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Des Rogations

3. Marguerite, fille de Jean III, comte de Sancerre, et de Marguerite, dame de Mermande en Anjou, épousa : 1° Gérard Chabot; 2° Béraud, dauphin d'Auvergne; 3° Jacques de Montberon; 4° Jean II, dit Lourdin, seigneur de Saligny et de la Mothe, connétable de Sicile. Elle mourut en 1419. — Ni La Thaumassière ni Raynal ne parlent de cette affaire dans leurs histoires du Berry, mais on voit dans le Journal de Nicolas de Baye (éd. Tuetey, II, 18) que dès 1411 Lourdin de Saligny et Béraud Dauphin, fils du deuxième mariage de la comtesse de Sancerre, étaient en procès devant le Parlement de Paris. Il est au moins singulier qu'un serviteur de la maison de Chabannes ait reproduit une déposition qualifiant de concubinage l'union de Lourdin de Saligny et de Jeanne

furent benislz par le prieur de Saint-Martin dudit lieu. Et, après lesdittez espousailles faictes, le duc de Berry *, le conte Dauphin et ses troys frères, enfans de ladicte contesse^, allèrent assiéger ledit Lourdin de Salligny, qui estoit lors audit chasteau dudit Sancerre, pour ce qu'ilz disoient qu'il n'estoit pas assés grant personnaige pour avoir une telle contesse; et tellement que icelluy Lourdin de Salligny fut contraint de rendre ladite place et s'en aller. Lequel depuys entretint, par manière de concubinaige et durant ledit mariaige, Jehanne, fille de messire Blanche Bracquet, lors dame de Ghastillon sur Loing^.

Jehan Ysarabert, vigneron; Estienne Godin, cordonnier; Jehan Chaurge, tanneur; André Dargent; Estienne Passeron, bouchier; Estienne Visart, notaire; Estienne Pitat, sergent; frère Anthoine, prieur de Saint -Tybault ; tous demourans lors audit Sancerre, depposerent touchant ledit mariaige comme fist ledit Estienne Marriher; mais ne savoient riens que ledit de Salligny eust entretenu durant ledit mariaige laditte Jehanne Bracque, excepté ledit Estienne Pitat, qui l'atesta. Guillaume Perdriau, Guillemette, vefve de Jehan Pommier, messire Pierre Boutonnet et Jehan Hac-

Bracque, alors que leur arrière-petit-fils, Jacques II de Coligny, seigneur d'Andelot, avait épousé en 1496 Anne de Ghabannes, fille de Jean, comte de Dammartin, celui-là même qui fit rédiger en l'honneur de son père le manuscrit interpolé. Quicherat, qui a parfaitement indiqué que la contestation en question était pour les Ghabannes « une affaire de famille, » ne parait pas avoir été frappé de l'étrangeté du fait.

\. Jean, duc de Berry, troisième fils du roi Jean II et de Bonne de Luxembourg, né le 30 novembre 1340, mort le 15 juin 1416.

2. Béraud III, comte de Glermont, dauphin d'Auvergne, et ses frères étaient issus du second mariage de la comtesse de Sancerre.

3. Jean Lourdin, seigneur de Saligny, eut d'un second mariage avec Jeanne de Braque, dame de Ghàtillon-sur-Loing, pour fille et héritière Gatherine de Saligny, dame du lieu et de la Motte- Saint-Jean, laquelle, ainsi que cela est dit plus loin, épousa, par contrat du 12 juin 1437, Guillaume II, seigneur de Goligny et d'Andelot. Elle mourut à la fin de l'année 1449 (Anselme, t. VII, p. 151).

