Luxure
i476] OU CHRONIQUE SCANDALEUSE. 17
en l'abbaye de Coulons^ et y fist faire son service, et ledit Pierre de la Vergne fist enterrer en ung jardin au joignant de l'ostel oii il avoit ainsi esté murdry^.
En après, le roy estant à Lion, qui auprès d'ilec avoit grant quantité de son armée, ot certaines nouvelles que monseigneur le duc de Lorraine, qui estoit ou pays de Souysse avecques les Suixes, Barués^,
1. Près Nogent-le- Roi, sur l'Eure. C'était une abbaye de l'ordre de saint Benoît.
2. M. Douët d'Arcq a publié, sous le titre Procès criminel intenté contre Jacques de Brézé, etc., une notice sur ce drame conjugal {Bibl. de l'École des chartes, t. X, p. 2J1 et suiv.). Le savant historien assigne au meurtre de Charlotte de Valois la date du 31 mai i477 et s'appuie à la fois sur le texte d'une lettre de rémission délivrée à Jacques de Brézé au mois d'août 1486 et sur la plaidoirie de son avocat, prononcée devant le Parlement le 3 mai 1484. Le premier de ces documents nous parait peu convaincant, car il porte que le crime fut consommé « dix ans y a, un samedi, veille de la Trinité, » ce qui équivaudrait, quant à la date de l'année, à dire 1476. Cette année-là, il est vrai, le samedi veille de la Trinité tomba le 8 juin, mais, dans le ms. fr. 5062, la date du jour est écrite en chiffres romains ; un simple lapsus de plume suffit donc à expliquer l'erreur de la Chronique Scandaleuse. Quant au plaidoyer, il porte en effet 1477, mais sans indiquer le jour ni le mois, et il a été rédigé au moins sept ans après l'événement. Nous préférons donc conserver la date fournie par notre Chronique, en nous bornant à changer le chiffre xin^ jour de juin en viii« jour de juin. Jacques de Brézé ne fut pas arrêté immédiatement, peut-être parce que les circonstances de la mort de Charlotte de Valois ne furent pas alors révélées au roi. Assigné à comparaître devant le Parlement, Brézé fut enfermé d'abord à la Conciergerie du Palais, puis au château de Vernon. Son procès fut instruit par commission. Louis XI consentit à ce que le cas fût civilisé, et un arrêt rendu le 22 septembre 1481 condamna le grand sénéchal de Normandie à payer une amende de 100,000 écus d'or. Il fut incapable de l'acquitter, et ses biens furent mis en la main du roi, qui les rendit à ses enfants.