Etienne Goupillon (8 mai
2. Dès le 17 avril 1483, Louis XI priait l'abbé de Saint-Remi d'examiner s'il était possible, « sans pecbé ne danger, » de tirer « une petite goutte » de la Sainte Ampoule de la fiole où elle était renfermée. La chose fut jugée matériellement impossible, et il fallut l'intervention du saint-siège pour décider l'abbé à laisser emporter la précieuse relique. Le 14 juillet, le roi annonçait à l'abbé de Saint-Remi l'arrivée de l'évêque de Séez et du gouverneur d'Auvergne, Claude de Montfaucon, qui venaient quérir la Sainte Ampoule. Le 31 du même mois, à une heure après midi, le Parlement se porta à cheval à Saint- Antoine-des-Champs, où était déposée la relique, « en une petite capse qui fut couverte d'un drap d'or. » Solennellement apportée à Paris, l'ampoule reposa cette nuit dans la Sainte-Chapelle du Palais et en fut emportée le lendemain avec la croix de la Victoire et la verge de Moïse (voy. Arch. nat., X^a 1490, fol. 352 v° et suiv., Commynes, éd. Dupont, II, 249 et suiv., note, et Bibl. nat., ms. lat. 9941, fol. 16 v" et suiv.). La Sainte Ampoule fut déposée au Plessisdans la chambre du roi « et estoit sur son buffet à l'heure de sa mort, et avoit intention d'en prendre semblable onction qu'il en avoit prins à son sacre » (Commynes, éd. Dupont, loc. cit.). Les trois reliques furent rapportées à la Sainte-Chapelle à Paris, le 11 septembre, et la Sainte Ampoule fut emportée à Reims par les religieux de Saint-Remi qui l'avaient accompagnée (Arch. nat., X^^, fol. 408. Cf. Tarbé, Louis XI et la Sainte Ampoule. Reims, 1842, in-12, éd. Sauvai, ouvr. cité, III, 238).
3. Jean Briçonnet l'aîné, seigneur de Varennes, etc., fils de Jean Briçonnet et de Jeanne Belle teau, secrétaire du roi, puis receveur général des finances, maire de Tours en 1462, épousa
ausquelles lettres fut foy adjoustée, pour ce que ledit Briçonnet estoit homme de bien et de crédit. Et à ceste cause les prevost des marchans et eschevins de la ville de Paris, pour pourveoir aux affaires d'icelle ville, firent mettre gardes aux portes de ladicte ville, pour garder que homme n'en yssist ne y entrast. Et, à ceste cause, fut bruyt tout commun parmi ladicte ville de Paris que le roy estoit ainsi mort, dont il n'estoit riens, et s'en revint, but, parla et menga très bien, et vesquit jusques au samedi au soir ensuivant, trentiesme et penultime jour dudit mois d'aoust, environ l'eure de entre six et sept au soir qu'il rendit l'ame^ Et incontinent fut le corps habandonné de ceulx qui l'avoient servy en la vie.
Jeanne Berthelot et mourut le 30 oct. 1493. — Le samedi 30 août, comme le bruit courait depuis deux jours à Paris que le roi était mort le lundi précédent, jour de la Saint-Louis, « dont toutefois les nouvelles n'estoient certaines, » le nouveau chancelier Guillaume de Rochefort vint annoncer au Parlement que, pour mettre fin à cette incertitude, il allait partir pour Tours. Il exhorta la cour à ne point interrompre le cours de la justice, « ainsi que on a acoustumé, soit que lesdictes nouvelles feussent vrayes ou non. » Après une réponse congruente du premier président La ^'acquerie, le chancelier prit congé, non sans embrasser tous les présidents et les conseillers présents, « et n'a pas esté sans plourer. » Puis la cour prit une résolution conforme aux désirs exprimés par le chancelier, « attendu que justice ne meurt point. » « Et depuis, » ajoute en note le greffier civil du Parlement aux procès-verbaux duquel ces détails sont empruntés, « a esté rapporté par plusieurs que ledit seigneur n'estoit pas trespassé » (Arch. nat., X'^ 1490, fol. 389).