DE LA CHRONIQUE SCAND./VLEUSE. 161

quineau, tous demourans à Bonny sur Loyre, attestèrent que oudit temps et par laditte informacion faitte que ledit Lourdin de Salligny espousa audit lieu laditte Jehanne Bracque, fille dudit messire Blanchet Bracque, chevalier, seigneur dudit Chastillon sur Loing, dont ilz eurent une fille nommée Katherine, qui depuis fut conjoincte par loy de mariage au seigneur d'Andelot, non obstant que vesquist pour lors laditte contesse de Sancerre, première femme dudit Lourdin de Salligny. Maistre Jehan Bourgeois fut commissaire à faire ceste information de par le roy. , IV. — (Clair. 481, fol. 31, 1. 12. Chron. soand., t. I, p. 34.) — D'une belle fille. Laquelle depuis le roy contraignit Loys, duc d'Orléans, à force et soubz le dangier de sa personne, de la prandre par forme de mariage pour estre sa femme, ce que jamais ne se peult faire pour ce qu'il n'y donna point de consentement. Et en parla le roy à plusieurs notables gens de ceste matere, lesquelz la trouvèrent estrange, pourcequ'ilz congnoissoient qu'elle n'estoit capable d'avoir lignée, et n'osoient parler nesung pour ce que le roy menassoit que tous ceulx qui vouldroient aller au contraire dudit mariage ne seroient point asseurez de leurs vies en ce royaulme.

V. — (Clair. 481, fol. 31, 1. 31. Chron. scand., t. I, p. 35.) — Normendie. En laditte année mil quatre cens LXIII, le xv*" jour d'aoust, fut donné certain arrest contre Anthoine de Chabannes, conte de Dampmartin, qui estoit détenu prisonnier en la Bastide Saint- Anthoine, à la requeste de ses hayneurs et malveillans, par faulx, mauvais et sinistres rappors dont estoit inventeur principal messire Charles de Meleun, avec ses adherans, vassal dudit conte [de] Dampmartin à cause de sa terre deNantouillet, pretendans la confiscation des corps et biens dudit conte. Lequel arrest fut donné pour ce qu'il fut recellé par ledit de Meleun une depposicion d'enqueste faicte en la cité d'Ast par maistre Pierre Doriolle, conseillier de la court de Parlement, d'un nommé messire Regnault du Dresnay, cheval- II 11

lier; laquelle depposition signée et scellée dudit conseillier, avoit esté baillée par le roy audit de MeleuD pour joindre au procès dudit de Chabannes, ce qu'il ne flst; mais par luy veue laditte depposition et enqueste, en laquelle gisoit la purification dudit conte, sollicita à toute dilligence l'expédition dudit arrest sans y joindre laditte enqueste , pour ce [que], comme dist est, elle parloit au prouffit de la purification dudit conte.

Et, après ledit arrest donné oudit moys d'aoust mil IIII'^LXIII, le roy donna au seigneur du Lau, qui couchoit ordinairement avecques luy, la seigneurie de Blancaffort en Guienne, appartenant audit conte de Dampmartin, et à Vuaste de Montepedon la baronnie de Rochefort et Auriere en Auvergne S que icelluy conte avoit achetée du sire du Beuil, conte de Sancerre, la somme de dix mil escus. Et aussi fist tant l'arcevesque de Bourges, ses frères et alliez, envers le roy, qu'ilz eurent commission pour les mettre en possession des seigneuries de Saint-Fergeau, Saint-Morise et païs de Puisaye^; lesquelles lettres s'adressèrent à monseigneur de Montgascon^, qui se transporta audit Saint- Fergeau pour mettre à exécution saditte commission ; auquel lieu faisoit sa résidence la contesse de Dampmartin, qui avoit avec elle son filz, nommé Jehan de Chabannes, aagé de dix huit moys ou environ, que le duc Jehan de Bourbon avoit fait tenir en son nom^ Et fut contrainte par ledit de Mont-

1. Rochefort et Aurière sont des locaUtés du dép. du Puy-de- Dôme, arr. de Glermont. Jean V de Bueil était entré en possession de ces seigneuries en 1452 par suite d'un accord passé avec la maison de Bourbon {le Jouvencel, I, p. clxxix).

2. Ce petit pays, qui avait pour clief-lieu Saint-Fargeau, était situé dans la partie méridionale du Gàtinais Orléanais.

3. Godefroi de la Tour, fils de Bertrand V, comte d'Auvergne, et de Jacquette du Peschin. Il épousa Anne de Beaufort.

4. Jean de Chabannes, qui fut seigneur de Saint-Fargeau du vivant de son père, puis comte de Dammartin en 1488, mourut vers 1503. Il épousa d'abord Marguerite, fille naturelle de Nicolas d'Anjou, duc de Galabre et de Lorraine, puis Susanne, fille de l'amiral Louis de Bourbon. C'est précisément pour Jean de Gha-

