C'est-à-dire : bien avant dans le mois de mai
2. « Trente ans par avant n'avoit esté veu si cruel froid et horrible; il print son commencement dès le vingt-quatrième jour de décembre et termina le septiesme jour de febvrier, sans desgeller un seul jour, car le vent estoit continuellement en bise » (Molinet, II, 279. Cf. Basin, IH, 60).
3. Après avoir passé l'hiver en négociations dilatoires avec Louis XI, Maximilien, ne se voyant pas effectivement soutenu par l'Angleterre et en désaccord avec les villes de Flandre, finit par demander une prolongation des trêves.
la trêve. Et print le roy la peine d'aler devers eulx jusques à Chasteau Regnault, où le roy les ouyst sur la matière pourquoy ilz estoient venuz ; et illec furent expédiez par le roy et puis s'en retournèrent en Angleterre. Et après leur parlement fu dit et publié que la trêve d'entre lesdiz deux roys estoit continué pour bien long temps ^
Audit an mil IIIP quatre vingtz, au mois de mars, le roy, estant en son hostel du Plessis du Parc lez Tours, fut merveilleusement malade d'une maladie qui soubdainement le print, dont fut dit depuis qu'il fut en grant dangier de mort ; mais, moyennant l'aide de Dieu, la santé luy fut rendue et revint en convalescence^.
En l'année mil IIIP quatre vingtz et ung, le roy voult et ordonna que certain camp de bois, qu'il avoit fait faire pour tenir les champs contre ses ennemys, feust drecié et mys en estât en une grant plaine près le Pont de l'Arche pour illec le veoir, et dedens icelluy certaine quantité de gens de guerre armez, avec halebardiers et picquiers que nouvellement avoit mys sus, dont il avoit donné la conduicte desdictz gens de guerre à messire Phelipe de Grevecueur, chevalier, seigneur d'Esquerdes\ et à maistre Guillaume Pic-
1 . Châteaurenault est aujourd'hui dans le dép. d'Indre-et-Loire, arr. de Tours, — Sur cette négociation, voy. Lenglet, IV, 17 et suiv.
2. Interpolations et variantes, § CLXXIX. — Ce fut non pas au Plessis, mais « en une petite paroisse à un quart de lieue des Forges, près Chinon, à son dîner, » que Louis XI fut frappé de cette première attaque, « et luy vint comme une percussion et perdit la parole » (Gommynes, éd. Dupont, II, 212).
quart, baillif de Rouen ; dedens lequel camp il voult que lesdiz gens de guerre feussent par l'espace d'ung mois, pour scavoir comment ilz se conduiroient dedens et pour scavoir quelz vivres il conviendroit avoir à ceulx qui seroient dedens ledit camp durant le temps qu'ilz y seroient. Et, pour aler audit camp, que le roy avoit ordonné estre prest dedens le xv® jour de juing, le roy s'approucha près de Paris et fist la feste de Penthecouste à Nostre-Dame de Chartres. Et d'illec s'en ala audit Pont de l'Arche, et de là audit camp, qui fut choisy et assis entre ledit Pont de l'Arche et le Pont Saint-Pierre ; partie duquel camp , tel qu'il povoit contenir * , fut fossoyé au long de ce qui en fut dressié, et dedens fut tendu des tentes et pavillons, et aussy y fut mis de l'artillerie et de tout ce qui y estoit requis. Et, par ladicte porcion ainsy dressée, qui fut fort agréable au roy, fut fait jugement quel avitaillement il fauldroit avoir pour fournir tout icelluy camp quant il seroit du tout emply de ce que le roy avoit intencion de y mettre et bouter. Et, après ces choses et que le roy l'eut bien veu et visité, s'en vint à bien content et s'en partit pour s'en retourner audit lieu de Chartres, Selome, Vendosme et à Tours, et en renvoya toutes les compaignies qui estoient venus audit camp par son ordonnance, chascun en sa garnison-.