1. Interpolations et variantes, § GLXXXIIL — Dès que Louis XI se sentit frappé, il « se jugea mort; » il fit chercher le seigneur de Beaujeu, lui recommanda son fils et lui en remit la charge, a La paroUe jamais ne luy faillit depuis qu'elle luy fut revenue ne le sens, ne jamais ne l'eut si bon. Il parloit aussi sec comme
Et, après ledit trespas, son corps, depuis qu'il fut appareillé comme on a de coustume de faire, fut porté inhumer dudit lieu des Montilz en l'église Nostre-Dame de Clery ^ , pour ce qu'il voulut et ordonna en son vivant que ainsy feust fait, et ne voult estre mis avecques les deffunctz très nobles roys de France, ses prédécesseurs, en l'église et abbaye de Sainct-Denis en France ~. Et ne voulut jamais dire la raison qui le avoit meu ad ce; mais aucuns pensoient que ce feust pour la cause de l'église où il fîst moult de biens, et aussy pour la grande devocion qu'il avoit à la benoiste vierge Marie pryée oudit lieu de Clery. — Lequel deffunct roy, en son vivant, à cause d'aucuns personnaiges qui estoient à l'entour de sa personne, comme Olivier le Dyable dit le Dain, son barbier, Jehan de Doyac, et autres pluseurs, lesquelz il creoit plus que gens de son royaulme, fîst durant son règne beaucoup de injustices, maulx et violences, et tellement qu'il avoit mis son peuple si au bas que, au jour de son trespas, estoit presque au desespoir, car les biens qu'il prenoit sur sondit peuple donnoit et distribuoit aux églises, en grans pensions, en ambassades, et gens de bas estât et condicion, ausquelz, pour les exaulcer, ne se povoit tenir
si jamais n'eust esté mallade. » Après toutes les craintes et les « suspections » qu'il avait si longtemps manifestées, Louis XI mourut avec fermeté le samedi 30 août 1483, à huit heures du soir (voy. Commynes, éd. Dupont, II, 255 et suiv.).
1. M^ie Dupont a publié aux Preuves de son édition de Commynes (III, 339 et suiv.) le texte du marché passé par Jean Bourré, trésorier de France, pour l'exécution d'une statue de Louis XI de grandeur naturelle destinée à orner sa sépulture à Notre-Dame de Gléry.
de leur donner argent, biens et possessions, en telle façon qu'il avoit donné et aliéné la pluspart du demaine de son royaulme*. Et nonobstant qu'il eut durant sondit règne pluseurs affaires, toutesfoys il mist en telle subjection ses ennemys qu'ilz vindrent tous pardevers luy à mercy, et fut si crainct et doubté qu'il n'y avoit si grant en son royaulme, et mesmement ceulx de son sang, qui dormist ne reposast seurement en sa maison. Et avant sondit trespas, fut moult fort molesté de pluseurs maladies; pour le guérir desquelles maladies furent faictes pour luy par les médecins qui avoient la cure de sa personne de terribles et merveilleuses médecines. Lesquelles maladies lui puissent valoir au salut de son ame, et luy donne son paradis par sa miséricorde Celluy qui vit et règne au siècle des siècles. Amen. Deo gracias!
l. La taille, qui était en 1461 de 1,200,000 livres, avait été portée en 1476 à 1,800,000, et en 1483 à 3,900,000 livres. En 1461, la couronne percevait en tout 1,800,000 livres; en 1483, 4,700,000 liv., et cette dernière somme peut se décomposer comme suit : taille, 3,900,000 liv.; aides et gabelles, 700,000 liv.; domaine, 100,000 liv. L'augmentation avait été particulièrement sensible en Normandie, où les impôts avaient passé de 551,474 liv. en 1475 à 1,172,419 liv. en 1483! Nous devons la communication de ces chiffres éloquents à l'obligeance de notre savant confrère M. Spont. Cf. Collection des Documents inédits. Journal des états généraux de IkSk, éd. Bemier, p. 90 et suiv., 354 et suiv.