gascon issir et départir dudit Saint-Fergeau, sans ce qu'il voulsist permettre ne souffrit qu'elle emportast aucune chose de ses biens, non pas tant seulement ung drappeau pour en envelopper son filz, et luy convint en emprunter à la ville. Et de là s'en alla à Dampmartin, où elle trouva ledit de Meleun qui joïssoit et possedoit de tous les biens de la conté, sans en vouloir aucune chose bailler pour vivre à la contesse ne à son filz ; et ce n'eust esté ung laboureur de la conté, nommé Anthoine Lefort, qui luy aida à nourrir, elle eust eu beaucop à souffrir. Et luy tint plusieurs grans rigueurs ledit de Meleun, espérant faire le mariage du filz du conte de Dampmartin, qui n'avoit que deux ans, à la fille dudit de Meleun', mais le conte ne la contesse n'y voulurent aucunement entendre, pour ce qu'ilz veoient le mariage non estre sortable, et n'estoit que leur vassal à cause de la terre de Nantouillet, qui est tenue en fief à cause de ladite conté de Dampmartin ^

VI. — (Clair. 481, fol. 35, 1. 1. Ckron. scand., t. I, p. 37.) — Qu'ilz feussent suivis. Et mena ceste espousée au moustier Odet d'Ayrie^^, gascon, seigneur de Lesquun, qui depuis fut seigneur de Gomynge et gouverneur de Guyenne, qui estoit très hardi chevalier et bien saige; et s'est meue peu de pratique en France de quoy il ne se soit meslé.

bannes que fut rédigé le manuscrit interpolé de la Chronique scandaleuse. On trouvera au fol. 17 du ms. fr. 955 de la Bibl. nat. [les Marguerites historiales de Jean Massue) un portrait qui paraît être celui de Jean de Ghabannes et, au fol. 3 du même ms., qui date de 1497, l'énumératioa complète de ses titres et qualités.

1. Probablement Artuse de Melun, fille du premier mariage de Charles de Meluu avec Anne-Philippe de la Rochefoucauld.

2. Cette terre était entrée dans la maison de Melun en 1413 par le mariage de Jeanne, fille et héritière de Renaud, seigneur de Nantouillet, avec Philippe, seigneur de la Borde-le- Vicomte, etc., père de Charles de Melun. Nantouillet est aujourd'hui dans le dép. de Seine-et-Marne, cant. de Glaye-Souilly.

3. D'Aydie. — L'expression mener l'épousée au moustier pour mener une affaire à bonne fin est fréquemment usitée au xv^ siècle.

VIL — (Clair. 481, fol. 35, 1. 10. Chron. scand., t. I, p. 38.) — Seigneur' de Berry. Et plusieurs ses allés et complices avecquez Mons. de Nemours avoient fait une grande conspiration à l'encontre du roy, et avoit mondit seigneur de Nemours donné son scellé à l'encontre du roy à Mons. de Charroloys ^

Et devez savoir que alors que le duc de Berry se partit de Poictiers, le roy estoit allé en pèlerinage à Nostre-Dame du Pont en Lymosin^, et avoit laissé à Poictiers sondit frère Mons. de Berry. Et, quant le roy sceut la départie de sondit frère, il en fut merveilleusement marry, et tost après sceut la conspiration que les seigneurs de son royaulme avoient faicte contre luy, lesqueulx s'en estoient tous retournés en leurs païs pour faire leur amast et ta choient de attraire à eulx tous les autres seigneurs du royaulme. Et à ceste cause le roy escripvit par toutes les bonnes villes de son royaulme qu'ilz feissent bon gueit et qu'ilz se donnassent garde, en les advertissant de ce que dit est, en les priant qu'ilz luy fussent bons et loyaulx. Puis s'en tyra le roy vers Angiers, pour essayer se par doulceur et bons moyens il pourroit retirer à luy Mons. de Berry, son frère, qui estoit en Bretaigne, mais il ne peust.

En ce temps, le roy estant à Saulmur vers Angiers, Mons. le duc de Nemours envoya pardevers le roy le seigneur de Langhac pour luy signifier que pour certaines causes il avoit baillé son scellé aux dessusditz seigneurs. Et chargea ledit de Langhac de le dire à Mons. du Mayne et autres estans pour lors à l'entour du roy à Saulmur, comme il appert par la depposicion dudit de Nemours contenue en son procès^.

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