres lieux, et puis s'en retourna à Tours et aux Forges vers la fin du mois de janvier ^ En ce temps, le roy fist casser et abatre tous les francs archiers du royaulme de France, et en leur place y voult estre et demourer pour servir en ses guerres \&s Souysses et picquiers. Et fist faire par tous coustelliers grant quantité de picques, hallebardes et grans dagues à larges rouelles^.
1. Louis XI arriva à Poitiers vers le 9 janvier 1481 (n. st.), et aux Forges vers le 27 du même mois (Itin. cité).
2. Le roi conserva les francs-archers de Normandie et un certain nombre de soldats d'élite choisis parmi les francs-archers des autres provinces (Bibl. nat., ms. fr. 27715, no 310, ordonnance du 11 octobre 1480). — La première tentative de Louis XI pour lever des mercenaires dans les ligues de la Haute-Allemagne remontait au printemps de 1474. Le traité d'alliance du 26 octobre de cette année consacra l'obligation pour les cantons de fournir au roi de France un nombre raisonnable d'auxiliaires ; mais dès le 2 octobre les Bernois s'étaient avancés davantage en se faisant fort d'obtenir de leurs confédérés un corps de 6,000 hommes (Lenglet, III, 871), et cette déclaration fut renouvelée le 6 avril 1475 (voy. Étude sur les relations de Charles VII et de Louis II avec les cantons suisses, ouvr. cité, p. 133). De fait, les négociations incessamment poursuivies après la ruine de la puissance bourguignonne n'aboutirent qu'en suite de la conclusion, sous les auspices du roi de France, de la paix entre les confédérés et le gouvernement milanais (5 mars 1480). Il s'agit ici, bien entendu, de l'envoi officiel d'un corps de mercenaires suisses en France, car, en dépit des prohibitions sévères des gouvernements cantonaux, de nombreux aventuriers suisses s'enrôlaient dans les armées françaises et bourguignonnes. — Malgré les efforts des adversaires de Louis XI et l'opposition de plusieurs petits cantons, la mission en Suisse d'Antoine de Lamet et de Bertrand de Brosse détermina les confédérés à accorder au roi de France autre chose que des promesses d'assistance (9 août 1480); mais la conclusion de la trêve entre la Bourgogne et la France, le 21 août, suspendit
En ladicte année, l'iver commença tart et ne gela point que ne feust le landemain de Noël, jour Sainct Estienne, et dura jusques au huitiesme febvrier, qui sont six sepmaines, durant lequel temps fist la plus grande et aspre froidure que les anciens eussent jamais veu faire en leurs vies. Et furent les rivières de Seine, Marne, Yonne et toutes autres rivières affluans en ladicte rivière de Seine, prises et gelées si très fort que tous charrois, gens et bestes passoient par dessus la glace. Et, au desgel desdictes rivières, en advint pluseurs grans maulx et dommages à cause desdictes glaces qui en emportèrent plusieurs pontz estans sur lesdictes rivières. Et les glaces firent de grans dommaiges, car ilz rompirent et emportèrent grant quantité de basteaulx, dont partie s'en alerent frapper contre les ponts Nostre-Dame, Sainct-Michel, d'icelle ville de Paris; lesquelz bateaulx sauvèrent plusieurs grans heurs que eussent fait lesdiz glaçons contre lesdiz ponts, qui furent en bien grant dangier d'estre abatus^ Et, pour la paour que en eurent les demourans sur lesdiz ponts, désemparèrent lesdiz ponts eulx et leurs biens jusques le dangier en feust passé. Et
la marche d'un corps suisse qui était déjà parvenu à Chalon-sur- Saône. Depuis ce moment, les cantons ne fournirent à Louis XI aucun contingent officiellement constitué : dès le mois de mars 1480, cependant, on estimait à 6,000 hommes les volontaires suisses engagés au service français. Ces mercenaires n'étaient guère plus disciplinés que les francs-archers dont le désordre avait causé l'insuccès de Guinegatte, et la nomination par Louis XI de Jean de Hallwil au grade de capitaine général des Suisses (seconde moitié de 1480) fut l'occasion d'actes de rébellion qui faillirent amener le renvoi des bandes suisses et leur remplacement par des Allemands {Relations, etc., citées, p. 112-185). Les piquiers dont parle notre texte appartenaient peut-être à cette dernière nation. 1. H février 1481 (Arch. nat., Z<t 19, fol. 82).
lesquelz glaces rompirent sept des pieux du moulin du Temple. Et à ceste cause ne vint point de bois à Paris par la rivière et fut bien chier, comme de sept à huit solz par le moulle ; mais, pour secourir le povre peuple, les gens des villages amenèrent en ladicte ville à chevaulx et charrois grant quantité de bois vert. Et eust esté ledit bois plus chier se les astrologiens de Paris eussent dit vérité, pour ce qu'ilz disoient que ladicte grande gelée dureroit jusques au huitiesme jour de mars, et il desgella trois sepmaines avant. Mais depuis ledit desgel le temps fut fort froit jusques bien avant le mois de may^ ; à cause de quoy plusieurs bourgons des vignes qui estoient trop avancéez furent perdus et gelez, et les fleurs des arbres et les souches en divers lieux perdues et gellées^.
Durant ledit yver et jusques au mois d'apvril, que failloit la trêve entre le roy et les Flamens, ne fut riens fait de costé ne d'aultre, pour ce que lesdiz Flamens envoierent leur ambassade devers le roy à Tours; ausquelz il donna expedicion et continua les trêves d'ung an, espérant que durant icelluy se trouveroit quelque bon expédient de paix finale ^.
Audit temps, les ambassadeurs du roy Edouart d'Angleterre vindrent pardevers le roy pour le fait de