Sans doute : tel qu'il se povoit contenir
2. Louis XI avait quitté le Plessis à la fin de mai. Le 10 juin, il était à Chartres ; le 15, à Garennes (Eure) ; le 22 et les jours suivants il séjourna à Pont-de-l'Arche. Il passa de nouveau à Chartres le l^"" juillet et rentra au Plessis le 10. — Commynes nous apprend qu'en 1480 le roi avait, sur le conseil de d'Esquerdes, son lieutenant en Picardie, décrété l'organisation d'une armée composée de
En ladicte année, le duc de Bretaigne envoya acheter à Millan certaine quantité de harnois , comme curasses, sallades et autres harnois, qui furent enfardellez en fardeaulx en façon de draps de soye et autres marchandises fort enveloppez de cotton, et tellement que à remuer les fardeaulx ne faisoient point de noise. Lesquelz fardeaux, qui se portèrent sur muletz, arrivèrent aux montaignes d'Auvergne ; laquelle marchandise de harnois les gens et commis de Doyac prindrent, et incontinent fut mandé au roy, qui donna lesdiz harnoys audit Doyac et autres, ses satellites ^
En ladicte année, toutes les vignes presque universellement par tout le royaulme de France faillirent et ne apportèrent que ung peu de chose, et le vin qui creust en ladicte année ne valut guieres et si se vendit bien chier^. Et, à ceste cause, le vin de l'année prece-
1,500 hommes d'armes d'ordonnance, de 20,000 hommes de pied et de 2,500 pionniers « toujours prestz. » D'Esquerdes, qui les commandait en chef, s'établit au château de Famechon, près Poix (Somme). La bailli de Rouen fut mis à la tête des pionniers du a champ, » établis à Abbeville et aux environs. Ce sont ces troupes que Louis XI fit venir en Normandie à Pont-de-l'Arche (éd. Dupont, n, p. 217 et suiv.). L'année précédente, en prévision d'une descente anglaise, il avait déjà envoyé en Normandie 3,000 Suisses (Relations de Charles VII et de Louis XI avec les cantons suisses, citées, p. 188 et suiv.). — Une partie des comptes des dépenses effectuées pour le camp de Pont-de-l'Arche est dans le portefeuille Fontanieu, 140-141, à la Bibliothèque nationale.
1. « A Jaques des Comptes, marchand d'Orléans, pour avoir fait conduire de Tours à Orléans la moitié de certaine quantité de harnois blanc et salades arrêtés par le commandement du roi, lesquels on menoit en Bretagne, » etc. (Bibl. nat., ms. fr. 6758, fol. 393; comptes sur parch.).
2. Basin, en rappelant les rigueurs de l'hiver de 1480, ajoute : « Congelarunt etiam vinearum palmites et plerasque radicitus arescere fecerunt in multis Galliarum et Germanise provinciis, ob quam
dente, qui aussi ne valoit guieres, fut vendu moult chier, car le vin qui, au commencement d'icelle année, ne fut vendu à détail et taverne que quatre deniers tournois, fut vendu douze deniers tournois la pinte. Et par aucuns marchans bourgois de Paris et d'ailleurs, qui avoient gardé du vin creu autour de Paris comme de Champigny sur Marne et autres lieux voisins, le vendirent bien chierement, car plusieurs en vendirent à détail deux solz parisis la pinte, qui estoit audit pris trente six livres tournois le muy. Et advint que, au moyen de ce que lesdictes vignes faillirent, comme dit est, et que le vin ne vallut guieres, plusieurs marchans s'en alerent cercher les bons' en diverses régions loingtaines, lesquelz marchans firent amener en la ville de Paris, qui fut pareillement chier vendu, comme six et sept blans la pinte, et lesquelz vins furent alez quérir jusques es fins et mettes des dernières villes d'Espaigne.
En ladicte année, les garnisons pour le roy estans au pays de Picardie, tenans frontière sur lesdis Flamens, nonobstant la trêve firent de grans courses les ungs contre les autres en faisant mauvaise guerre, car tous les prisonniers de guerre prins de chascun desdiz costez sans miséricorde aucune estoient penduz quant prins estoyent, sans aucun en mettre à rençon^.
Audit temps, le roy, qui avoit esté malade à Tours,
causam per biennium post raritas et caristia vinorum supra solitum consecutse sunt » \III, 60).