‹ JournalChapitre 53 sur 178 · La phrase est demeurée inachevée dans le manuscrit · texte numérisé non relu

La phrase est demeurée inachevée dans le manuscrit

dissent le lendemain au giste vers luy, à Saint Mathurin de Larchant^; ce qu'ilz firent.

m. — (Clair. 481, fol. 27, 1. 12. Chron. scand., t. I, p. 34.) — Fructueuse. En laditte (sic) année mil IIIPLXIII, le roi desengaigea les terres de Picardie estans sur le long de la rivière de Somme : c'est assavoir Amyens, Saint-Quentin, Corbie, Arleux, Montereul, Abeville et autres, qui avoient esté baillées en gaige par le roy Charles au duc de Bourgoigne, pour la somme de quatre cens mil vieulx escus d'or-.

En laditte année mil IIII'^ LXIP, le conte de Dampmartin se rendit prisonnier de sa volunté en la Conciergerie du Palais à Paris. Et, après qu'il [y] eust esté assez longuement, fut mené en la Bastide Saint-Anthoine. Et, luy estant en icelle, r arche vesque de Bourges, filz de Jacques Cueur, et ses frères*, cuiderent trouver moyen de faire abolir la sentence donnée contre ledit Jacques Cueur, par le roy Charles septiesme, tenant son lyt de justice et en son grant conseil. Et de ce faire requirent lesditz Cueurs monseigneur du Lo, Vuaste de Montepedon , lors bailly de Rouen, Charles de Meleun, et plusieurs aultres grans personnaiges, lesquieulx conspirèrent entre eulx de partir et diviser les biens dudit conte de Dampmartin. Laquelle sentence le roy ne voulut estre abolie , pour ce que justement elle avoit esté donnée contre ledit Cueur, et aussi que les faitz du roy Charles sep-

1. Toucy, auj. dép. de l'Yonne, arr. d'Auxerre. — Larchant, auj. dép. de Seine-et-Marne, arr. de Fontainebleau.

2. Aux termes du traité d'Arras du 21 septembre 1436 (voy. de Beaucourt, Charles VII, II, 550).

3. Antoine de Chabannes se constitua prisonnier à la fin du mois de juillet 1462. Il fut enfermé d'abord à la Conciergerie du Palais (8-19 août 1462. Sauvai, Antiquités de Paris, III, 369. Cf. Arch. nat., X^* 30, fol. 212 et passirn), puis au Louvre, d'où on le transféra à la Bastille (voy. Ilist. de la maison de Chabannes, II, 76 et suiv.).

4. Les enfants de Jacques Cœur étaient Jean, archevêque de Bourges, Henri, conseiller et maître des Comptes, et Geoffroy, valet de chambre du roi.

tiesme, père du roy Loys, a voient esté si bien approuvez

par grande et meure délibération de son conseil, où estoient les presidens de Torrette et de Nanterre et plusieurs autres grans et saiges conseilliers du royaulme, et qu'ilz disoient qu'ilz estoient d'oppinion que par forme de droit on ne pourroit aller contre laditte sentence; et encores estoient d'oppinion la plus grande partie des plus saiges du royaulme que ledit Jacques Cueur devoit perdre le corps et les biens. Et si remonstrerent au roy lesditz presidens que s'il abolissoit laditte sentence , qui estoit juste et raisonnable , qu'il fauldroit que les sentences qui seroient donnéez de là en avant par luy et les autres roys, ses subcesseurs, pourroient estre après leurs descées declairés de nulle effect et valleur, et que cela touchoit totallement à sa majesté royalle touchant les arrestz qui par son Grant Conseil pourroient estre donnez contre ceulx qui auroient forfait contre luy.

Et aussi vouloient iceulx Cueurs faire vuyder le fraudeleux appel qu'ilz avoient par avant intergetté pour raison de laditte sentence contre eulx donnée, jaçoit ce qu'ilz avoient eu trestous de leur franche volunté ledit arrest pour aggreable. Et ce qui les mouvoit ad ce faire estoit pour ce qu'ilz avoient le procès de leur père entre leurs mains, duquel Uz avoient osté plusieurs cayers où estoient les principalles charges qui estoient contre ledit Jacques Cueur. Mais, après que le procès eut esté veu, fut trouvé en icelluy aucuns cayers couppés. Et estoit la mynutte en l'ostel de Gueteville, qui avoit esté greffier du Grand Conseil; en laquelle mynutte y avoit plusieurs choses au desavantaige dùdit Cueur qui n'estoient en la grosse de son procès : par quoy ledit procès demoura en Testât qu'il estoit. Et en oultre furent trouvéez unes lettres que ledit Jacques Cueur escripvoit au roy, luy estant à Romme, par lesquelles il confessoit tous les cas à luy imposés, requérant au roy par icelles lettres qu'il luy voulsist faire grâce et pardon ; ce qu'il ne voulut accorder, en ensuivant l'oppinion de tout son conseil, pour ce qu'il avoit mérité une plus grant pugnition. Mais le

roy, de grâce especialle, à la requeste de monseigneur de Bourbon, du conte de Dampmartin et autres seigneurs, donna des biens dudit Jaques Cueur à ses enfans, comme la Chaussée, la maison de Bourges et autres heritaiges*.

En laditte année mil IIII' soixante deux, le roy, estant à Poitiers, dicerna commission à messire Charles de Meleun, bailly de Cens, pour soy informer se messire Lourdin de Salligny avoit espousé la contesse de Sancerre au lieu de Bonny sur Loyre et de faire informacion touchant laditte matierre. Pour laquelle information furent interrogués certaines personnes cy après nommées : c'est assavoir Estienne Marrilier, marchant, demourant en la ville de Sancerre, aagé de quatre vingtz ans ou environ, examiné sur le contenu desdittez lettres royaulx données à Poitiers le xvtf jour de décembre l'an mil 1111= LXII, dist et depposa que cinquante troys (ans) avoit ou environ, es jours des rovaisons^ qui sont avant l'Ascention, qui fut présent ou chasteau de Sancerre, que feu messire Lourdin de Salligny espousa la contesse dudit lieu, nommée Marguerite, fille du conte Jehan ^ et

1. Sur le procès et la condamnation de Jacques Cœur en 1452- 1453, voyez l'excellent résumé qu'a donné M. de Beaucourt dans son Histoire de Charles VII, t. V, p. 84 et suiv. Les enfants de Jacques Cœur avaient en 1461 obtenu de Louis XI l'autorisation d'en appeler de l'arrêt rendu contre leur père, mais ils ne réussirent pas à le faire réformer en Parlement (/èid., V, 132. Cf., aux Arch. nat., le registre du Parlement X^a 30, aux dates des 20 mai, 3 juin, 3 août 1462).

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