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Ardembourg, en Zélande, à une lieue de l'Écluse

3. Gigonne ou Guigonne Thomassin, femme de Geoffroy de Ghevrieu, épousa en secondes noces Geoffroy de Ganlers, clerc des Comptes et contrôleur de l'écurie du roi. De sa première union elle eut un fils, Jean de Ghevrieu, qui fut notaire et secrétaire du roi Gharles VIII, et une fille, Sidoine, qui devint (contrat du 8 juillet 1496) la femme de Jacques Erlant, secrétaire du roi et receveur de sa cour de Parlement (Bibl. nat.. Pièces orig., vol. 1053, doss. Erlant, et vol. 587, doss. Ganlers). — De la Passefillon, on sait seulement qu'elle donna son nom à une mode de coiffure nouvelle (Quicherat, Hist. du costume, p. 310).

estoit nommée la Passefillon, femme aussi d'un marchant dudit Lion, nommé Anthoine Boursier. Et, pour Tonnesteté desdictes deux femmes, leur fist et donna de grans biens, car il maria ladicte Gigonne à ung jeune fîlz, natif de Paris, nommé Geoffroy de Canlers, et pour ledit mariage donna argent et des offices audit Geoffroy. Et au mary d'icelle Passefillon donna l'office de conseiller en sa Chambre des comptes à Paris, ou lieu de maistre Jehan de Reilhac\ auquel pour ceste cause elle fut ostée. Et puis laissa la conduicte desdictes deux femmes à les amener à Paris dudit lieu d'Orléans à damoiselle Ysabeau de Canlers, femme de maistre Phelippe le Bègue, correcteur en la Chambre des comptes à Paris ^.

En après, le roy s'en ala dudit lieu d'Orléans à Amboise et à Tours pardevers la royne et monseigneur le daulphin, et depuis en pèlerinage à Nostre-Dame de

i. La disgrâce de Jean de Reilhac, maître des Comptes depuis 1466, eut pour motif certaine intrigue qu'il fut soupçonné d'avoir nouée avec les ennemis du roi. On en trouvera le récit dans la belle publication que le comte de Reilhac a consacrée à ce personnage. On y verra, au t. I, p. 302 et suiv., les lettres datées de Lyon, le 19 avril 1476, par lesquelles Louis XI transféra à François Boursier l'office de conseiller maître des Comptes, « nagueres » tenu par Jean de Reilhac. Ce dernier saisit la Cour des comptes d'un procès en usurpation de charge, qu'il intenta, sans aucun succès d'ailleurs, à François Boursier (Ibid., 304). • 2. Philippe le Bègue, clerc (1444), puis correcteur des Comptes (14.56), était fils de Jean, greffier aux Comptes, et de Catherine Paillard. Le 19 septembre 1477, Louis XI l'éleva à la charge de conseiller et de vice-président en la Chambre des comptes, aux gages des présidents lais et sans préjudice de son office de correcteur. Sa sœur Catherine avait épousé Jean de Popincourt, président au Parlement (Bibl. nat.. Pièces orig., vol. 264, doss. Le Bègue, et Ordonn., XVIII, 295).

Behuart et autres sains lieux. Et après s'en retourna audit Plessis du Parc et autres lieux voisins ' .

En après ladicte desconfîture faicte desdiz Bourguignons audit lieu de Morat, et que le siège ot esté ainsi mis devant ledit Nancy que dit est par ledit seigneur et duc de Lorraine, fut icelle ville remise en ses mains, et s'en alerent lesdiz Bourguignons estans dedens par composition, eulx et leurs biens saufz^.

Et, après ce que mondit seigneur de Lorraine ot ainsi recouvré sadicte ville de Nancy et de nouvel avitaillée et mis gens pour la garde d'icelle, ne demoura pas ung moys après que ledit de Bourgongne, qui s'estoit retrait en une ville nommée Bivieres, qui est près de Salins en Bourgongne, et qui avoit assemblé et fait amas de gens le plus qu'il avoit peu, s'en vint derechef mettre le siège devant ladicte ville de Nancy^. Et, d'autre part, s'en ala mondit seigneur de Lorraine oudit pays de Suixe pareillement faire son amas de gens pour revenir secourir ses gens dudit Nancy et lever ledit siège.

Après ces choses, le roy de Portugal, qui pretendoit à lui appartenir les royaumes de Léon et Castille, ensemble toutes les Espaignes, à cause de sa femme, se parti de sondit royaume de Portugal et

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